Crise de l'immobilier : cri d'alarme de la Fnaim

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La Fnaim reconnait "la brutalité du ralentissement de l'activité".
La Fédération nationale de l'immobilier répond à ses détracteurs qui l'accusent de minorer la crise du secteur pour tenter de maintenir l'activité. Elle lance un cri d'alarme auprès des pouvoirs publics.

D'habitude, les communiqués de la Fnaim, la fédération nationale de l'immobilier, annoncent les évolutions des prix, plutôt à la baisse ces derniers mois. Mais cette fois, c'est à la fois un plaidoyer pro domo et un cri d'alarme que lance la Fédération.

Elle indique que "la brutalité du ralentissement de l'activité, observé tant sur le marché du neuf que sur celui de l'ancien, a de quoi surprendre les observateurs les plus avertis, y compris ceux qui accusent aujourd'hui les agents immobiliers de vouloir à tout prix soutenir un discours optimiste, au motif de la préservation de leurs intérêts.

Pour autant, à l'évidence, l'affaiblissement du moral des ménages, l'inflation soutenue qui pèse sur le pouvoir d'achat, les craintes d'une dégradation nouvelle du marché de l'emploi, les perspectives de croissance limitées par la contraction de la consommation, et plus encore, le durcissement des conditions d'octroi du crédit conséquence de la crise financière mondiale, pèsent, de plus en plus, jour après jour, sur les conditions d'expression de la demande".

Le communiqué ajoute que "sur un marché dont la tendance baissière est aujourd'hui avérée (-1.5% de baisse des prix au mois d'août), les ménages n'hésitent plus à parier sur des baisses de prix plus fortes encore dans l'avenir proche. Dans ce contexte, et alors que les vendeurs n'ont pas encore intégré la nécessité de modérer leurs prétentions financières, le marché de l'ancien fait preuve d'attentisme.

Plus, ses logiques de fonctionnement sont bouleversées. Si les acheteurs accusaient hier "passivement" les hausses de prix, leur pouvoir de négociation apparaît aujourd'hui renforcé, sur un marché ouvert à un éventail de choix plus large et à des délais de réflexion plus longs. Et si les améliorations des conditions de crédits ont permis hier de faire face aux pressions enregistrées sur les prix, seule une correction à la baisse des prix apparaît aujourd'hui de nature à resolvabiliser la clientèle. Les marchés immobiliers sont appelés à s'ajuster pour répondre à une demande forte qui n'attend qu'à être solvabilisée."

Du coup, la Fnaim lance un véritable cri d'alarme. Elle assure que "pour éviter le blocage mécanique du marché qui se dessine aujourd'hui, une action urgente mérite d'être engagée :

- par les pouvoirs publics, pour contribuer au développement d'un système bancaire national sain, caractérisé par des critères prudentiels protecteurs des emprunteurs,

- par les banques, pour desserrer les conditions d'octroi des prêts relais et plus largement, des crédits,

- et par les professionnels de l'immobilier eux-mêmes, pour réconcilier les intérêts des vendeurs et des acheteurs et garantir la réalisation des transactions.

Mais l'urgence à agir tient aussi à la nécessité de sauver la politique du logement, au besoin d'enrayer la destruction d'emplois dans les services immobiliers et dans le bâtiment, révélée aujourd'hui même par la Fédération Française du Bâtiment, ainsi que la chute de la croissance, cette même croissance que l'immobilier a participé à soutenir depuis dix ans".

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