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« Attaque massive » contre la SNCF : journée de chaos pour l'ouverture des JO de Paris 2024

Photo de Léo Barnier

Léo Barnier

Publié le 26 juillet 2024 à 16:46 - Mis à jour le 26 juillet 2024 à 16:46

La SNCF prévoit 2 trains sur 3 sur l'axe Atlantique à partir de samedi.

La SNCF prévoit 2 trains sur 3 sur l'axe Atlantique à partir de samedi.

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Après des attaques coordonnées et préméditées, le trafic TGV a été très fortement perturbés sur trois des quatre axes à grande vitesse français. Malgré les efforts de la SNCF, les perturbations vont s'étendre sur tout le week-end, touchant 800.000 passagers en plein chassé-croisé des vacances. Le flou demeure quant à l'origine de ces attaques visiblement bien préparées.

La SNCF et les cheminots étaient déjà fortement mobilisés pour les Jeux olympiques, mais ils ne s'attendaient sûrement pas à une telle journée avant le début officiel de l'événement. Dans la nuit de jeudi à vendredi, trois attaques ont visé des points stratégiques du réseau à grande vitesse français, perturbant fortement le trafic des TGV à quelques heures de la cérémonie d'ouverture.

La SNCF a annoncé dans la matinée avoir été « victime d'une attaque massive d'ampleur pour paralyser les lignes à grande vitesse ». Des incendies ont ainsi été déclenchés sur les axes Atlantique, Est et Nord du réseau TGV, tandis qu'une quatrième tentative a été déjouée grâce à l'intervention des équipes de maintenance de nuit sur l'axe Sud-Est.

Trafic perturbé tout le week-end, 800.000 passagers touchés

De fait, le trafic a été fortement perturbé toute la journée, particulièrement sur l'axe Atlantique, qui relie la Bretagne et le Sud-Ouest à la gare Montparnasse. Après avoir annulé massivement des trains dans la matinée, la SNCF s'est évertuée à remettre progressivement en service des TGV à partir de 13h. Le trafic est néanmoins très limité avec seulement un tiers des trains prévus.

Seules les lignes à grande vitesse (LGV) vers le Sud-Ouest étaient alors utilisables, mais avec des retards à prévoir. Pour l'Ouest et notamment la Bretagne, les LGV restaient hors service cet après-midi, avec des TGV contraints de passer par les lignes classiques, via Le Mans notamment.

La situation a été meilleure sur l'axe Nord, avec des TGV qui ont circulé malgré « des retards de 1h30 à 2h et quelques suppressions ». De même sur l'axe Est, où « des réparations ont permis de reprendre une circulation normale sur Metz Nancy ». Vers Strasbourg, des retards d'une heure et quelques suppressions étaient toujours de mise dans l'après-midi.

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Face à cette situation, la SNCF a demandé aux voyageurs de rentrer chez eux et de ne venir en gare qu'une fois avertis par un SMS de la programmation de leur train. Un calvaire en plein week-end de grands départs. Selon le groupe, 250.000 voyageurs ont été touchés ce vendredi, et 800.000 voyageurs pourraient l'être jusqu'à dimanche. Celui-ci a annoncé que tous les billets concernés sont remboursables à 100 % et échangeables.

Pour samedi, la SNCF promet une nouvelle amélioration, avec une reprise normale des circulations sur la LGV Est, dès 6h du matin. Sur l'axe Nord, ce sera 80 % de circulation avec des retards de 1 à 2h. Pour la Bretagne et le Sud-Ouest, ce sera seulement 2 trains sur 3, avec des retards de 1 à 2h. Les perturbations vont se prolonger encore dimanche sur l'axe Nord, tandis qu'un retour à une meilleure situation est attendu pour l'axe Atlantique.

Attaques ciblées, dégâts d'ampleur

Pour l'instant, le retour à la normale n'est donc pas attendu avant lundi, malgré l'amélioration (très) progressive de la situation. Il faut dire que les dégâts sont d'ampleur. Les lieux visés, Arras, Courtalain et Pagny-sur-Moselle, s'avèrent être stratégiques par leur emplacement à la bifurcation de voies. Comme l'a expliqué SNCF Réseau à La Tribune, ces attaques ont ainsi visé spécifiquement des câbles de signalisation qui permettent de commander à distance les appareils de voies (c'est-à-dire des postes d'aiguillage) sur le terrain.

Selon les précisions apportées par Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, ce sont un million de câbles qui ont été endommagés et qui doivent être réparés un par un, avec des opérations manuelles. Il faudra ensuite tester les réparations et le bon fonctionnement des équipements, comme l'explique une source syndicale à La Tribune. Ce qui explique l'ampleur des perturbations et l'incertitude quant à la reprise des opérations.

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Cette même source assure que tous les moyens ont été mis en œuvre pour gérer au mieux la situation. La SNCF indique d'ailleurs que plusieurs milliers de cheminots ont été mobilisés, dont une centaine pour la réparation des câbles. La mobilisation va continuer tout le week-end, que ce soit pour l'information voyageurs, pour la remise en fonctionnement du réseau, mais aussi la surveillance de celui-ci. Un millier d'agents de la maintenance sont ainsi mobilisés à cet effet, en plus d'une quarantaine d'équipes de la sûreté ferroviaire et une cinquantaine de drones.

Aucun montant n'a encore été avancé pour évaluer les dommages causés par cette attaque. Toutes les sources interrogées par La Tribune jugent ainsi qu'il est trop tôt pour faire un bilan. Mais celui-ci se comptera assurément en millions d'euros, voire en dizaines de millions d'euros, ne serait-ce qu'au vu des 800.000 passagers touchés par les perturbations.

Des attaques préméditées, mais le flou règne encore

Sur l'origine de ces attaques, il s'est avéré assez vite qu'elles avaient été préparées et coordonnées, le groupe ferroviaire tout comme le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal les qualifiant « d'actes de sabotage ». « Tous les éléments qu'on a montrent bien que c'est volontaire » et que « ce sont des actes criminels », a déclaré pour sa part le ministre démissionnaire des Transports, Patrice Vergriete, sur BFMTV, avant de pointer la « concomitance des faits », un peu plus tard sur TF1.

Face à l'ampleur des évènements, c'est le parquet de Paris qui s'est saisi de l'enquête en fin de matinée au titre de la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco). Celle-ci a été ouverte pour détérioration de bien de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et dégradations et tentatives de dégradations, par moyen dangereux en bande organisée, a indiqué la procureure Laure Beccuau à l'AFP. La procureure précise aussi que la sous-direction antiterroriste (Sdat) est chargée de coordonner les investigations. Les forces de police et de gendarmerie sont ainsi mobilisés conjointement, a expliqué pour sa part Gérald Darmanin, ministre démissionnaire de l'Intérieur.

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A l'heure actuelle, le flou règne toujours quant aux commanditaires de ces attaques. Si l'AFP signale qu'une source sécuritaire pointe la proximité entre le mode opératoire de cette nuit et celui utilisé par l'ultragauche par le passé - à savoir des incendies volontaires sur des installations - rien n'est a priori venu l'étayer pour le moment. Gabriel Attal a d'ailleurs appelé à la prudence sur ce point.

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Pour l'instant, les membres du gouvernement insistent largement sur l'impact sur les Français et les départs en vacances, et rejettent pour le moment tout lien avec la tenue de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Paris, ce vendredi soir.

Léo Barnier

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