Le chercheur toulousain Jean Fioramonti décoré ce soir à Paris par Stéphane Le Foll
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Il est né à Pinsaguel (31) il y a 65 ans, et a consacré sa carrière à fouiller l'intestin humain. Le docteur Jean Fioramonti présente un CV impressionnant. Inspiré, ce prolifique directeur de recherches a publié quelque 266 articles scientifiques, 81 revues ou chapitres de livres et réalisé 442 communications dans des congrès et 38 conférences ! Ses recherches sur le tube digestif sont couronnées ce soir du Laurier d'Exellence 2013 de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique). Contacté en pleine répétition de la cérémonie de ce soir, Jean Fioramonti, qui a pris sa retraite il y a six mois, se dit surpris mais reconnaît que "c'est une belle fin de carrière !"
Équivalent des médailles d'or du CNRS, la cérémonie des Lauriers de l'INRA a été créée il y a huit ans pour récompenser des parcours remarquables au sein de l'institut, et mettre en valeur la diversité des métiers rassemblés au sein de la recherche agronomique. "On peut se demander pourquoi je travaille au sein de l'Inra reconnaît Jean Fioramonti. Mais finalement, chaque aliment, jusqu'à preuve du contraire, passe par le tube digestif." CQFD !
"Jean Fioramonti a réalisé une carrière d'exception en physiologie gastro-intestinale. Reconnus au niveau international, ses résultats ont largement contribué à diversifier nos recherches sur l'alimentation", appuie François Houllier, président-directeur général de l'Inra. C'est en effet un jury international qui a décidé de distinguer ce soir le Toulousain.
Toxalim, l'unité de Toxicologie alimentaire de l'Inra de Toulouse Midi-Pyrénées
C'est au sein de ce laboratoire que Jean Fioramonti a mené ses recherches. Son équipe a montré par exemple le lien entre allergies alimentaires et système nerveux, et a déposé un brevet sur un probiotique réduisant l'hypersensibilité douloureuse du colon. "Nous avons aussi montré qu'un animal stressé dans les premiers jours de sa vie gardait des séquelles toute sa vie, via des troubles digestifs", explique le savant. Refusant de parler de "découvertes majeures", il estime "apporter sa petite pierre à l'édifice de la connaissance".
Concrètement, Toxalim fait partie depuis 2011 des 19 antennes de l'Inra en France. Celle de Dijon est spécialisée dans le goût, celle de Clermont-Ferrand dans la nutrition, et Toxalim, à Toulouse, développe des programmes de recherche sur la sécurité sanitaire des aliments exposés à des produits chimiques (les substances migrant des emballages vers les aliments, les pesticides, par exemple). L'unité compte 126 permanents (45 chercheurs et enseignants chercheurs, 34 ingénieurs, 47 techniciens) et 6.500 m2 de locaux à Saint-Martin-du-Touch. Elle travaille avec 2 pôles de compétitivité de Midi-Pyrénées : Agri Sud Ouest Innovation et Cancer-Bio-Santé.
Ce soir, c'est le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll qui remettra sa récompense au scientifique, ainsi qu'aux autres lauréats dans les catégories Jeune chercheur, Ingénieur, et Appui à la recherche. "Je suis moins stressé aujourd'hui qu'il y a 40 ans quand je suis venu passer mon concours d'entrée à l'Inra", sourit Jean Fioramonti, qui devait donc passer une bonne soirée.
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Sophie Arutunian
© photo Inra - Christian Slagmulder
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