Après une levée de boucliers interne, Meta assouplit son logiciel qui suivait en continu souris, clics et clavier de ses salariés pour entraîner ses modèles d’IA, en ajoutant des pauses, des exemptions et des optimisations techniques. Un recul qui interroge les limites de la surveillance numérique au travail, notamment en Europe.Meta a discrètement fait marche arrière sur l’un de ses projets les plus sensibles : un logiciel installé sur les ordinateurs professionnels qui trace en continu les mouvements de souris, les clics et l’usage du clavier de ses salariés américains pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Après plusieurs semaines de contestation interne, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg a annoncé en interne de nouveaux garde-fous : possibilité de mettre en pause la collecte pendant trente minutes, demandes d’exemption et optimisations techniques pour limiter l’impact sur les batteries et les connexions domestiques.
Dans une note adressée aux employés, Stéphane Kasriel, vice‑président de l’unité Superintelligence Labs, reconnaît que l’outil a suscité des inquiétudes sur la vie privée, la consommation de données et le manque de contrôle des salariés sur le moment où la collecte a lieu. Il affirme que le dispositif avait déjà passé plusieurs niveaux d’évaluation des risques, mais acte que le mécontentement massif justifie des ajustements. Un porte‑parole de Meta s’est refusé à tout commentaire public, signe que le groupe préfère gérer cette affaire en interne, loin des projecteurs des régulateurs.
Meta ajoute des garde-fous, sans renoncer à l’IA de surveillance
Concrètement, les employés pourront désormais suspendre la collecte de données en activant une commande de pause, valable par tranches de 30 minutes. Ils auront aussi la possibilité de demander une exemption plus durable du programme, même si les modalités exactes d’acceptation restent floues. Parallèlement, les équipes techniques assurent avoir réduit la charge imposée aux machines : certains salariés se plaignaient que le logiciel siphonnait leur bande passante à domicile et vidait leur batterie plus vite que d’ordinaire.