Copropriétaires  : faut-il exiger de son syndic l'ouverture d'un compte séparé  ?

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Bruno Dhont, directeur de l'Association des Responsables de Copropriété (ARC), décortique les enjeux du compte séparé.

Partout en Europe, les copropriétés disposent d'un compte séparé, sauf en France où les syndics ont réussi à imposer que les copropriétés puissent être gérées dans le cadre du compte unique du syndic.

À première vue, l'argument avancé par les syndics se défend : en cas de compte séparé, il est impossible pour une copropriété d'obtenir du banquier des intérêts financiers. Pourquoi priver de ces intérêts celui qui peut « fédérer » les comptes, à savoir les syndics ? En contrepartie, ces derniers peuvent pratiquer des honoraires plus faibles.

Risque de trésorerie majorée

La réalité est tout autre. D'abord, une copropriété bien gérée n'a pas besoin d'une trésorerie importante. Et même si c'est le cas, il est toujours possible d'investir dans une Sicav monétaire qui générera des intérêts. Ensuite, l'absence de compte séparé rend plus difficile ? voire impossible ? le contrôle financier.

Quand sont payés les fournisseurs ? Quand sont versés les intérêts ? Quelles dépenses, comme les honoraires privatifs, sont débitées directement par le syndic sur la trésorerie de la copropriété ? Avec un compte commun, les copropriétaires auront bien du mal à répondre à ces questions. Ce n'est pas le plus grave.

En l'absence de compte séparé, le syndic va être tenté de majorer la trésorerie disponible afin d'augmenter les intérêts perçus. Ce qui donne lieu ? notre association le constate fréquemment ? à de nombreuses dérives : fournisseurs payés en retard qui finissent par majorer leurs prix, surestimation des budgets, alourdissement des charges, travaux engagés avec du retard, chèques non débités et non restitués... Pire encore, les tarifs des syndics pratiquant le compte unique semblent plus compétitifs alors qu'ils s'avèrent, en définitive, beaucoup plus coûteux.

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Retrouvez une nouvelle question pratique, du lundi au vendredi dans le journal La Tribune.

 

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