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ÉconomieFrance

Plan de relance Sarkozy : les pro-investissement satisfaits, les pro-consommation déçus

latribune.fr

Publié le 04 décembre 2008 à 14:52 - Mis à jour le 04 décembre 2008 à 15:14

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Les réactions se sont multipliées à la suite des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy. Face aux défenseurs d'une relance de l'économie par l'investissement, qui se félicitent, ceux qui attendaient des mesures sur le pouvoir d'achat expriment leur déception.

Les mesures annoncées ce jeudi par Nicolas Sarkozy pour relancer l'économie française ont évidemment suscité de nombreuses réactions. Au delà des divergences classiques (l'UMP applaudit, la gauche critique, le patronat se félicite, les syndicats affichent leur déception), on constate que se dégage deux grandes tendances. D'un côté les défenseurs d'une relance de l'économie par l'investissement qui apprécient ces annonces, de l'autre ceux qui attendaient des mesures sur le pouvoir d'achat et qui expriment leur insatisfaction.

Philippe Vigier, porte-parole adjoint du Nouveau centre, a ainsi déclaré dans un communiqué : "Certaines mesures en faveur des plus modestes, des handicapés et des familles sont certes bienvenues, mais ce saupoudrage à crédit ne correspond en rien aux promesses du " président du pouvoir d'achat".

Le sénateur Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche, a déploré que "le nécessaire bouclier social pour les travailleurs reste introuvable" et que le plan présenté offre "de nouveaux cadeaux aux entreprises". "C'est Noël avant l'heure pour les patrons !", selon lui.

Pour la CGT, "les employeurs viennent une nouvelle fois de passer au guichet", notamment en bénéficiant de "nouveaux allègements de cotisations". Force ouvrière a déclaré "déplorer l'absence totale de mesures sur le pouvoir d'achat" et la relance de la consommation, de même que la FSU et la CFDT.

Didier Migaud, président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée, a déploré un plan contenant "des erreurs économiques et sociales". "C'est davantage un plan de rattrapage, de recyclage d'un certain nombre de crédits qui existent déjà. (...) C'est oublier les origines de la crise financière qui se trouvent aussi dans la stagnation des salaires", a-t-il affirmé.

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Pour le parti communiste, "une véritable politique de relance s'appuie sur l'augmentation des salaires. Or les salariés se verront une fois de plus menacés de voir leur emploi se transformer, à court terme, en chômage partiel. "

Pour Georges Dieng Dieng, analyste à Natixis Securities, "il aurait été judicieux de faciliter les conditions de crédit pour le consommateur, de l'aider via des prêts bonifiés ou à taux zéro".

Ségolène Royal pour sa part a déclaré que le plan du gouvernement était constitué de "mesurettes qui ne sont pas à la hauteur du problème". Elle a préconisé une "suppression du paquet fiscal" qui permettrait, selon elle, de verser un 13e mois à 8 millions de Français ayant de faibles revenus, ainsi que la suppression des niches fiscales qui, a-t-elle estimé, permettrait de verser "avant Noël un chèque énergie de 1.000 euros à 20 millions de Français" aux revenus modestes.

A l'opposé, du côté patronal, Laurence Parisot, présidente du Medef, a déclaré que le plan de relance était l'expression d'une vision du pays "qui privilégie l'investissement sur le fonctionnement, l'efficacité sur la bureaucratie, le travail ou le retour le plus vite possible au travail sur l'assistanat" ; c'est une vision que "nous partageons".

La CGPME (petites et moyennes entreprises) s'est réjouit que "le président de la République [ait] fait le choix de relancer l'économie par l'investissement plutôt que par la consommation", mais elle "regrette que les annonces du ministre du Budget sur la possibilité de reporter le paiement des charges sociales n'aient pas été confirmées".

Bernard Accoyer, président UMP de l'Assemblée nationale, a estimé que "le président de la République [redonnait] confiance à tous les Français, par l'ampleur sans précédent des mesures annoncées, leur immédiateté, qui s'accompagnent d'un allègement des contraintes bureaucratiques pesant sur notre économie et d'un nécessaire souci de justice sociale".

Certains analystes financiers ont porté une attention particulière à la ligne de refinancement d'un milliard d'euros qui sera octroyée aux organismes de crédit du secteur automobile pour leur permettre de prêter aux acheteurs. "On aurait aimé un peu plus que 500 millions par constructeur", a déclaré Eric-Alain Michelis de Société Générale CIB [L'analyste estime que Banque PSA Finance et RCI Banque, la filiale de crédit automobile de Renault, se partageront le montant total, Ndlr], "car leurs besoins de trésorerie sont supérieurs, mais la ligne disponible va leur donner un ballon d'oxygène".

Les associations se sont également exprimées, souvent pour porter un jugement mitigé.

Pour le président du Secours Catholique, François Soulage, la prime de 200 euros aux futurs bénéficiaires du RSA est "un coup de pouce", mais "ne remplace pas une revalorisation des minima sociaux, qui ne cessent de prendre du retard sur le Smic". "De plus, les jeunes de moins de 25 ans sont une fois de plus oubliés", a-t-il déclaré.

Les écologistes ont reconnu que certaines mesures s'inscrivaient dans l'esprit du Grenelle de l'environnement, telles la construction de nouvelles lignes de TGV et la promotion de la voiture électrique. Ils ont cependant émis des réserves, par exemple sur le développement des voitures électriques, qui pourrait amener les centrales thermiques au gaz, au fuel ou au charbon à fonctionner en complément des réacteurs nucléaires. La fédération France Nature Environnement (FNE) a rappelé, elle, que la construction de nouvelles lignes TGV devait veiller à "limiter la consommation d'espaces naturels" et "ne pas abandonner le réseau de fret ferroviaire".

latribune.fr

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