L'économie ivoirienne redémarre doucement

 |   |  544  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Alors que Nicolas Sarkozy se rend en Côte d'Ivoire pour l'investiture, ce samedi, du président Alassane Ouattara, le pays commence à peine sa reconstruction économique. Le président devrait profiter d'une rencontre avec les ressortissants français pour annoncer de nouveaux accords de coopération économique et militaire entre les deux pays.

Où en est l'économie ivoirienne ? Un mois après la chute de Laurent Gbagbo, l'économie du premier exportateur mondial de cacao a toujours du mal à repartir. La faute à des affrontements violents qui auront duré quatre mois, conséquence du second tour raté du 28 novembre 2010. Fuite des investisseurs, arrêt des filières moteurs de l'économie comme celle du cacao, sanctions internationales, tourmente bancaire, chômage galopant... La Côte d'Ivoire est d'ores et déjà promise à une sévère récession en 2011, et selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB a enregistré une récession de 7,5% au premier trimestre.

Mais Alassane Ouattara, dont l'investiture a lieu ce samedi en présence, notamment, de Nicolas Sarkozy, espère passer à la vitesse supérieure dans la reprise économique. La fin des affrontements entre les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara, qui ont continué après la chute de Laurent Gbagbo, restaurent la confiance. « Le redémarrage est incomplet selon les secteurs, mais il est réel », explique Gilles Yabi, spécialiste de la Côte d'Ivoire à l'International Crisis Group. Signes de ce retour à la normale : les exportations de cacao reprennent en masse depuis la levée des sanctions internationales, et les banques, très fortement touchées, sont à nouveau en état de marche, tout comme la bourse des valeurs d'Abidjan qui a rouvert ses portes depuis quelques jours. « La confiance revient au fur et à mesure que la sécurisation du pays se met en place. Les hommes d'affaires et investisseurs qui avaient quitté le pays au moment des troubles pour le Ghana ou le Sénégal tendent à revenir », poursuit Gilles Yabi.

 

L'Agence française de développement a déjà débloqué 200 millions d'euros pour la Côte d'Ivoire


Pour remettre la Côte d'Ivoire sur le chemin de la croissance, Alassane Ouattara peut compter sur le soutien de la communauté internationale. Le pays négocie actuellement des accords avec le Fonds monétaire international. La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale se sont engagées dès mi-avril sur un programme d'appui d'urgence de 150 millions de dollars. Cette assistance vise à aider le pays à réhabiliter ses infrastructures économiques et sociales. Le programme d'urgence cible particulièrement la santé, l'éducation et l'assainissement, secteurs gravement affectés par le conflit post-électoral.


L'Agence Française de développement a également promis une aide d'urgence de 400 millions d'euros, dont 200 millions ont déjà été décaissés « L'économie ivoirienne est capable de se remettre en route toute seule, mais cette aide d'urgence a surtout pour but de débloquer des freins à la reprise, comme le paiement des fonctionnaires de l'administration », explique-t-on à l'Elysée. Pour son premier séjour en Côte d'Ivoire depuis 1997, Nicolas Sarkozy devrait, selon cette source, annoncer de nouveaux accords de partenariat économique avec la Côte d'Ivoire. Ils devraient porter sur la redéfinition des programmes d'aides de santé, le développement des infrastructures et du secteur privé. Par ailleurs, si le mandat de l'Onuci -la force internationale qui était intervenue pour aider les forces de Ouattara à déloger Laurent Gbagbo- se termine fin juin, la France devrait maintenir une présence militaire en Côte d'ivoire, notamment pour effectuer de la formation.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :