Les startups réinventent l’aide à domicile

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(Crédits : DR)
Le vieillissement de la population est un véritable enjeu de société : aujourd’hui, plus de 2 millions de personnes sont en perte d’autonomie en France ; et les EHPAD manquent déjà de places. D’ici 2050, le nombre de seniors va presque doubler !

La perte d'autonomie est une épreuve difficile pour la personne âgée, mais aussi pour ses proches dont la charge mentale est lourde. Confier un parent vulnérable aux soins d'un tiers est une épreuve psychologique difficile. C'est aussi un parcours semé d'obstacles : choix de la structure, suivi de l'accompagnement au quotidien, gestion de l'administratif, etc.

Sans oublier que, naturellement, 90% des personnes âgées souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible, pour vieillir dignement, au milieu de leurs proches et de leurs souvenirs.

Parlons startup

C'est dans ce contexte que des startups se sont lancées dans un noble défi : transformer les services d'aides à la personne avec des solutions technologiques innovantes. On peut nommer des solutions aussi différentes qu'Alenvi, Famileo ou SeniorAdom. OuiHelp, un des leaders actuels de l'aide à domicile, a retenu notre attention.

Faciliter la prise en charge des personnes âgées à leur domicile grâce à la technologie est la promesse de cette startup française fondée en 2016, qui se veut une alternative aux solutions d'aide classiques.

« Nous remettons l'humain au coeur du service grâce à des innovations technologiques », explique Pierre-Emmanuel Bercegeay, président et cofondateur de la jeune pousse, qui compte une quarantaine de collaborateurs.

Les personnes âgées souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible, pour vieillir dignement, au milieu de leurs proches et de leurs souvenirs », ajoute le président de OuiHelp, un fils de médecin, qui a créé la société avec Victor Sebag et Bastien Gandouet. Concrètement, la startup propose un accompagnement complet pour rompre l'isolement des personnes âgées et soulager leurs proches en utilisant un outil numérique issu de deux ans de recherche et développement.

Dans un premier temps, la startup se déplace chez la personne âgée pour connaître ses besoins et ceux de ses proches. Elle propose ensuite une série d'auxiliaires de vie qui correspondent au mieux à leurs attentes.

Et, grâce à sa technologie basée sur un algorithme de matching, le bon intervenant est identifié « en trois clics ». OuiHelp pioche dans un vivier d'environ 250 auxiliaires de vie qu'elle a au préalable recrutés de manière très sélective. En effet, un diplôme du secteur de l'aide à domicile et 3 ans d'expérience minimum auprès des seniors sont exigés.

Des entretiens téléphoniques et en tête à tête, des avis d'anciens employeurs permettent également à la jeune pousse de recruter « le top 5 % » des candidatures qui répondent le plus aux critères.

Le senior qui bénéficie d'une aide choisit alors lui-même l'auxiliaire de vie qui lui correspond le plus, avec la garantie que cela restera toujours le même qui viendra, véritable gage de stabilité.

Ce choix laissé par OuiHelp dans la sélection de l'intervenant « fait vraiment la différence », avoue Rose-Marie, 65 ans, qui reçoit la visite régulière de son auxiliaire de vie Samia. « J'ai pu trouver la bonne personne, aussi gentille que qualifiée ! », Rose-Marie ajoute être moins angoissée à l'idée de se laver et de se lever et en plus de ça, son aide à domicile est très bonne cuisinière ! » s'exclame-t-elle parmi les missions de l'auxiliaire de vie : l'aide au lever, la toilette, l'aide à l'habillage, à la prise des repas, mais aussi les courses ou encore la garde de nuit. Au total, la personne en perte d'autonomie peut être accompagnée de quelques heures par semaine à 24 h/24 h.

L'aidant sait également appréhender différentes pathologies, comme l'ostéoporose, la dénutrition ou encore la maladie de Parkinson.

Un modèle « win-win-win »

L'outil numérique de OuiHelp permet également à la startup d'automatiser une série de processus afin que l'aide-soignant ait plus de temps pour s'occuper de la personne âgée. Il facilite également la gestion des plannings des auxiliaires de vie, la communication entre tous les acteurs et s'assure que le bon intervenant est au bon endroit au bon moment.

Elle permet par ailleurs de mieux rémunérer les auxiliaires de vie sans que cela ne coûte plus cher à la personne dépendante ou à sa famille grâce à une diminution des coûts de structure. Les intervenants sont ainsi payés 15 à 25 % de plus que le SMIC. « C'est un modèle win-win-win ! », assure Pierre-Emmanuel Bercegeay, soulignant que l'entreprise permet un accompagnement de A à Z.

Et, pour être encore au plus proche de la personne âgée et de ses proches, OuiHelp attribue un responsable de secteur à chaque bénéficiaire. « C'est ce responsable de secteur qui va être capable d'évaluer les besoins du bénéficiaire et de faire prendre conscience aux aidants, avec leur aide, des réels besoins de la personne âgée dépendante », précise OuiHelp.

Il supervise chaque dossier, assure des visites régulières et appelle régulièrement les personnes vulnérables. L'offre est entièrement « personnalisée » pour un service de maintien à domicile « sur mesure », résume M. Bercegeay.

Grâce à cet équilibre entre une sélection poussée des auxiliaires de vie et une technologie pour laisser plus de place à l'humain, OuiHelp a rapidement reçu le soutien des pouvoirs publics et de divers investisseurs.

Une levée de fond pour une expansion nationale

Quelques mois après sa création en janvier 2016, la startup obtient la Bourse Charles Foix, une référence de la Silver Economy remise par la secrétaire d'État aux personnes âgées. Puis, elle a bénéficié d'un accompagnement au sein de l'incubateur de santé de la Mairie de Paris.

Elle accompagne des personnes âgées en Ile-de-France, mais aussi à Nantes, Lyon, Lille ou encore Rennes. D'ici trois ans, OuiHelp assure qu'elle se sera installée dans les 30 premières villes françaises.

Pour assurer son développement, elle a réussi à lever 3 millions d'euros, qui complètent un premier tour de table qui lui avait permis de récolter 300 000 euros.

Parmi ses investisseurs : les fonds XAnge (Chauffeur Privé, Ledger, Evaneos, AB Tasty, etc.) et Kerala Ventures (Doctolib, Malt, Adotmob, etc.), mais aussi les cofondateurs de PriceMinister, Pierre Kosciusko-Morizet et Pierre Krings, Dominique Vidal (IndexVentures) ou encore Grégoire Briens, l'ancien directeur général d'Elsan, le leader de l'hospitalisation privée en France.

La startup, qui a déjà assuré plus de 150 000 heures de prestation chez les personnes âgées dépendantes, prévoit de recruter 90 collaborateurs d'ici à la fin de l'année.

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