Marie Disserbo, une femme de Bretagne engagée sur l’innovation sociale

WOMEN FOR FUTURE - D'abord déléguée départementale du Morbihan, Marie Disserbo dirige depuis novembre 2021 le réseau entrepreneurial des 1.200 Femmes de Bretagne. Soucieuse de diversifier le profil des adhérentes et des secteurs représentés, elle s'engage aussi à promouvoir l’innovation sociale et les projets à impact. Marie Disserbo a été lauréate de l'équipe de France des femmes leaders à l'occasion du Women for Future qui s'est déroulé jeudi 2 juin au Parc des Princes. Portrait.

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« Beaucoup d'adhérentes n'ont pas jeté l'éponge grâce au soutien du réseau » fait remarquer Marie Disserbo, la nouvelle directrice du réseau professionnel Femmes de Bretagne.
« Beaucoup d'adhérentes n'ont pas jeté l'éponge grâce au soutien du réseau » fait remarquer Marie Disserbo, la nouvelle directrice du réseau professionnel Femmes de Bretagne. (Crédits : Femmes de Bretagne)

En prenant la direction, le 15 novembre 2021, de Femmes de Bretagne, Marie Disserbo, ex-déléguée départementale de l'association en Morbihan, s'est fixée comme feuille de route de fournir le plus de leviers possibles aux porteuses de projets et aux cheffes d'entreprises. Après un parcours de plus de quinze ans dans le soutien à la création d'entreprise dont neuf ans au sein du mouvement France Active Bretagne, cette femme engagée, « sensible à l'innovation sociale », veut en effet inciter ses 1.200 adhérentes à « prendre davantage leur place dans le monde économique ».

Outre le développement du maillage géographique du réseau en Finistère et Centre Bretagne, Marie Disserbo travaille dans le même temps à diversifier les profils, à sensibiliser plus de jeunes femmes et à ouvrir les différents métiers à la notion d'impact.

« Femmes de Bretagne favorise la création, la reprise et le développement d'entreprises par les femmes, en Bretagne et en Loire-Atlantique» précise Marie Disserbo.

« ll met en relation des porteuses de projets, des cheffes d'entreprise et d'autres femmes qui souhaitent les aider. Notre rôle est de leur permettre d'oser entreprendre, de les accompagner, mais aussi de les sensibiliser sur différentes questions, dont celle de l'impact ou de la dimension RSE . »

Femmes de Bretagne a récemment sélectionné les dix projets à dimension RSE (sur 55 dossiers), qui seront présentés lors d'un pitch organisé au Forum économique breton, à Saint-Malo fin août. A la rentrée, le réseau organisera aussi des ateliers spécifiques sur ce thème.

Plus de compétences, plus de jeunes

Depuis sa création en 2014 par Marie Eloy, aujourd'hui présidente de Femmes des Territoires, Femmes de Bretagne a contribué à faire bouger les lignes grâce à ses 500 rencontres et ateliers annuels.

Épaulée par deux adjointes et les 90 coordinatrices bénévoles présentes dans 40 villes, Marie Disserbo s'emploie depuis six mois à professionnaliser cet accompagnement.

Un suivi individuel et une quarantaine d'ateliers mensuels aident les adhérentes à mieux se projeter et à monter en compétences sur des questions comme la création d'entreprise, le recrutement ou les financements.

« Deux axes de travail concernent aussi l'ouverture du réseau à de nouveaux profils (commerçantes, agricultrices...) et à des femmes plus jeunes » ajoute Marie Disserbo.

Sur 1.200 adhérentes, 50% sont des porteuses de projets, 50% des cheffes d'entreprises déjà installées, la plupart ont entre 35 et 50 ans et 50% sont en reconversion. Plus de 80% sont titulaires d'un Bac + 5 ans.

Les métiers représentées portent majoritairement sur de la prestation intellectuelle (conseil, santé, bien-être...).

« Pour sensibiliser les jeunes femmes à l'entreprenariat et à l'importance d'un réseau, Femmes de Bretagne collabore de plus en plus avec les écoles supérieures, y compris des acteurs de l'agriculture comme le campus The Land à Rennes » note sa directrice.

Soutenue par la mutuelle AG2R La Mondiale et des dispositifs régionaux, l'association porte aussi son action dans les quartiers prioritaires.

Changement de vie et entreprenariat

 Pour Marie Disserbo, le collectif possède du sens et peut même être salvateur.

« Beaucoup d'adhérentes n'ont pas jeté l'éponge grâce au soutien du réseau » relève celle qui est aussi présidente et gérante, depuis 2019, de l'association Les Marie Rose.

Cette structure, qu'elle a créée après avoir été frappée par un cancer du sein à 34 ans, permet la reconstruction psychologique et la réappropriation du corps après une maladie, un accident de vie traumatisant et/ou des violences physiques. Elle accueille 80% de femmes.

Marie Disserbo croise volontiers le rôle de soutien des deux associations.

« Après une maladie, il est très compliqué de reprendre sa vie comme on l'avait laissée. Moi-même, j'avais décidé de quitter mon ancien emploi pour créer mon entreprise. Cette remise en question professionnelle revient neuf fois sur dix » indique-t-elle, se félicitant au passage de l'explosion de l'entreprenariat féminin.

« Depuis la crise du Covid-19, on rencontre énormément de femmes souhaitant changer de parcours pour mieux équilibrer leur vie professionnelle et personnelle. D'autres femmes déménagent en Bretagne avec de nouveaux objectifs. Dans ces périodes-là, la force du collectif donne de l'énergie et de la confiance. On se sent entourée. »

Cette prise de conscience se ressent dans les chiffres. L'association estime qu'elle pourrait regrouper 1.500 adhérentes à la fin de cette année.

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