Grand Prix - Christoph Spuhler : Un robot pour assister la micro-chirurgie rétinienne

 |  | 549 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : DR)
Le dispositif, unique au monde, va permettre à davantage de chirurgiens de pratiquer des opérations sur des éléments de la taille d'un cheveu. Pas étonnant qu'AcuSurgical, la start-up co-fondée par Christoph Spuhler, se soit vue décerner un Grand Prix au concours i-Lab 2020.

Cela fait 12 ans que Christoph Spuhler, détenteur d'un doctorat en medical image processing de l'École polytechnique fédérale de Zurich, est installé à Montpellier. Et ce Suisse s'y trouve bien ! « Avec la SATT AxLR (et le Business & Innovation Centre), l'écosystème y est particulièrement favorable », souligne-t-il. C'est en effet grâce au financement initial de la SATT AxLR qu'il a lancé AcuSurgical, en juillet dernier, avec deux professeurs en robotique du LIRMM (UMR Université de Montpellier et CNRS) et deux professeurs chirurgiens ophtalmologistes de l'université Jean Monnet et du CHU de St-Étienne. Juste au moment où il recevait le Grand Prix du concours i-Lab...

Lire aussi : Un vaccin cellulaire contre les virus de la dengue et Zika

« Mais nous travaillons sur le projet depuis 2017 », indique l'ingénieur / entrepreneur. Autant d'efforts qui ont accouché d'une innovation, unique au monde : un dispositif robotisé qui assiste les chirurgiens dans leurs opérations de la rétine - « où l'on travaille sur des éléments de la taille d'un cheveu », pour davantage de précision et moins de risques. En somme, une micro-chirurgie rétinienne plus accessible pour un nombre croissant de patients. L'enjeu est de taille, puisqu'à mesure que la population vieillit, les cas de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge), notamment, se multiplient. « Notre dispositif permet également d'opérer les patients de manière plus précoce, sans oublier que ce robot ouvre aussi la voie à des chirurgies de demain, qui ne sont pas réalisables par une main humaine », ajoute Christoph Spuhler.

Bientôt la certification européenne

Un premier test, in vivo, sur animal, a été couronné de succès en février 2020, et le dispositif devrait être certifié, pour une commercialisation auprès des hôpitaux, à la fin 2022. Et si AcuSurgical se concentre sur l'Europe pour ses premiers pas sur le marché, la jeune pousse envisage déjà une demande de certification auprès de la Food and Drug Administration américaine, puis des démarches en Asie. « Ce qui me motive, s'exclame Christoph Spuhler, c'est d'apporter un meilleur confort de vie aux patients. Or nombreux sont ceux qui, dans certains pays, ne sont pas traités comme ils devraient l'être, faute d'une chirurgie rétinienne assez développée ».

Lire aussi : Faire briller la France dans l'informatique quantique

Des investisseurs rassurés par i-Lab

Et bien sûr, Christoph Spuhler a une vision d'avenir. « Le Grand Prix va rassurer les investisseurs. Or nous sommes en pourparlers avec plusieurs. Nous espérons boucler une levée de fonds à la fin de cette année », indique-t-il. De même, le co-fondateur d'AcuSurgical espère nouer des partenariats - dont il ne veut rien révéler pour l'instant - dans les mois qui viennent. En tout cas, le planning est déjà prêt : « Nous sommes quatre salariés actuellement mais nous devrions être 40 en 2025 à Montpellier. Des experts et des profils seniors ainsi que quelques spécialistes pour la fabrication, l'assemblage, les aspects réglementaires, le commercial et le marketing... », énumère-t-il. Pour l'heure, la start-up montpelliéraine ne se connaît qu'un concurrent dans le monde, une société aux Pays-Bas. « Il y a également d'autres projets académiques, mais ils en restent à ce stade », dit-il.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :