Peut-on déterminer lorsque la bourse est surévaluée ?
Didier Coutton, professeur de finance à Bordeaux école de management
Didier Coutton, professeur de finance à Bordeaux école de management
En dehors des krachs et des bulles boursières, il est difficile d'affirmer que les marchés sont sous ou surévalués. Nous proposons toutefois trois pistes de réflexion permettant de se forger une opinion.
La première est de comparer les performances historiques et celles des dernières années. Selon le principe de régression vers la moyenne, des valeurs statistiques finissent toujours par converger vers leur moyenne. Autrement dit, les rendements boursiers fluctuent autour de leur moyenne historique. Depuis le 31 décembre 1856, date des premières statistiques françaises, la Bourse a enregistré un taux moyen annuel de croissance (hors dividendes) de 5%, mais de 8,4% dans les 30 dernières années. La hausse des dernières décennies a donc été plus forte que par le passé. Si diverses raisons expliquent cela, l'évolution du marché action a été si rapide que sa croissance devrait se ralentir à long terme.
La seconde est la mise en perspective du niveau actuel d'un indice large du marché, tels que le SBF 250, avec son niveau historique moyen (corrigé de l'inflation). Ce rapprochement est instructif, car il permet de suivre l'évolution de la capitalisation et donc aussi celle de la valeur de marché à euros constants des sociétés cotées. Depuis 1900, la moyenne d'un indice, assimilable au SBF 250, est à 2.170 points. Cela signifie que la capitalisation de la Bourse française fluctue autour d'un SBF 250 égal à 2.170. Au-dessus, le marché a tendance à être surévalué. Or, à ce jour le SBF 250 flirte avec les 2.650 points.
La troisième est l'observation du comportement des investisseurs individuels, qui ont tendance à rentrer quand la phase haussière s'essouffle et à sortir quand le marché est proche de ses plus bas. Leur retour récent pourrait laisser penser à un prochain retournement.
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