Enedis et RTE vont publier dans les prochains jours une carte localisant les saturations du réseau électrique français. Cette initiative, destinée à guider les futurs investissements, suscite l'inquiétude du Syndicat des énergies renouvelables, qui craint un coup d'arrêt pour les projets éoliens et solaires dans les territoires concernés.Le réseau électrique français n’est pas un « open bar ». C’est le message que s’apprêtent à formaliser Enedis et RTE, dans les tout prochains jours, à travers la publication d’une carte recensant les zones saturées pour le raccordement de nouveaux parcs. Mais derrière l’aspect technique, l’initiative suscite une vive appréhension chez les professionnels.
« Cela signifiera-t-il qu’on ne pourra plus développer de projets éoliens ou solaires dans les départements concernés ? Ce n’est pas le réseau qui doit déterminer la faisabilité des parcs renouvelables, mais l’inverse », s’inquiète Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), auprès de La Tribune.
Sans surprise, les tensions se concentrent dans les territoires ruraux. Marianne Laigneau, la présidente d’Enedis, avait déjà esquissé la liste des départements critiques devant des journalistes, le 22 juin dernier : « le Cher, l'Indre, le Lot-et-Garonne, la Nièvre et l'Aveyron ». Selon nos informations, la région Centre-Val de Loire sera elle aussi particulièrement concernée. « Il s’agit de zones assez peu peuplées où il y a un fort développement du photovoltaïque et peu de consommation. Le réseau n'a pas été développé pour transporter de grandes puissances », explique Cédric Boissier, directeur du raccordement.
Transport ou distribution
Pour comprendre le blocage, il faut distinguer les deux « étages » de l’infrastructure électrique française. D'un côté, RTE gère le réseau de transport, qui fait circuler les très grandes puissances à haute tension sur de longues distances. De l'autre, Enedis s'occupe du réseau de distribution, qui achemine le courant à moyenne et basse tension jusqu'aux consommateurs et connecte 90 % des parcs renouvelables.