Angela Merkel peine à assurer le vote de l'accord pour sauver l'euro

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Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se rencontrent ce mardi à Paris. La chancelière aura bien du mal à respecter l'engagement d'un vote avant fin septembre de l'accord européen du 21 juillet.

Ce mardi après-midi, la rencontre de la chancelière allemande et du président français à l'Hôtel de Marigny sera pour tous les deux une rentrée politique mouvementée. Lors de leur dernière initiative commune, un communiqué conjoint le soir du dimanche 7 août, concocté à distance, en Italie du Nord pour Angela Merkel et au Cap Nègre pour Nicolas Sarkozy, les deux dirigeants avaient promis, pour calmer les marchés financiers, que « les décisions prises lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro et des institutions européennes le 21 juillet 2011 » seraient mises « en oeuvre pleinement ». Surtout, ils promettaient que « les autorisations parlementaires concernant ces décisions soient obtenues rapidement dans leurs deux pays avant fin septembre ».

Côté français, l'aval de l'Assemblée nationale et du Sénat pour ce sauvetage de la zone euro ne semble pas trop complexe à obtenir. Le Parlement a déjà été convoqué pour une session extraordinaire à compter du 6 septembre. Les élections sénatoriales étant prévues le 25 septembre, le feu vert parlementaire français devrait être donné d'ici là.

Outre-Rhin, c'est en revanche une tout autre paire de manches. Pour obtenir l'accord de la Chambre haute du Parlement, le Bundesrat, Angela Merkel aura besoin du soutien des sociaux-démocrates (SPD), désormais dans l'opposition. Or, le numéro deux du groupe parlementaire SPD, Joachim Poss, vient de faire part par écrit au ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, de son « scepticisme, que ce calendrier [un vote positif d'ici à fin septembre, Ndlr] puisse être respecté sans difficultés ». Il l'exhorte à très vite fournir des détails sur la législation prévue. Mais cette réticence du SPD n'est en fait que très accessoire par rapport à la bronca venant des rangs des chrétiens-démocrates (CDU-CSU), le camp d'Angela Merkel, et de ceux de ses alliés de gouvernement, les libéraux du FDP. Or, même si les écologistes des Grünen proposent aimablement à la chancelière Merkel « de faire avancer au plus vite la mise en oeuvre de l'accord du 21 juillet », elle ne peut raisonnablement s'appuyer sur ces Verts et le SPD pour le vote. Ce n'est pas tant que ces deux partis de gauche lui poseraient leurs conditions, à l'instar des Grünen demandant l'accord de la chancelière pour le lancement d'emprunts européens (« eurobonds »). Pour Angela Merkel, s'appuyer sur l'opposition signifierait in fine changer de majorité ou à tout le moins de partenaires de coalition et donc remettre en jeu sa propre fonction de chancelière.

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Commentaires
a écrit le 16/08/2011 à 17:39 :
Une propagande nationaliste, presque un lavage de cerveau, a été organisé en Allemagne par les médias ces dernières années, tous les grands moments historiques allemands étaient passés et repassés sans arret à la télévision. La conséquence est que le sentiment national en Allemagne exité empêche toute proposition rationnelle dans l'intérêt de l'Europe et de l'Euro.
On a joué à l'apprenti sorcier et maintenant le processus s'est emballé Outre Rhin.

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