Reconstruire la société numérique autour de l'humain

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François Barrault, Président de l’IDATE DigiWorld, organisateur de l’événement
François Barrault, Président de l’IDATE DigiWorld, organisateur de l’événement (Crédits : DR)
Observer l’impact de la technologie sur les business models de demain est l’une des missions de l’IDATE DigiWorld, think tank de l’économie numérique. Avec les avancées fulgurantes de la technologie, une nouvelle révolution industrielle s’accélère. La société et les entreprises doivent se mettre au niveau : c’est le « scaling », thème du 41e DigiWorld Summit. Le point avec François Barrault, Président de l’IDATE DigiWorld, organisateur de l’événement.

Tout va très vite. Trop vite ? L'avancée des technologies pose-t-elle un problème ?

Cette année, le DigiWorld Summit 2019 traitera du scaling : faire cohabiter un monde digital qui va extrêmement vite et qui n'a pas de frontières régaliennes, avec un monde réel où l'humain a des craintes et des émotions. Le scaling, c'est savoir comment entraîner les gens pour faire prospérer une société dans un monde qui est en train de s'emballer. Aujourd'hui, on résout en millièmes de secondes une équation, là où il fallait trois jours. Nous assistons à une révolution industrielle. Une formidable synchronisation de plusieurs technologies va permettre de concurrencer l'être humain sur ses réflexes. La vitesse et la puissance vont monter en flèche et changer complétement l'ordre des choses. Ce que nous faisions en 10 ans, va se faire en 10 secondes. Une nouvelle génération d'ordinateurs arrive pour « muscler » jusqu'à un million la puissance de traitement des données.

Qu'attendre de ce DigiWorld Summit 2019 ?

Nous devons articuler cette révolution autour de l'humain. Ce sera l'objet de nos débats. Il y a, autour de la transformation numérique, un discours anxiogène qui est largement diffusé depuis de nombreuses années. Mais, par exemple, la technologie maîtrisée va soulager un certain nombre de travaux pénibles pour créer d'autres emplois. 50% des métiers de demain n'existent pas encore. Un cercle vertueux apparaît : la technologie crée des nouveaux usages (déplacement, commerces), qui créent pour les consommateurs de nouveaux business models, et crée ainsi des nouvelles opportunités d'investissement. Il faut entraîner la société afin qu'elle s'approprie cette transformation. Nous le faisons avec tous les décideurs présents à cette édition.

Justement, comment réagissent les entreprises françaises face à ces avancées ?

La commission de Bruxelles a publié, en juin 2019, un indice relatif à l'économie digitale et à la société numérique. La France se situe au 14e rang : elle peut mieux faire ! 80% des PME n'ont pas commencé leur transformation numérique. Deux mondes évoluent en parallèle. Un monde réel dans lequel on vit, on se déplace, on travaille, où le cycle de croissance est de 4 à 6% et un monde digital qui permet à des sociétés d'annoncer jusqu'à 80% de croissance.

Qu'attendre de la 5G, cette autre révolution ?

Si la 5G va changer notre quotidien, c'est surtout dans l'industrie qu'elle aura un réel impact. Avant tout autre secteur, les infrastructures doivent montrer un vrai changement, car l'accès aux nouvelles technologies dépendent d'elles. Aux États-Unis, en Espagne, en Allemagne, en Australie, la 5G est opérationnelle. La Chine vient d'avancer son déploiement 5G quand la France n'a pas encore terminé ses enchères. On doit bien prendre conscience de l'importance du rôle de régulateur auprès des opérateurs. Le pouvoir politique doit les obliger à délivrer le même niveau de puissance sur tout le territoire. La 5G va changer les entreprises et le digital va transformer l'industrie. L'accès au très haut débit est désormais une nécessité, un droit comme l'accès à l'eau, au gaz, à l'électricité ou à l'éducation. On parle d'ailleurs d'énergie digitale. Si elle affecte les entreprises, les nouveaux business models et l'organisation du travail, elle influence profondément les individus et la société.

Quel est le sujet majeur qui intéresse votre Think Tank ?

L'inclusion territoriale. Notre obsession est de réduire la fracture numérique. Nous devons trouver de nouveaux repères et être davantage inclusif avec les personnes réticentes aux changements. Regardons ce que la technologie apporte, ce qu'il se passe chez les grands industriels, regardons comment l'humain est géré par rapport à cela. Le gouvernement doit aussi aider les entreprises et les citoyens à naviguer dans ce changement de paradigme.

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