En France comme dans la zone euro, l'activité du secteur des services atteint un plus bas

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Le secteur des services en France a enregistré en novembre une contraction record de son activité, avec un indice à 46,2. Rare point positif, l'emploi ne baisse que légèrement même si les perspectives d'activité restent faibles. Pour la zone euro, la contraction est de même ampleur, avec un recul de l'indice à 42,5 contre 45,8 en octobre. Dans la zone euro, les ventes de détail baissent également, témoignant d'une faiblesse de la consommation.

En novembre, l?indicateur de l?activité dans les services a reculé pour la quatrième fois en cinq mois en France. Selon l'enquête PMI publiée ce mercredi par la société Markit, l?indice du secteur s'est contracté à 46,2 en novembre, son plus bas niveau depuis dix ans et demi qu'existe l'enquête, contre 47,5 en octobre. Un indice sous 50 dénote une contraction de l'activité.

Cette baisse de l?activité reflète le recul du nombre de nouveaux contrats, dont le sous-indice est tombé à un nouveau plus bas de 43,2. "Les répondants expliquent cette tendance par la mauvaise conjoncture économique ainsi que par le climat d'incertitude qui pèse sur la situation économique et conduit les clients à différer leurs décisions commerciales", expliquent Markit et la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (Cdaf) dans un communiqué.

Les remises de prix accordées par les prestataires de services n?auront ainsi pas suffit à inverser la tendance. De fait, les prix facturés en France ont reculé pour le troisième mois consécutif. Mais cette baisse tient aussi en partie à la réduction des prix du carburant. Le pétrole, en passant à 50 dollars le baril après un pic de 150 en juillet, a allégé les tensions inflationnistes sur les coûts, qui sont tombés en novembre à un plus bas de cinq ans.

L'enquête met en évidence des signes de capacité excédentaire dans le secteur des services, le travail en attente reculant pour la cinquième fois en six mois et à un rythme sans précédent.

Les effectifs du secteur n'ont, eux, reculé que très légèrement depuis octobre, le sous-indice correspondant remontant à son meilleur niveau depuis juin.

De même, le sous-indice de la rentabilité des entreprises s'est un peu redressé à 41,3, un plus haut de quatre mois, mais il n'en dénote pas moins un huitième mois consécutif de baisse des profits dans le secteur.

Les perspectives d'activité pour les douze prochains mois restent peu changées par rapport au plus bas d'octobre, les entreprises craignant l'impact de la crise économique sur leur activité future.

L'indice PMI composite (qui intègre le PMI manufacturier) est quant à lui ressorti à 41,2 en novembre, contre 44 en octobre. Le PMI manufacturier s'est inscrit en novembre à un nouveau plus bas historique de 37,3.

Pour Jack Kennedy, économiste chez Markit Economics, les enquêtes PMI pour la France signalent une nette contraction de l'économie sur les trois derniers mois de l'année. "Les données de novembre sont conformes à une baisse trimestrielle du PIB d'environ 0,2% au quatrième trimestre", estime-t-il.

Même son de cloche du côté de la zone euro, puisque l?indice PMI des services est tombé à 42,5 en novembre après 45,8 en octobre. C?est également son plus bas niveau depuis l'origine de cette série statistique il y a dix ans. L'enquête de novembre montre que les pressions inflationnistes au sein du secteur - le principal secteur d'activité de la zone euro - ont diminué, ce qui devrait faciliter une détente des taux directeurs de la BCE lors de la réunion du conseil des gouverneurs ce jeudi 4 décembre.

Au sein de la zone euro, les ventes du commerce de détail ont par ailleurs reculé de 0,8 % en novembre, a indiqué ce mercredi Eurostat, l'office européen des statistiques. Sur un an, elles accusent un recu de 2,1 % en octobre. Ce rec ul témoignede la faiblesse de la consommation qui renforce les craintes sur l'ampleur de la récession européenne.

Hors zone euro, la Grand-Bretagne voit également l'activité de ses services se contracter

Le secteur britannique des services s'est également contracté en novembre, selon l'indice CIPS/Markit publié ce mercredi. Il s'est établi à 40,1 en novembre, atteignant son plus bas depuis la création de la statistique en juillet 1996, contre 42,4 en octobre. Il était à 51,9 en novembre 2007.

Le sous-indice de l'emploi est tombé à 43,1, également son plus bas niveau depuis juillet 1996, contre 45,7 en octobre et 51,9 il y a un an. Dans le même temps, les prix facturés sont au plus bas depuis novembre 2001, marquant le recul des tensions inflationnistes.

 

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