France : la consommation des ménages a fait du yo-yo pendant l'été

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Elle a augmenté de 0,4% en juillet avant de retomber de 0,3% en août. Sur un an, elle est toujours en retrait. L'inflation élevée, la confiance en panne et le crédit à la consommation stagnant expliquent cette faiblesse de la consommation.

La consommation des ménages en produits manufacturés a augmenté de 0,4% en France en juillet avant de retomber de 0,3% en août, selon des données corrigées (CVS/CJO) publiées ce mardi par l'Insee. Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à une stabilité en juillet suivie d'une hausse de 0,3% en août.

Le chiffre de juin a été révisé à -0,5% au lieu de -0,4% annoncé en première estimation. Par rapport à août 2007, la consommation des ménages en produits manufacturés est en repli de 0,1%, selon l'Insee.

La consommation des ménages en produits manufacturés représente le quart de la consommation totale des ménages en biens et en services. Dans le champ "commerce" (ventes au détail hors automobile, pièces détachées et produits médicaux), les dépenses ont augmenté de 0,1% en juillet puis ont diminué de 0,3% en août.

Les dépenses de consommation en biens durables - matériel de transport et équipement du logement - se sont redressées de 0,9% en juillet après leur recul de 1,4% en juin, mais sont retombées de 0,2% en août. Les dépenses en textile-cuir se sont repliées de 0,1% en juillet puis de 1,9% en août alors qu'elles avaient progressé de 0,3% en juin.

"Les chiffres de la consommation des ménages pour cet été ne sont pas bons, et ce n'est pas une surprise, estime l'économiste Nicolas Bouzou (Asterès). Vue avec un peu de recul, la consommation n'a plus progressé depuis la fin de l'année 2007. Seul l'équipement du logement se maintient, soutenu par les achats d'électronique de loisir."

Pour l'économiste, "les causes de cette stagnation sont de trois ordres. Premièrement, l'inflation est restée, jusqu'à cet été, relativement élevée (nettement supérieure à 3%). Ce qui signifie que, pour la majorité des salariés, il y a eu perte de pouvoir d'achat depuis le début de l'année. Cette perte de pouvoir d'achat se retrouve dans des comportements de consommation restrictifs."

"Deuxièmement, l'indice de confiance mesuré par l'Insee (nous attendons les chiffres de septembre) a dû rester historiquement bas. Le reflux des cours du pétrole observé depuis le mois d'août ayant été à cet égard compensé par la dégradation relativement rapide du marché du travail et par les craintes suscitées par la crise financière. C'est un contexte qui n'incite pas à effectuer des achats importants."

"Troisièmement, à l'inverse des cycles économiques précédents, le crédit à la consommation joue mal son rôle de substitut au pouvoir d'achat pour maintenir un rythme de consommation croissant. Ainsi, sur les huit premiers mois de l'année, la production de prêts à la consommation n'a pas du tout progressé. Il faut y voir l'impact de la faiblesse du moral des ménages mais aussi les conséquences de la crise financière qui renchérit le coût des crédits à court terme."

Pour Nicolas Bouzou, "la situation de la consommation devrait néanmoins s'améliorer (modestement) d'ici la fin de l'année, dans la mesure où l'inflation devrait progressivement redevenir inférieure à la progression des salaires de base (si les cours de matières premières reprennent leur orientation baissière, ce qui est tout de même très probable)."

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