Rigueur, 35 heures, ISF : François Baroin calme le jeu

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Dans un entretien accordé au Monde, le ministre du Budget a assuré que la France maintiendrait en l'état son plan de réduction des déficits, ne rouvrirait pas le débat des 35 heures et ne comptait pas faire disparaître "coût que coûte" l'Impôt sur la fortune.

Le gouvernement français ne souhaite pas accélérer la réduction de son déficit public comme d'autres pays européens ont décidé de le faire car il ne veut pas casser la reprise économique. Voilà en substance le message adressé indirectement aux marchés par le ministre du Budget, François Baroin dans un entretien que publie Le Monde ce mardi.

La France, pour l'instant épargnée par la crise des dettes souveraines qui frappe d'autres pays de la zone euro, prévoit de ramener son déficit public de 7,7% du produit intérieur brut cette année à 6,0% fin 2011, 4,6% fin 2012, 3,0% fin 2013 et 2,0% fin 2014. La dette publique commencerait à baisser en 2013 pour atteindre 86,8% du PIB à la fin de cette année, après un pic à 87,4% fin 2012.

Prié de dire si la France allait durcir ce plan de redressement des finances publiques, François Baroin répond clairement: "Non, notre souci est de ne pas casser la reprise."  Et il ajoute : "Nous avons des raisons solides de croire en nos prévisions de croissance pour 2011."

L'ISF pourrait ne pas être supprimé totalement

Le ministre du Budget a également abordé la question de la future réforme fiscale : "Notre volonté politique n'est pas de faire disparaître coûte que coûte l'ISF! Elle est de faire émerger, en lien avec l'Allemagne, une imposition sur le patrimoine équitable, simple, non pénalisante pour l'économie et stable" a-t-il assuré. Pour François Baroin "tout est envisageable". Le ministre cite par exemple comme une piste possible l'éxonération d'une "part significative des actuels redevables" de l'ISF.

Une façon d'éviter à avoir assumer le coût politique d'une suppression totale de cet impôt qui reste populaire auprès d'une partie des Français. Le gouvernement pourrait ainsi "alléger le poids de la résidence principale dans l'assiette de l'ISF ou bien à remonter le seuil d'imposition". Pas question en revanche "de transférer une partie de l'impôt pesant sur le patrimoine vers les revenus du travail"

Le débat sur les 35 heures ne sera pas rouvert

Au sujet des 35 heures, François Baroin a opposé une fin de non-recevoir à Gérard Longuet, le président du groupe UMP au Sénat  : "Le débat a été tranché au lendemain de l'élection présidentielle et nous avons corrigé la plupart des effets pervers des 35 heures" (via la défiscalisation des heures supplémentaires, ndr) La question est derrière nous, pas devant. Rouvrir le débat sur ce sujet serait un mauvais signal adressé aux partenaires sociaux."

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Commentaires
a écrit le 09/12/2010 à 13:45 :
Bravo Harry Potter .
a écrit le 07/12/2010 à 21:27 :
L'idée de départ de l'ISF était de faire tourner le capital (accélérer les donations afin de dissuader l'accumulation d'un patrimoine dit de "rentier"). Cet impôt devenu un instrument purement idéologique n'a pas été efficace en ce sens qu'il n'a pas inciter véritablement les donations aux "jeunes générations" plus dépensières et donc de réinjecter cet épargne dans l'économie réelle. A mon avis, et je ne suis pas à l'ISF (hélas!) cet impôt n'a plus lieu d'être, l'usage de montages fiscaux et juridiques ont détourner une partie de l'assiette de l'ISF, sans parler des expatriés, seul doit jouer les droits de successions afin d'inciter à des donations plus régulières. Taxer finalement un patrimoine issue du travail et de sa capacité à épargner est injuste d'autant qu'il permet très souvent de dégager des revenus eux mêmes soumis à l'impôt. Reste que la multiplication des exonérations en tout genre que l'on trouve notamment dans les PEA / ASSURANCE VIE ou autres investissements à vocation fiscale ont accentué les sentiments d'injustices vis à vis de ces patrimoines.
a écrit le 07/12/2010 à 18:02 :
Quel mépris pour son électorat!
Pourtant le Président lui avait promis il y a moins de 2 mois la suppression de l'ISF. Et après il sera le premier à s'étonner que les électeurs à qui il a dû son élection le quitte!
Quand aux expatriés fiscaux, ne vous étonnez pas s'ils ne reviennent pas, et même que le nombre des départs augmente!
La France perd 10 milliards d'euros par an avec cet impôt confiscatoire et destucteur... Mais cela, M. Baroin ne le sait pas encore!D'ailleurs, demande-t-on à un "ministre" du budget de savoir compter ?
a écrit le 07/12/2010 à 17:52 :
LES HAUTS FONCTIONNAIRES N ONT PAS BESOIN DE PATRIMOINE POUR LEUR RETRAITE......l etat y pouvoit largement
nous, nous avons constitue le notre, pour ne dependre de personne dans nos vieux jours; Quelle betise. bravo les spolieurs.
a écrit le 07/12/2010 à 17:18 :
Et voilà: vous savez quoi penser des promesses présidentielles!Se rapprocher de l'Allemagne n'est pas pour demain!
Souvenez-vous de la promesse présidentielle de supprimer l'isf lorsque vous mettrez votre bulletin de vote....
a écrit le 07/12/2010 à 16:37 :
A tous ceux qui se sont réjouis un peu trop vite, l'isf ou son futur clone n'est donc pas prêt de disparaître. Le bouclier, c'est sûr, c'est bientôt fini mais l'isf sera remplacé par une nouvelle usine à gaz ou par une taxation accrue des revenus du patrimoine. De plus, NS fera de la fiscalité du patrimoine un enjeu de la prochaine présidentielle, c'est bien connu, la gauche , c'est toujours plus d'impôts.Alors que c'est la droite la plus bête du monde qui a porté les coups les plus durs au patrimoine des Français: fiscalisation du PEL, plafonnement du plafonnement pour l'isf... et bientôt l'assurance-vie alors que l'on nous bassine qu'il faut épargner pour compenser la baisse inéluctable de nos futures retraites. Notre président est-il un homme d'Etat, on peut en douter. Rétablissons les chiffres, l'isf a rapporté 3.2 Mds en 2009 et si on on enlève le coût du bouclier fiscal, il faut trouver quelques 2.5 Mds d'euros et non pas 3 ou 4 Mds comme cela a été dit ou écrit. Il faut donc compenser cette perte de recettes fiscales et ma réflexion personnelle depuis quelques semaines me conduit à penser que la seule solution est de supprimer quelques niches fiscales. Supprimer des niches ferait, non pas, augmenter les impôts mais ferait payer des impôts à ceux qui en payent le moins possible. Rappelons que le taux moyen d'imposition des plus riches n'est que de 20% car ils utilisent toutes les possibilités légales pour en payer le moins possible. Les lois Scellier, de Robien, quel gachis parfois quand on construit là où le marché locatif est insuffisant. Et tout le monde sait que c'est en fin de compte le promoteur qui met l'avantage fiscal ds sa poche en augmentant les prix du neuf. Pareil pour la tva à 5.5 pour les travaux du bâtiment, mon plombier a voulu me facturer la pose d'une porte de douche, 300 euros, pose qui demandait une seule heure de travail. Rassurez-vous, j'ai refusé le devis... Oui à la suppression de l'isf, impôt inique qui ne touche plus que les classes moyennes supérieures, oui à la suppression de quelques niches et au contrôle des dépenses pour compenser!!!Non à la stupidité qui consiste à imposer le patrimoine qui a déjà subi de multiples impositions car on se constitue un patrimoine par ses revenus, sauf héritage.

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