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La récession s'installe en France

latribune.fr

Publié le 03 octobre 2008 à 02:03 - Mis à jour le 03 octobre 2008 à 02:06

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Le produit intérieur brut de la France (PIB) devrait se contracter de 0,1% au troisième et au quatrième trimestre. Dans ces conditions, la croissance ne dépasserait pas 0,9% sur l'ensemble de l'année 2008, selon les prévisions actualisées de l'Insee. Par ailleurs, l'activité dans les services s'est stabilisée en septembre.

En juin, lors de son dernier point de conjoncture, l'Institut national de la statistique (Insee) tablait sur une croissance de 1,6% cette année, après 2,1% en 2007 et 2,4% en 2006. Mais le point de conjoncture de l'institut publié ce vendredi montre une nette décélaration  de l'activité dans l'Hexagone. L'Insee prévoit une contraction de 0,1% au troisième comme au quatrième trimestres, qui s'accompagnerait de destructions nettes d'emplois. Il faut remonter au quatrième trimestre 1992 et au premier trimestre 1993 pour trouver deux trimestres consécutifs de croissance négative en France, définition technique d'une récession

Après la contraction de 0,3% du PIB en avril-juin, la France enchaînerait ainsi trois trimestres consécutifs de croissance négative mais Eric Dubois, chef du département de la conjoncture à l'Insee, s'est refusé à parler de récession en notant que la variation attendue était modeste et que le PIB serait positif sur l'ensemble de l'année. Grâce en effet à la progression de 0,4% enregistrée au premier trimestre, la croissance serait tout de même de 0,9% cette année, contre 2,4% en 2006 et 2,1% en 2007.

Si la croissance cale, c'est essentiellement lié à la panne de la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance. Après avoir progressé de 2,5% ces deux dernières années, elle resterait "encore étale au deuxième semestre", ne gagnant que 0,8% sur l'ensemble de 2008. Le principal responsable est le pouvoir d'achat des ménages, qui accuserait encore une baisse de 0,4% au deuxième semestre. Au total, il ne progresserait que de 0,7% cette année, contre 3,3% l'an dernier. Selon un autre mode de calcul, non plus par ménage mais par "unité de consommation", il diminuerait même de 0,2% en 2008.

L'Insee n'a fourni aucune projection pour 2009 mais Eric Dubois ne s'est pas montré optimiste. "Les instruments dont on dispose en matière de conjoncture ne vont pas au-delà de l'horizon de cette année. A cet horizon-là, il est clair qu'il n'y a pas de signe de reprise", a-t-il dit.

Au total, et en tenant compte du solde positif du premier trimestre, l'année 2008 verrait la destruction de 29.000 emplois et le taux de chômage remonterait en fin d'année à 7,4% en France métropolitaine, contre 7,2% au deuxième trimestre. L'économie française n'avait plus détruit d'emplois en année pleine depuis 2003.

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Les prévisions de l'Insee sont fondées sur l'hypothèse d'un baril de Brent autour de 100 dollars et d'un taux de change de 1,40 dollar pour un euro.

A peine ces prévisions étaient-elles connues que le débat commençait sur l'opportunité d'employer ou non le terme "récession". "Par nature, la France n'est pas en récession. 1% de croissance" sur l'ensemble de l'année, "ce n'est pas une récession, c'est une très faible croissance", a ainsi déclaré Eric Woerth, ministre du Budget, en marge des journées parlementaires de l'UMP à Antibes.

"Il y a une définition technique et statistique de la récession et puis, il y a la réalité des choses. On ne va pas se battre sur les chiffres. Le ralentissement est fort et la crise est évidemment très importante", a ajouté Eric Woerth.

De son côté, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, refusant de prendre à son compte le terme de "récession", a estimé que "ce n'est pas ça le plus important". "On est dans une situation économique difficile en raison des chocs qu'on a subis, de la crise financière qu'on traverse. Il faut mettre en place des mesures de soutien au développement de l'activité, c'est cela qu'on est en train de faire", a-t-elle ajouté.

Pour sa part, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, s'est lui aussi refusé vendredi à prononcer le mot de "récession" au sujet de la France ou de la zone euro, qui connaît selon lui "une croissance ralentie". Interrogé sur la radio Europe 1, il a précisé que la BCE ne faisait pas de prévisions par pays mais "publie des fourchettes" seulement sur l'ensemble de la zone euro. "Les experts de la BCE nous disent que nous avons une croissance ralentie, je ne prononcerai pas d'autre mot que cela: une croissance ralentie avec des risques importants que la croissance soit encore plus faible", a-t-il insisté. La BCE table pour l'instant sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,4% pour cette année dans les 15 pays de la zone euro.
 
"Nous sommes dans un univers incertain, il faut le savoir, la croissance est faible et la croissance a des risques d'être encore plus faible. Cela nous demande une seule chose: d'être à la hauteur de nos responsabilités", a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que "la croissance durable" passait par "la stabilité des prix" et donc la politique de lutte contre l'inflation mise en oeuvre par la BCE.
 
En revanche, bonne nouvelle pour le secteur des services français. Après deux baisses mensuelles consécutives, l'activité s'est stabilisée en septembre dans ce secteur, étayée par une légère hausse du volume des nouvelles affaires, selon l'enquête PMI publiée vendredi par Markit. L'indice de l'activité commerciale Markit/Cdaf s'est redressé à 50,1 contre 48 en août, juste au-dessus de la barre de 50 à partir de laquelle il rend compte d'une expansion. En version flash, le 23 septembre, il avait été estimé à 50,4.
 
Le sous-indice des nouvelles affaires est revenu à 50,2 après trois mois de contraction mais cette faible progression reflète en partie les stratégies de rabais mises en place par les entreprises afin d'obtenir de nouveaux contrats dans un environnement économique qui reste défavorable à la demande, signale Markit. Le sous-indice des prix facturés tombe de fait à 49,2 contre 51,7, dénotant une première baisse des tarifs depuis avril 2004.
 
"L'allègement des tensions inflationnistes a stimulé le secteur français des services en septembre, les entreprises ayant réussi à consolider la demande grâce à des remises de prix," explique Jack Kennedy, économiste à Markit Economics. "Toutefois, la tendance sous-jacente reste faible et les marges bénéficiaires continuent de souffrir du manque de pouvoir de tarification des entreprises."
 
L'enquête de septembre met en évidence un sixième mois de baisse des bénéfices dans le secteur, avec un sous-indice à 36,1, au plus bas depuis deux ans, contre 37,8 en août. "Plus du tiers des répondants signalent une baisse de leurs bénéfices, tendance qu'ils expliquent par la hausse des prix payés combinée au ralentissement de la demande," relève Markit.
 
L'indice composite PMI de la France, publié au même moment, est ressorti à 48,1 dans sa version finale, après 47,7 annoncé en version flash et contre 46,9 en août. Cet indice intègre aussi le PMI manufacturier, qui a dénoté un quatrième trimestre consécutif de contraction dans l'industrie.

latribune.fr

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