EXCLUSIF Le deuxième producteur français de séries télé en liquidation

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(Crédits : DR)
Le tribunal de commerce de Bobigny a décidé vendredi 9 de placer Carrère en liquidation judiciaire. Les juges ont prononcé une continuation d'activité jusqu'à fin septembre. De nombreux producteurs pourraient racheter les sociétés du groupe par appartement.

Vendredi, le tribunal a rejeté l?unique offre de reprise déposée pour Carrère par la holding luxembourgeoise Omega Entertainment, détenue par Jean-Yves Giraud.

«Omega se proposait d?apporter une cinquantaine de millions d?euros sous forme de titres et d?obligations, mais le tribunal exigeait qu?il verse la somme en liquide, ce qu?il n?a pas fait», explique un créancier. Interrogé, Jean-Yves Giraud n?a pas répondu à nos appels. Il a la possibilité de faire appel.

En redressement depuis 18 mois

Le second producteur français de fictions (« Commissaire Moulin », « Maigret », « Clara Sheller », « Kirikou » etc.) était en redressement judiciaire depuis fin 2008. Il avait été placé en observation durant 18 mois - soit la durée maximale.

Initialement, Jean-Yves Giraud avait affirmé avoir derrière lui un groupe audiovisuel italien - il s'agissait de Mediaset - qui n'a finalement jamais apporté son soutien. Il a aussi été abandonné en cours de route par ses associés initiaux, Bertrand Glineur et l'animateur Karl Zéro, qui n'étaient plus convaincus par son projet de reprise. Last but not least, son offre était combattue par un corbeau, qui s'est employé à la discréditer auprès du tribunal via des lettres anonymes.

Une vente par appartements trouverait preneurs

Cette liquidation pourrait intéresser de nombreux groupes, car Carrère rassemble de nombreuses sociétés de production de valeur, comme celles de Guillaume Durand (rachetée pour 3 millions d'euros), 51 % de celle de Pascale Breugnot (rachetés pour 2,3 millions), 51 % de celle de Tony Comiti (rachetés pour 1,2 million) ou encore 66 % des Armateurs, le producteur du dessin animé « Kirikou » (racheté un million).

TelFrance avait proposé au tribunal de reprendre les Armateurs pour un million. Et Lagardère et Marathon avaient songé à racheter directement certaines sociétés du groupe.

 

En revanche, la liquidation est une mauvaise nouvelle pour les banques créancières : LCL, BNP, Caisse d'Epargne, CIC, Banque Palatine et Oseo (qui avaient prêté collectivement 38,9 millions d'euros), la Société Générale (14 millions) et HSBC.

 

 

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