L'urbain, éduqué, cadre, vote écolo

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Les électeurs qui ont fait le succès des listes Vertes appartiennent essentiellement aux professions intellectuelles.

Mais qui est donc cet électeur Vert dont le vote a créé la surprise lors des élections européennes?? Selon les instituts de sondage, qui insistent sur le fait qu'ils avaient senti ce mouvement se dessiner plusieurs jours avant le scrutin, l'électeur Vert est d'abord "un urbain, appartenant aux catégories socioprofessionnelles moyennes ou hautes et plutôt à gauche", explique Brice Teinturier, directeur général adjoint de TNS Sofres. Sur 100 électeurs des listes Cohn-Bendit "quelque 28 % viennent des professions intellectuelles et cadres supérieurs et environ 24 % des professions intermédiaires. La part du vote ouvrier ne représente qu'à peine 10 %", développe-t-il. Les personnes qui ont voté pour les listes Europe écologie sont "issues des classes moyennes, intellectuelles, citadines", approuve le politologue, Stéphane Rozes.

De fait, un rapide survol de la géographie du scrutin fait ressortir que c'est dans les centres-villes et les régions les plus urbanisées que les listes Europe écologie ont fait leurs meilleurs scores. En Île-de-France d'abord, où Daniel Cohn-Bendit et ses colistiers ont engrangé 20,86 % des suffrages, devançant les candidats PS (13,57 %). Avec, dans certaines villes, des scores qui ont pulvérisé les listes concurrentes. Avec 27,46 % à Paris, les Verts talonnent l'UMP (29,97 %) et font quasiment le double des listes PS (14,69 %). À Montreuil, la liste Europe écologie est en tête (29,08 %) loin devant le PS et l'UMP qui tournent autour de 13 %. Les Verts sont encore en tête à Saint-Denis, Saint-Ouen, Pantin, en Seine-Saint-Denis. Ils sont également les premiers à Cachan, Fontenay-sous-Bois, au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).

Hors région parisienne, les écolos font leurs meilleurs scores (plus de 20 % des suffrages) dans les départements du quart sud-est (Lyon, Grenoble), en Corse, en Aquitaine et en Bretagne.

Certes, dans certaines régions, les problèmes écologiques locaux ont pesé dans le choix des citoyens. Sur l'île de beauté, par exemple, le projet d'introduire plus de souplesse dans le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (Padduc) a vivement mobilisé les consciences et « poussé les électeurs vers le vote Vert afin de contrer les velléités de bétonisation touristiques », explique un militant écologique insulaire.

"Avertissement au PS"

Mais ailleurs, le vote écolo provient en grande partie "d'électeurs socialistes soit déçus, soit voulant donner un avertissement au PS", estime pour sa part le député Vert, Yves Cochet. L'élu de Paris estime par ailleurs que sur les 16 % des voix écolos "au moins 3 % à 4 % proviennent d'électeurs du Modem, déçus de la campagne de François Bayrou".

Pour autant, on ne peut résumer le vote Vert à un phénomène "bobos", affirme Brice Teinturier. Car désormais, affirme-t-il "l'écologie fait partie du paysage politique".
 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comme quoi on peut être urbain, éduqué, cadre est être assez nul pour voter pour "l'ami des enfants".

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