Nicolas Sarkozy en faveur de "renforts ponctuels" à Pôle Emploi

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Alors qu'on attend cette semaine les chiffres mensuels du chômage, le chef de l'Etat s'est prononcé en faveur de recrutements "ponctuels" à Pôle Emploi, pour aider l'organisme à faire face à la fois à la hausse du nombre de chômeurs et à sa propre réorganisation interne.

Nicolas Sarkozy a indiqué ce lundi qu'il n'était "pas fermé" à une augmentation des effectifs de Pôle emploi mais a précisé qu'il ne s'agirait pas de renforts "définitifs", dans un discours devant les 1.700 directeurs d'agences et de région de Pôle Emploi.

"Nous sommes prêts à examiner les solutions permettant d'apporter des renforts dans les régions où la situation est la plus tendue : personnels recrutés en CDD pour renforcer les équipes, montée en charge plus rapide des opérateurs privés de placement. Je ne suis pas fermé", a déclaré le chef de l'Etat. "Mais il est un point sur lequel je ne transigerai pas : si de nouveaux renforts sont décidés, il ne pourra s'agir de renforts définitifs", a-t-il précisé.

"Il est normal d'appuyer Pôle emploi face à la crise. Mais quand celle-ci sera derrière nous, c'est-à-dire quand le chômage commencera à baisser, il sera également normal d'en tirer les conséquences et que les effectifs reviennent à leur niveau d'avant la crise", a-t-il poursuivi.

Fusion ANPE-Assedic très critiquée

Créé en 2008, Pôle Emploi concentre les activités d'indemnisation (Assedic) et d'accompagnement (ANPE) des chômeurs. Qualifiée de "plus grande réforme du service public des trente dernières années" par le gouvernement, cette fusion est largement critiquée.

De nombreux syndicats la jugent notamment trop rapide et mal préparée. En raison notamment de la crise et de l'augmentation du nombre de chômeurs, les conseillers de l'organisme ont en moyenne la charge de 94 personnes chacun, selon la direction, contre un objectif de 30 à 60 évoqué lorsque la fusion a été décidée. Les syndicats de l'organisme ont ainsi réclamé des embauches massives.

Actuellement l'organisme compte quelque 48.000 salariés ; les effectifs ont été accrus de 1.840 salariés en CDI, puis de 500 CDD, ensuite titularisés.

La fusion n'est "pas une lubie", a martelé Nicolas Sarkozy, assurant n'avoir "pas de remords sur cette réforme" visant à apporter plus de "simplicité" aux demandeurs d'emploi, dont un interlocuteur et un lieu uniques. Le chef de l'Etat a ainsi souhaité le déploiement d'ici fin 2009 des sites mixtes réunissant ex-ANPE et ex-Assedic ; au nombre de 575 actuellement, ces sites devraient être en place en "quasi totalité" - soit 903 - fin 2009, selon le souhait présidentiel.

Une reprise de l'emploi très incertaine

Quant au chômage, le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, a indiqué ce lundi sur LCI qu'il allait continuer à augmenter ces prochains mois en France tout en restant sous la barre des 3 millions de demandeurs d'emplois. "J'espère qu'à partir de la fin de cette année la tendance va s'inverser mais il faudra de longs mois pour revenir à une situation que l'on avait il y a encore à peine un an, 1,9 million chômeurs contre 2,5 millions inscrits à Pôle Emploi" aujourd'hui, a-t-il souligné.

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A à Pôle emploi a augmenté de 21.600 en septembre à 2.574.900 en France métropolitaine, selon le ministère de l'Economie et Pôle Emploi. Sur un an, leur nombre s'inscrit en hausse de 25,1%.

A l'instar de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, Christian Charpy a dit espérer une reprise de l'emploi mi-2010. Le travail intérimaire est "un peu reparti cet été mais ça reste encore fragile".

A noter que le conseil d'administration de l'Unedic annonce dans un communiqué également ce lundi avoir autorisé l'assurance chômage "à recourir à un emprunt obligataire de quatre milliards d'euros, à échéance de trois ans. Cette décision traduit la capacité de bonne gestion des partenaires sociaux et permet d'anticiper les besoins financiers de l'assurance chômage afin de faire face à la dégradation du marché du travail".

La direction de l'Unedic rappelle qu'elle prévoit un déficit cumulé de l'assurance chômage de 5,9 milliards d'euros au 31 décembre prochain et de 9,5 milliards d'euros au 31 décembre 2010. Elle assure que "le déficit prévisionnel de l'assurance chômage ne perturbera d'aucune manière le versement des allocations aux demandeurs d'emploi indemnisés". Elle souligne également que "la convention d'assurance chômage, entrée en application depuis le 1er avril, verra ses dispositions appliquées intégralement".

On attend ce jeudi les chiffres mensuels du chômage et latribune.fr lance ce mercredi avec l'APEC, l'association pour l'emploi des cadres, son opération "le mois de l'emploi" pour vous aider à trouver un job. Vous pourrez dialoguer avec les directeurs du recrutement et des ressources humaines des plus grandes entreprises françaises, de Total à la Société Générale.

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