Lagardère lâche du lest sur Presstalis

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Le groupe Lagardère propose d'offrir sa participation dans les kiosques ainsi qu'une rallonge de 15 millions d'euros à Presstalis. Les comptes du distributeur de la presse en France ne sont toujours pas validés. Lagardère veut calmer le jeu avant l'assemblée générale de ses actionnaires le 27 avril, qui s'annonce mouvementée.

Lagardère a décidé de calmer le feu qui couve à Presstalis. Lors du conseil de gérance de vendredi, le groupe de médias a rallongé l'enveloppe initialement prévue pour aider à renflouer les ex-NMPP, qui distribue la presse en France et dont il possède 49%. Au bord de la faillite, Presstalis a besoin de 125 millions d'euros. Selon le rapport Mettling, les éditeurs sont censés apporter 20 millions d'euros et Lagardère 49 millions d'euros au titre de son rôle d'opérateur et des redevances qu'il a touchées ces dernières années.

Lagardère a proposé l'équivalent de 30 millions d'euros

Jusque là opposé à remettre au pot, le groupe a proposé de donner les 49% qu'il possède dans Mediakosk, le réseau de kiosques à journaux parisiens, au côté de Presstalis et de Transport Presse, confirmant les informations publiées par  la Correspondance de la Presse. Le groupe évalue cette participation à 20 millions d'euros.
La reprise de 100% de Mediakosk, qui dispose une trésorerie de 9 millions d'euros, devrait permettre à Presstalis de reconstituer quelque peu ses fonds propres. Avantage pour Lagardère, le groupe n'a pas besoin de sortir de cash. Mediakiosk bénéficie de la part de la ville de Paris d'une concession de service public "uniquement car elle appartient à l'ensemble des éditeurs", fait valoir l'un d'entre eux. Ce qui peut rendre difficile la cession à un repreneur privé. En sus, Lagardère a concédé, selon nos informations, 12 ou 13 millions d'euros supplémentaires, se rapprochant des 50 millions d'euros requis. En tant qu'éditeur, il apporterait environ 3 millions d'euros.

Nouvelle réunion à Matignon début mai

Cette semaine, des réunions avec les éditeurs sont prévus afin d'affiner le plan de financement. Une nouvelle rencontre aura lieu à Matignon le 6 mai. Car, Presstalis n'est pas sorti d'affaires. Les comptes n'ont pas été présentés ni validés vendredi par les commissaires aux comptes. Or, s'ils ne le sont pas, Presstalis risque la procédure d'alerte et le dépot de bilan.

Le retrait de Lagardère, sujet qui fâche, n'a pas été  pas abordé

La hache de guerre n'est pas enterrée pour autant entre Lagardère et les autres éditeurs. Vendredi, on s'est gardé d'aborder le sujet qui fâche, celui du retrait de Lagardère de Presstalis. Le groupe souhaite redevenir un éditeur comme les autres, et ne plus faire office d'opérateur, un rôle qu'Arnaud Lagardère a même nié lors de la présentation des résultats de son groupe. Mais les éditeurs ne l'entendent pas ainsi. "Presstalis a besoin d'un opérateur solide. Ils ont profité des messageries pendant des années, et ils partiraient maintenant qu'il y a des problèmes? C'est le système entier de distribution qui flancherait", s'offusque un éditeur.

Ecarter le sujet Presstalis de l'assemblée générale tendue de Lagardère le 27 avril

Lagardère, qui nomme notamment le directeur général, constitue une garantie vis-à-vis des banques. Pour certains cogérants, un comblement de passif de Presstalis en cas de faillite coûterait 200 millions d'euros au groupe. Pour l'heure, Lagardère estime que sa participation n'est pas valorisable. Elle n'est d'ailleurs pas mentionnée dans ses comptes. Et aucune provision n'a été passée.

En cédant du terrain cette semaine, Lagardère aurait, pour certains, eu à c?ur de calmer les esprits. Afin d'écarter un sujet de polémique qui pourrait surgir lors de l'assemblée générale du 27 avril. Le groupe a déjà fort à faire pour faire face à l'activiste Guy Wyser-Pratte.

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