Dunya Bouhacène : "Les atouts d'une meilleure mixité managériale restent méconnus"

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Copyright Reuters (Crédits : Bernard Lachaud)
Dunya Bouhacene, la Présidente de Women Equity for Growth explique le rôle du programme d'investissement européen spécialisé dans le support financier et opérationnel des femmes chefs d'entreprise et dirigeantes de PME de croissance.

Qu'est-ce que le Women Equity for Growth ?

Women Equity est le premier programme d'investissement européen spécialisé dans le support financier et opérationnel des femmes chefs d'entreprise et dirigeantes de PME de croissance. Il s'appuie sur différentes instances, dont une structure d'investissement dédiée, sponsorisée par Bryan Garnier & Co, la banque d'investissement européenne focalisée sur les valeurs de croissance. Les entreprises concernées sont des PME dirigées par des femmes ou mettant en pratique une politique de mixité des organes de décision, en phase de développement, avec des perspectives de croissance intéressantes.

Pourquoi était-ce nécessaire de le créer ?

Ce programme est né d'un constat : le relatif sous-financement par le capital-investissement des entreprises de croissance dirigées par des femmes impacte la croissance de nos économies. Rappelons à cet égard, que les études conduites sous la présidence suédoise de l'Union européenne en 2009, ont estimé à 27% la croissance potentielle moyenne du PIB européen si l'ensemble des freins s'opposant à la contribution économique des femmes étaient levés. Il faut savoir que, aux Etats-Unis, moins d'une entreprise sur dix se retrouve dans les portefeuilles des fonds et que, plus frappant encore, moins de 2,3 % de l'ensemble des capitaux du private equity américain leur sont alloués. Nul ne peut pourtant considérer que cela correspond à la réalité de leur présence sectorielle, ou de leur attractivité. La situation est au mieux la même selon les industries considérées en France. Ces entreprises se développent sous contraintes supérieures à celles de leurs homologues. Ce qui ne les empêche pas de bien faire ! Ainsi, une étude conduite en 2007 sur 600 entreprises européennes accompagnées par des acteurs du capital-investissement, celles dirigées par des femmes disposaient en moyenne de 35 % de capitaux en moins pour générer 12 % de chiffre d'affaires en plus.

Pensez-vous qu'il y ait une réelle méfiance des investisseurs - hommes vis-à-vis des chefs d'entreprises femmes ?

Je parlerai plutôt d'un fort tropisme « masculin » dans l'identification des opportunités par les fonds, ayant tendance à investir par analogie avec des modèles traditionnels de succès, dans des sociétés dirigées par des hommes, et d'une méconnaissance des atouts apportés par une meilleure mixité managériale dans les entreprises

Les entrepreneures n'ont-elles pas, elles aussi, quelque appréhension à frapper à la porte des investisseurs ?

Il est indéniable qu'une réticence est à l'oeuvre, liée à une identification faiblement possible du fait du nombre limité de modèles « féminins » de collaboration et de réussite avec des fonds.

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Commentaires
a écrit le 08/03/2011 à 12:13 :
Mixite manageriale....C'est de la prose et de la prose serieuse, s'il vous plait.Peut-elle nous la mettre en vers, la mixite ye ye ye, manageriale ge e e niale

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