La récession s'installe en France
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En juin, lors de son dernier point de conjoncture, l'Institut national de la statistique (Insee) tablait sur une croissance de 1,6% cette année, après 2,1% en 2007 et 2,4% en 2006. Mais le point de conjoncture de l'institut publié ce vendredi montre une nette décélaration de l'activité dans l'Hexagone. L'Insee prévoit une contraction de 0,1% au troisième comme au quatrième trimestres, qui s'accompagnerait de destructions nettes d'emplois. Il faut remonter au quatrième trimestre 1992 et au premier trimestre 1993 pour trouver deux trimestres consécutifs de croissance négative en France, définition technique d'une récession
Après la contraction de 0,3% du PIB en avril-juin, la France enchaînerait ainsi trois trimestres consécutifs de croissance négative mais Eric Dubois, chef du département de la conjoncture à l'Insee, s'est refusé à parler de récession en notant que la variation attendue était modeste et que le PIB serait positif sur l'ensemble de l'année. Grâce en effet à la progression de 0,4% enregistrée au premier trimestre, la croissance serait tout de même de 0,9% cette année, contre 2,4% en 2006 et 2,1% en 2007.
Si la croissance cale, c'est essentiellement lié à la panne de la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance. Après avoir progressé de 2,5% ces deux dernières années, elle resterait "encore étale au deuxième semestre", ne gagnant que 0,8% sur l'ensemble de 2008. Le principal responsable est le pouvoir d'achat des ménages, qui accuserait encore une baisse de 0,4% au deuxième semestre. Au total, il ne progresserait que de 0,7% cette année, contre 3,3% l'an dernier. Selon un autre mode de calcul, non plus par ménage mais par "unité de consommation", il diminuerait même de 0,2% en 2008.
L'Insee n'a fourni aucune projection pour 2009 mais Eric Dubois ne s'est pas montré optimiste. "Les instruments dont on dispose en matière de conjoncture ne vont pas au-delà de l'horizon de cette année. A cet horizon-là, il est clair qu'il n'y a pas de signe de reprise", a-t-il dit.
Au total, et en tenant compte du solde positif du premier trimestre, l'année 2008 verrait la destruction de 29.000 emplois et le taux de chômage remonterait en fin d'année à 7,4% en France métropolitaine, contre 7,2% au deuxième trimestre. L'économie française n'avait plus détruit d'emplois en année pleine depuis 2003.
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Les prévisions de l'Insee sont fondées sur l'hypothèse d'un baril de Brent autour de 100 dollars et d'un taux de change de 1,40 dollar pour un euro.
A peine ces prévisions étaient-elles connues que le débat commençait sur l'opportunité d'employer ou non le terme "récession". "Par nature, la France n'est pas en récession. 1% de croissance" sur l'ensemble de l'année, "ce n'est pas une récession, c'est une très faible croissance", a ainsi déclaré Eric Woerth, ministre du Budget, en marge des journées parlementaires de l'UMP à Antibes.
"Il y a une définition technique et statistique de la récession et puis, il y a la réalité des choses. On ne va pas se battre sur les chiffres. Le ralentissement est fort et la crise est évidemment très importante", a ajouté Eric Woerth.
De son côté, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, refusant de prendre à son compte le terme de "récession", a estimé que "ce n'est pas ça le plus important". "On est dans une situation économique difficile en raison des chocs qu'on a subis, de la crise financière qu'on traverse. Il faut mettre en place des mesures de soutien au développement de l'activité, c'est cela qu'on est en train de faire", a-t-elle ajouté.
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