Guerre en Ukraine : l'UE verse à Kiev 1,5 milliard d'euros provenant des avoirs russes gelés
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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Piroschka Van De Wouw
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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Piroschka Van De Wouw
Bruxelles tient son engagement envers l'Ukraine. Comme annoncé il y a un mois, l'Union européenne a officialisé ce vendredi le transfert à Kiev d'1,5 milliard d'euros provenant des actifs russes gelés.
« Il n'y a pas de meilleur symbole ni de meilleure utilisation de l'argent du Kremlin que de le destiner à faire de l'Ukraine et de toute l'Europe un endroit plus sûr où vivre », a ajouté la responsable allemande.
Ces actifs correspondants à la première tranche des profits générés par les avoirs russes gelés en réaction à la guerre déclenchée en 2022.
Pour rappel, quelque 200 milliards d'euros d'avoirs russes ont été gelés dans l'UE après l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, dont environ 90% se trouvent en Belgique, siège de l'organisme international de dépôts de fonds Euroclear. Les Vingt-Sept avaient trouvé un accord en mai pour utiliser les intérêts produits par ces avoirs gelés de la banque centrale russe. Ils sont censés dégager entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an, afin d'aider à armer l'Ukraine et de financer sa reconstruction d'après-guerre.
L'argent tiré des intérêts générés par ces fonds gelés (qui eux-mêmes restent bloqués) sera pour 90% versé à la Facilité européenne pour la paix (FEP), un instrument de l'UE pour gérer ses interventions dans les conflits, notamment dans la fourniture d'armes. Les 10% restants iront à la « Facilité » distincte de l'UE pour l'Ukraine, créée pour soutenir les besoins du pays en matière de reconstruction.
Le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal a remercié l'UE pour son soutien. « Merci Mme von der Leyen et l'UE pour votre soutien indéfectible et cette contribution significative à la défense et à la reconstruction de l'Ukraine », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux ce vendredi.
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La Russie a pour sa part qualifié cette décision d'« illégale ». « C'est bien entendu une raison pour agir de manière réfléchie en réponse à de telles décisions illégales mises en œuvre par l'Union européenne », a déclaré aux journalistes Dmitri Peskov, porte-parole du président russe Vladimir Poutine.
La Hongrie, alliée de Moscou, avait déjà fait part en juin de sa colère après cette décision, estimant qu'elle aurait dû être prise à l'unanimité.
Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, avait toutefois expliqué que Budapest ayant choisi de s'abstenir lors des discussions préalables sur l'utilisation de ces avoirs gelés, il ne pouvait s'y opposer.
Les États-Unis avaient également proposé au G7 d'utiliser les intérêts des avoirs gelés pour financer un prêt de 50 milliards d'euros à l'Ukraine. Les pays du G7 ont trouvé à la mi-juin un « accord politique » sur cette proposition américaine, mais qui ne concerne pas, au moins pour 2024, l'accord trouvé par les Européens.
Après avoir prôné une confiscation pure et simple des avoirs russes, risquée juridiquement, les États-Unis s'étaient rangés à la position des Européens d'utiliser les seuls intérêts générés par les actifs gelés.
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Au total, quelque 300 milliards d'euros d'avoirs russes ont été gelés dans le monde après l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. Ces actifs se trouvent surtout dans l'Union européenne : environ 185 milliards d'euros ont été gelés par Euroclear, un organisme international de dépôts de fonds établi en Belgique. Cela donne un poids prépondérant à l'Europe sur l'utilisation des avoirs russes.
(Avec AFP)
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