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La Bourse obligataire britannique s'ouvre aux particuliers

Eric Albert, à Londres

Publié le 02 février 2010 à 08:00

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Prenant exemple sur Milan, le London Stock Exchange a lancé lundi une bourse aux obligations accessible aux investisseurs particuliers.

Les épargnants britanniques ont, depuis ce lundi, une nouvelle opportunité d'investissement : mettre leur argent directement dans des obligations. Créée par le London Stock Exchange, la première bourse britannique obligataire a vu le jour ce lundi, espérant à terme se développer autant qu'en Italie, le marché européen le plus important du secteur.
Jusqu'alors, le marché obligataire britannique était réservé aux investisseurs institutionnels, avec des obligations coûtant 50.000 livres l'unité (57.000 euros). Désormais, le ticket d'entrée est plus nettement accessible : autour de 1.000 livres l'unité (1.140 euros). Royal Bank of Scotland a même émis ce lundi une nouvelle obligation par unités de 100 livres.

Techniquement, un investisseur résidant en France pourrait participer à ce marché. Mais il lui faudrait passer par un courtier enregistré auprès de la bourse de Londres, ce qui compliquerait l'opération. En revanche, l'expérience londonienne pourrait servir de leçon aux «frenchies» : un projet similaire est actuellement à l'étude de l'autre côté du Channel.

Pour ses débuts, le marché britannique commence plutôt tranquillement. Seules 59 obligations sont cotées, et elles sont largement dominées par les bons du Trésor (obligations d'Etat). Seules 10 obligations d'entreprise étaient disponibles, et à la mi-journée, il n'y avait eu que ... quatre transactions. « Le succès de cette Bourse obligataire sera jugé sur des années, voire des décennies », reconnaît Xavier Rolet, le directeur général de la bourse de Londres.
Le marché a cependant d'intéressants arguments à faire valoir pour les particuliers. Actuellement, pour être exposés aux obligations, ceux-ci doivent investir dans un fonds obligataire. Mais cela coûte cher, puisqu'il faut payer une commission aux gérants. En outre, l'exposition est moins directe, et moins souple : « impossible de choisir la maturité que l'on souhaite, pour coïncider, par exemple, avec un départ à la retraite » souligne Paul Killik, fondateur de la société de courtage Killik & Co.

Les entreprises émettrices pourraient aussi être intéressées, notamment lorsque les crédits sont difficiles à décrocher, comme c'est le cas aujourd'hui. L'exemple italien, dont le marché MOT échange 1,5 milliard d'euros par jour, en est la preuve : s'il demeure dominé à environ 70% par les bons du Trésor, la crise a poussé certaines entreprises, y compris des PME, à aller y chercher un financement. « En Grande-Bretagne, nous devons aussi développer le financement non bancaire », estime Paul Myners, secrétaire d'Etat à la City. Il espère que la bourse obligataire de Londres en sera la première étape.

Eric Albert, à Londres

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