Le fabricant de puces électroniques a vu son cours plonger de plus de 13% ce jeudi après avoir publié ses résultats du deuxième trimestre. Si les chiffres des trois derniers mois sont finalement meilleurs qu’attendu, le groupe a annoncé que les commandes sont moins nombreuses qu’espéré, ce qui a provoqué la colère des investisseurs.Le retour de la croissance se fait toujours attendre chez STMicroelectronics. Alors qu'il s'était établi à 1,146 milliards d'euros au deuxième trimestre 2023, le bénéfice opérationnel du fabricant franco-italien de composants électroniques a été divisé par trois au deuxième trimestre 2024 en s'affichant à 375 millions de dollars. Le chiffre d'affaires du groupe a, lui aussi, chuté de 25,3% sur un an en s'établissant à 3,23 milliards de dollars au trimestre entre avril et juin 2024, tandis que la marge brute a reculé de près de 9 points de pourcentage, pour atteindre 40,1%.
Pour autant « ce n'est pas un gros raté, on est en ligne avec les chiffres qui étaient attendus par le consensus des analystes », affirme Emeric Blond, gérant actions chez Taylor AM. Le résultat opérationnel, le chiffre d'affaires et la marge brute étaient, en effet, anticipés respectivement à 358 millions de dollars, 3,2 milliards et 40%. Mais surtout « la marge opérationnelle a été bien meilleure qu'attendue à 11,6% contre un consensus à 11,2% », note le gérant. Bref, malgré l'ambiance morose qui dure depuis déjà plusieurs trimestres, les investisseurs auraient dû être satisfaits et rassurés de la publication de ce jeudi.
Pourtant ils ont très fortement sanctionné l'entreprise qui a vu son cours s'effondrer de 9% à l'ouverture de la Bourse ce jeudi, avant de plonger à -13% vers 17h30, à 32,22 euros.
Les commandes ne repartent pas
Et pour cause, derrière les résultats, les actionnaires du fabricant de puces européen ont reçu une mauvaise nouvelle : la reprise de l'activité prend plus de temps que prévu.
« Au cours du trimestre, contrairement à nos attentes précédentes, les commandes des clients dans l'industriel ne se sont pas améliorées et la demande pour l'automobile a diminué », a notamment confié le PDG du groupe, Jean-Marc Chéry, dans un communiqué.
Après avoir vu son activité s'envoler entre 2021 et 2023, STMicroelectronics qui fabrique des composants de moyenne gamme (capteurs, contrôleurs, composants de puissance, etc) a en effet connu un coup de froid. « Leurs clients industriels commencent à avoir rempli leurs stocks et diminuent leurs achats et les mêmes craintes commencent aussi à émerger du côté de l'industrie l'automobile » expliquait en février à La Tribune, Aleksander Peterc, responsable de la recherche actions pour le secteur des matériels technologiques chez Société Générale CIB. Une crise qui s'est depuis amplifiée et qui a plongé le constructeur européen dans une phase de crise.