Tour du monde des mesures prises pour lutter contre l'épidémie

Face à l'épidémie de grippe porcine, nombre de pays renforcent les contrôles à leurs frontières. Les suspensions des importations de porc, très critiquées - puisqu'à priori le virus ne se contracte pas par voie alimentaire -, sont également de plus en plus nombreuses.

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Pays en première ligne de l'épidémie de grippe porcine, les Etats-Unis ont renforcé leurs contrôles aux frontières ou dans leurs aéroports internationaux. Ils ont notamment annoncé des dépistages sur les personnes qui se présenteraient aux frontières en provenance de pays touchés par le virus.

A Hong Kong, chaque passager arrivant en avion ou en bateau voit sa température testée par infra-rouge. Des scanners thermiques - que l'OMS jugent inefficaces - ont été installés à l'aéroport de Bangkok, au Japon, en Indonésie. En Colombie, les autorités portuaires de Carthagène et de Barranquilla ont annoncé que les navires en provenance de sites où la grippe porcine a été détectée seraient placés en quarantaine. Des contrôles sont organisés au Venezuela et en Bolivie pour les voyageurs en provenance du Mexique et des Etats-Unis. La Russie a décidé d'inspecter tous les avions en provenance du continent américain.

Les formes de contrôle se suivent et se ressemblent : en Australie, les capitaines des avions arrivant d'Amérique du Nord doivent faire un point de l'état de santé des passagers avant de pouvoir atterrir. Le Japon a durci les conditions d'octroi des visas aux Mexicains. Quant au Canada, il va imposer des contrôles médicaux aux quelque 15.000 Mexicains immigrant temporairement pour des travaux agricoles saisonniers.

Se pose par ailleurs la question des déplacements vers le Mexique et plus généralement vers les pays les plus touchés. Les voyagistes français ont annoncé mardi qu'ils suspendaient "tous les départs pour le Mexique", de même que certains voyagistes tels le canadien Air Transat ou l'allemand TUI. La Commission européenne a annoncé qu'il était "prématuré" de limiter les déplacements. Nombre de pays européens - la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, les Pays-Bas - ont cependant déconseillé les voyages au Mexique.

Suspensions des importations de porc

En dépit des assurances que l'absorption de porc cuit ne fait courir aucun risque, plusieurs pays ont suspendu tout ou partie de leurs importations de porc, comme la Chine, la Russie, l'Ukraine, la Thaïlande, l'Indonésie et le Liban, visant pour la plupart la viande en provenance du Mexique ou des Etats-Unis. Mardi, le représentant américain pour le Commerce, Ron Kirk a ainsi appelé les partenaires commerciaux des Etats-Unis à ne pas suspendre leurs importations de porc sans preuve scientifique, au risque de provoquer "de sérieuses perturbations commerciales".

La grippe porcine ne s'attrape en effet pas en mangeant de la viande de porc mais par voie aérienne. C'est une maladie respiratoire des élevages de porcs ; ces derniers sont considérés comme des creusets idéals pour le virus, pouvant donner naissance à une souche très virulente pour l'homme.

Des fonds pour lutter contre l'épidémie

Le Mexique a prévu une réserve de 450 millions de dollars (340 millions d'euros) pour affronter la pandémie. La Banque mondiale a annoncé un crédit de 205 millions de dollars pour le pays. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a proposé mardi au Mexique une "aide extraordinaire" de son pays sans donner de précisions sur la nature ou le montant de cette aide.

Enfin, le président américain Barack Obama a demandé au Congrès de débloquer 1,5 milliard de dollars pour renforcer les capacités de réaction des Etats-Unis face à une potentielle aggravation de l'épidémie.

 

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