« Petites lignes, grande cause » : voilà le mot d'ordre lancé par la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, pour sauver les chemins de fer. Lors d'une conférence de presse, ce mercredi 11 juin, l'élue a décidé de passer à la vitesse supérieure en appelant à une mobilisation forte en faveur des lignes secondaires dites « de desserte fine du territoire » (LDFT). « Si on continue sur le même rythme en Occitanie, c'est 70 % de notre réseau qui est en danger », a lancé la présidente de Région. Au total, 1 000 kilomètres de voies ferrées pourraient être condamnés en Occitanie d'ici à 2032. À l'échelle nationale, ce sont près de 4 000 kilomètres de ligne qui sont en sursis.
Propriété de l'État et géré par SNCF Réseau, les chemins de fer français, parmi les plus anciens d'Europe, souffrent d'un état de vétusté avancé et d'infrastructures dégradées. Pourtant, ces dernières années, plusieurs alertes ont été émises pour sauvegarder un réseau à bout de souffle. En 2019 déjà, un rapport de la Cour des comptes épinglait « la dégradation continue de la qualité de service » des transports express régionaux (TER) due notamment à un « sous-investissement » de l'État.
En octobre 2022, l'ensemble des présidents de Régions, appelaient à un « new deal ferroviaire » prévoyant 100 milliards d'investissements sur dix ans, cofinancés par l'Europe, l'État, la SNCF et les collectivités locales. « Proposition restée lettre morte à l'époque » déplore Carole Delga. Enfin, le 22 mai dernier, c'est le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, qui alertait sur la vétusté du réseau ferroviaire français et demandait 1 milliard d'euros de plus par an pour le maintenir en état. « Il faut prendre les décisions maintenant, nous sommes à un moment critique » avait mis en garde le patron de la SNCF sur BFM TV. Et ce, alors même que la fréquentation des trains régionaux bondit : + 33% de voyageurs en plus depuis 2019, et + de 68% en Occitanie, selon Carole Delga.