Wine Paris 2025 : « Plus qu’un salon de commerce, c’est un salon d’influence »
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La priorité est, d'abord, de clarifier la situation du marché au vu des enjeux géo-économiques actuels. Face au trou d'air économique de 2024, la filière des vins et spiritueux a besoin de pouvoir adopter une attitude de sérénité. Les ambitions de l'administration Trump quant aux barrières douanières ou encore les changements de réglementation au Royaume-Uni sur l'importation des vins sont autant d'éléments perturbateurs liés à des facteurs externes que nous ne maîtrisons pas. Et ceci a également des répercussions sur le consommateur. Or, nous avons tous besoin de stabilité et de compréhension. En cela, Wine Paris, salon international synonyme de cohésion et de discussions, a un rôle à jouer. Il reste un salon de commerce, certes, mais aussi un salon d'influence.
Cette croissance très forte correspond à une situation économique bien particulière. De fait, l'allocation budgétaire des entreprises pour se rendre sur un ou plusieurs salons est beaucoup plus limitée. Chacun doit faire des arbitrages pour aller chercher le plus de business possible ... et il semble Paris soit le choix. Nous n'avons donc pas « grossi » en raison de la croissance, mais parce que nous avons pris des parts de marché.
Néanmoins, pour qu'un salon - petit ou grand - soit efficace, il doit être préparé en amont. Cette année, le volume d'échanges préparatoires entre les acheteurs et les exposants (env. 50.000 messages depuis janvier) a été extrêmement important. Ce n'est donc pas le gigantisme d'un événement comme celui-ci qui en fait le succès ; ce sont les ingrédients que chacun y met.
Concernant les territoires, on sait aujourd'hui que le seul marché indien, en termes de consommateurs de vin potentiels au sein de la classe moyenne émergeante, équivaut au marché américain. On peut donc investir sur des marchés d'avenir comme celui-ci, en ayant bon espoir que les taxes sur les produits alcooleux diminuent dans les années qui viennent. Même chose pour certains marchés africains, contraints par des bannières administratives mais non douanières, susceptibles d'évoluer dans le bon sens. Il y a donc encore des territoires de conquête à aller chercher, à moyen terme.
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Du côté de l'innovation produits, toujours importante, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier et - surtout ! - marketer ! Arrêtons de croire que le vin est un produit d'exception qui se suffit à lui-même : de nos jours, cette vision est nécessaire ... mais plus suffisante. Raconter une histoire au consommateur, c'est prendre le pli de l'époque, pourquoi pas en s'inspirant des meilleurs. Mais, n'en déplaise à certains, un Chinois n'est pas un Français qui boit du vin en Chine.
Entre les vignerons qui portent des stocks très lourds, financièrement coûteux, et ceux qui arrachent, il est évident qu'une partie de la crise n'est pas encore « purgée ». La problématique de la trésorerie des entreprises est un vrai sujet. Brader les produits pour générer du cash ne ferait qu'accélérer la chute. Par ailleurs, je suis convaincu qu'il n'y aura pas de reprise durable sans un environnement stable, avec moins de tensions géo-économiques. La fureur, le bruit et le chaos, ça va cinq minutes. Pour qu'il y ait de la valeur qui soit créée, il faut que l'on puisse travailler sereinement. Le temps est donc venu de passer à l'action et à la concertation. Il en va de notre responsabilité de chefs d'entreprise.
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