Le déficit budgétaire français a plus que doublé en un an

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Le déficit du budget de l'Etat français a continué à se creuser pour atteindre 125,8 milliards d'euros au 30 septembre contre 56,6 milliards d'euros un an plus tôt, une évolution qui s'explique par le coût de la crise et du plan de relance, a annoncé le ministère du Budget. En revanche, selon les Douanes, le déficit commercial a été ramené à 1,755 milliard d'euros en septembre, contre 2,173 milliards en août, et réduit de moitié au troisième trimestre, à son plus faible niveau depuis fin 2004.

Le solde général d'exécution du budget français au 30 septembre 2009 s'établit en déficit de 125,8 milliards d'euros contre 56,6 milliards à la même date en 2008, annonce Bercy ce vendredi matin. L'évolution des recettes et des dépenses est en ligne avec les dernières prévisions communiquées au moment de la présentation du projet de loi de finances pour 2010, selon le ministère du Budget.

L'écart d'une année sur l'autre (69 milliards d'euros) s'explique principalement par le poids de la conjoncture économique sur l'évolution des recettes et, à hauteur de 29,9 milliards, par l'effet des mesures du plan de relance, explique Bercy dans un communiqué.

Au 30 septembre, les dépenses totales (budget général et prélèvements sur recettes) atteignent 263,9 milliards d'euros contre 255,9 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 8 milliards. Les dépenses exécutées au titre du plan de relance (directement exécutées par les ministères ou versées à des opérateurs de l'État) s'élèvent à 9,6 milliards fin septembre, dont 3,8 milliards de remboursement anticipé de TVA aux collectivités territoriales.

Hors plan de relance, les dépenses du budget général diminuent d'une année sur l'autre de 3,6 milliards d'euros. A données comparables, cette baisse atteint 4,6 milliards en raison d'une nette diminution de la charge de la dette (-7,3 milliards à périmètre constant), sous l'effet de la baisse conjuguée des taux d'intérêt et de la charge des obligations indexées sur l'inflation. L'évolution des autres postes de dépenses (+2,7 milliards) est conforme aux prévisions.

Le montant des prélèvements sur recettes hors plan de relance augmente de 1,9 milliard par rapport à la même date en 2008 (dont 1,2 milliard sur le prélèvement sur recettes au profit de l'Union européenne).

De leur côté, les recettes du budget général (nettes des remboursements et dégrèvements et hors prélèvements sur recettes) s'établissent à 169,7 milliards d'euros contre 221,6 milliards à la même date en 2008.

A fin septembre, le produit des recettes fiscales nettes s'élève à 156,8 milliards d'euros (en baisse de 47,9 milliards par rapport à la même date l'année dernière). Cette baisse marquée est imputable à la dégradation de la conjoncture économique et, à hauteur de 14 milliards, aux mesures fiscales mises en ?uvre dans le cadre du plan de relance (13 milliards de soutien à la trésorerie des entreprises et 1 milliard d'allègement de l'impôt sur le revenu des ménages modestes).

Sur un remboursement total de 13 milliards aux entreprises, les remboursements de crédits de TVA représentent un montant de 4,9 milliards ; le crédit d'impôt recherche 3,7 milliards ; et les reports en arrière de déficit d'IS (impôt sur les sociétés) 4,4 milliards, précise Bercy.

Hors plan de relance, le produit des recettes fiscales est en baisse de 33,9 milliards d'euros par rapport à 2008 (-32,9 milliards à périmètre constant). Ce résultat est marqué par la diminution des recettes de TVA (-7,1 milliards à périmètre constant) et d'IS (-20,1 milliards), en ligne avec les dernières prévisions présentées.

Le produit des recettes non fiscales est en diminution de 3,6 milliards d'une année sur l'autre, dont 2 milliards dus à de moindres recettes sur les participations de l'Etat et assimilées et 1,5 milliard lié à l'absence de prélèvement, à ce stade de l'année, sur le compte de la Coface, détaille encore le ministère.

En revanche, selon les Douanes, le déficit commercial a été ramené à 1,755 milliard d'euros en septembre, contre 2,173 milliards en août, et réduit de moitié au troisième trimestre, à son plus faible niveau depuis fin 2004.

Le déficit du troisième trimestre s'établit ainsi à 4,6 milliards d'euros contre 10,1 milliards au deuxième trimestre, se félicitent la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, en notant un redémarrage de 5,7% des exportations. Sur le seul mois de septembre, les exportations, en données corrigées CVS, ont légèrement progressé à 29,107 milliards d'euros contre 28,474 milliards en août tandis que les importations s'établissaient à 30,862 milliards contre 30,647 milliards.

Le déficit d'août a été révisé à 2,173 milliards d'euros au lieu de 3,411 milliards annoncé en première estimation il y a un mois.

La France a vendu en septembre 22 Airbus qui lui ont rapporté 1.338 millions d'euros après 15 en août pour 830 millions.

Sur les neuf premiers mois de l'année, le déficit commercial cumulé en données CVS ressort à 28,772 milliards d'euros contre un déséquilibre de 40,583 milliards en janvier-septembre 2008, selon les Douanes.

Dans leur communiqué commun, Christine Lagarde et Anne-Marie Idrac constatent que le solde commercial de la France a tiré profit sur les trois derniers mois de l'amélioration de conjoncture dans le secteur automobile et du redressement du commerce mondial. "Ces évolutions reflètent dans les deux cas les effets favorables des plans de relance coordonnés au niveau international", ajoutent-elles.

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a écrit le 31/12/2009 à 10:02 :
La dette publique française va atteindre 79 % du PIB à la fin de l'année. Sans doute 84% à fin 2010. L'alerte doit être donnée mais il faut raison garder. Ce qui compte vraiment pour un pays c'est le total de l'endettement de l'ensemble des agents économiques de ce pays et son évolution... même si observateurs et marchés se focalisent presque uniquement sur la dette publique (brute de surcroît !). De ce point de vue la France se tient encore bien, même si la crise détériore la situation ... comme dans tous les pays. Faisons un petit tour d'horizon : à mi 2009 la dette totale du Japon est à 345% du PIB (!), le Royaume-Uni à 242%, les Etats-Unis à 234%, alors que la France est à192% juste derrière l'Allemagne qui est avec 190%. Il y a 15 ans aucun de ces pays ne dépassait 150% du PIB !! Qui s'en est inquiété à l'époque juste avant la crise de 2007 ?
Et sur la période juin 2008/ juin 2009 la dérive de l'endettement total a été de 11% du PIB pour l'Allemagne, de 13 % pour les Etats-Unis, de 17% pour la France et le Royaume-Uni, de 21% pour le Japon. Les agents privés ont généralement réduit ou stabilisé leur endettement pendant cette période mais ce sont les Etats qui ont dû s'endetter pour contrecarrer les conséquences de la crise financière en évitant l'effondrement des banques puis des économies.
Alors que les marchés nous ont emmenés dans le mur, que les Etats ont donc dû jouer les pompiers ceux-ci se trouvent maintenant totalement dans la main des marchés ! Les dettes publiques sont en effet presque toutes entièrement négociées sur les marchés, ce qui n'était pas le cas il y a encore 15-20 ans.
A nouveau maîtres du jeu, les marchés peuvent ainsi augmenter le coût des dettes publiques et tester notamment la solidarité réelle entre les pays de l'U.E, voire même celle entre les pays de la zone euro. L'irréparable, à savoir une cassure de l'Union Européenne n'est pas leur problème. Quant à la solidarité de l'Union : oui elles existent et est proclamée... jusqu'à un certain point. Dans la réalité celle-ci a été plus que mesurée au début de 2009 pour soutenir les membres rentrés en 2004 si bien qu'ils ont dû faire appel au FMI. Une cassure au sein de la zone euro ne peut même pas être exclue quoi qu'on dise pour rassurer. Le traité de Maastricht, les statuts de la BCE ne favorisent pas en effet la solidarité, loin s'en faut, et la crise perdurant le chacun pour soi redevient une tentation. Cassure entre les pays qui pourraient rester ancrés à un euro fort et devenant d'ailleurs encore plus fort après ce délestage) et les pays en sortant plus ou moins volontairement ( le chef de l'Etat italien avait déjà brandi cette menace il y a deux ans alors que l'Italie n'était pas parmi les pays les plus menacés ). Ce serait économiquement une folie certes, mais les peuples et leurs dirigeants se sont t-ils toujours conduits uniquement en fonction de la raison dans l'histoire ?
L'urgence serait de réduire la dépendance des Etats vis-à-vis des marchés en réduisant fortement le poids de la dette négociable sur ces marchés comme cela était encore le cas il y a une quinzaine d'année dans la plupart des pays. L'épargne des ménages (abondante) avec l'offre de l'équivalent de bons sur formule et l'établissement d'un plancher de bons du trésor chez les banques peuvent en être les instruments.
a écrit le 16/11/2009 à 6:43 :
a froce de faire plaisir aux memes qui se nourrissent sous le chantage ( a l'emploi entre autre ) on assiste a des niches fiscale et le sommum devient le bouclier fiscal , autre constat c'est que la dette ne sera remboursable que si on produit et donc on vend quelque chose , c'est pas qu'avec un secteur tertiaire et des retraités qu'on va s'en sortir , il faut industrialiser pour vendre des produits de masse , la chine a bien compris et s'enrichit tres bien malgrée une monnaie faible , on ne peut pas non plus miser sur le tout agricole , là aussi il faut un equilibre , enfin la bulle de la dette mondiale risque de mettre tous les etats sur la paille celà est vrai avec les consequences sociales et politiques imprevisibles , en 1930 qui aurait cru qu'un certain hitler aurait pris le pouvoir ? , on aurait dit au fou , la folie commence quand les gens deviennent desesperés faute de solutions credibles alors on se raccroche a n'importe quoi , bientot nous seront etranglés par la dette et l'idée d'un grand emprunt c'est la goutte d'eau qui risque de tout faire exploser , dommage qu'on ecoute pas les sages et qu'on regarde que vers le liberalisme .
a écrit le 08/11/2009 à 18:37 :
Les recettes diminuent et l'Etat continue à vivre sur un train de vie jamais égalé du seul fait de ce Président... Comme un gosse qui a gagné au monopoly il continue de flamber l'argent qu'il n'a pas. Qui pourrait l'arrêter... des élus intelligents çà existent mais avec des c......s c'est moins sur. Pourtant un gars comme Jean Arthuis qui n'a plus rien a prouver, ni de carrière à faire ne peut-il pas alerter l'opinion pour que nous entrions dans un système simple : l'Etat ne dépense que ce qu'il perçoit !
a écrit le 06/11/2009 à 14:00 :
IL n'ya pas que le déficite, il y a aussi la dette à 74% du PIB, remboursable en... 120 années qui nous inquiète. Surtout quand on a un président sociopathe qui veut en rajouter une couche avec un super emprunt. Grave non ?
a écrit le 06/11/2009 à 10:21 :
Et si la reprise en 2010 et la suite n'est pas au niveau où elle est estimée?
J'ai l'âge d'être grand-père. J'ai honte pour tout ce que nous laisserons à nos petits-enfants
a écrit le 06/11/2009 à 8:59 :
Combien de temps encore le financement de l'action de l'Etat poura-t-elle être financée à crédit. La croissance économique des pays occidentaux semble rengée dans les placards de l'histoire durablement au profit des pays émergeants. Alors avec quelles créations de richesses nouvelles pourons rembourser ces dettes accumulées ? On assiste à une fuite en avant de tous nos gouvernants des plus folle, la prochaine bulle financière sera inéluctablement celle de la dette publique et qui viendra alors au secours de ces états sur la paille ? Ils sont devenus fous, un déflagration mondiale sera alors inéluctable, de quelle nature ? de quelle ampleur, avec quelles victimes, il est plus que temps de s'interroger alors que tous mènent la politique de l'autruche. A 60 ans je m'inquiète risquant d'assister au dernier acte de cette dramatique.

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