Éolien offshore : le Royaume-Uni fait la course au large

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Le marché européen de l'éolien offshore continue de se développer malgré la crise. En 2011, près de 90 % des nouvelles machines ont été installées dans les eaux britanniques.

On a beaucoup parlé ces derniers mois du coup d'envoi pour l'éolien offshore français, illustré par l'appel d'offres qui s'est clos en janvier. Mais il n'y a à ce jour pas une seule turbine au large des côtes françaises, et c'est dans les eaux britanniques qu'ont été installées 87 % des nouvelles éoliennes offshore mises en service en 2011. Soit 200 machines et 752 MW, sur les 886 MW installés dans les eaux européennes.

Au total, on compte déjà plus de 1.300 éoliennes offshore en Europe, pour une puissance installée totale de 3.800 GW (dont 2.094 au Royaume-Uni, 857 au Danemark, 247 aux Pays-Bas et 200 en Allemagne). Cela correspond à 53 fermes éoliennes, réparties dans dix pays. À 200 MW, la taille moyenne des parcs a augmenté d'un tiers par rapport à 2010.

Côté machines également, c'est la course au gigantisme. La plus grande éolienne offshore actuellement commercialisée, celle de Siemens, a une puissance de 3,6 MW, mais l'allemand en prépare une de 6 MW. Celle que propose Areva, testée depuis deux ans dans le parc allemand d'Alpha Ventus, fait 5 MW. Le danois Vestas en aurait une de 7 MW dans ses cartons. Quant aux chinois, ils travailleraient sur une version de...10 MW. 23 nouveaux modèles ont été annoncés en 2011.

Siemens, qui fabrique des éoliennes maritimes depuis la naissance de ce marché il y a vingt ans, emporte encore une très large part du gâteau, avec 80 % de la capacité installée en mer courant 2011, et une part de marché de 53 % à fin 2011. Deux autres allemands, Repower (passé sous la coupe de l'indien Suzlon) et Bard viennent derrière avec respectivement 13 % et 7 % du marché.

Neuf projets en cours

Quant aux développeurs de projets, ce sont majoritairement des producteurs d'énergie : l'écossais SSE fait la course en tête, devant l'allemand RWE, le danois Dong (avec lequel EDF EN a fait alliance pour l'appel d'offres français) et le suédois Vattenfall. Neuf projets actuellement en cours de construction ajouteront 2.375 MW de capacité supplémentaires, soit 6.188 MW au total. Des travaux préparatoires ont débuté pour neuf autres fermes, qui montrent d'ailleurs une montée en puissance de l'Allemagne, (2.272 MW sur une capacité additionnelle totale de 2.910 MW).

Malgré la crise, les projets sont parvenus à trouver des financements, et les investissements qui n'ont pas fait l'objet de recours ont progressé de 40 % à 2 milliards d'euros. La semaine dernière, c'est grâce au raccordement de 120 MW de la ferme offshore de Cumbrie que le gouvernement britannique a pu se féliciter d'avoir dépassé le cap des 6.000 MW de capacité éolienne totale (terrestre et maritime) installée. Une étape qui lui permet d'envisager sereinement son objectif de 31.000 MW en 2020. Et de balayer le rapport du think-tank Policy Exchange paru quelques jours auparavant, selon qui le soutien à l'éolien offshore ajoute 400 livres sterling (480 euros) aux dépenses annuelles des ménages.

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