Retraites : la rue en arbitre samedi entre syndicats et exécutif

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(Crédits : reuters)
À la veille de l'examen de la réforme par le Sénat, les syndicats tentent d'élargir le mouvement en manifestant le week-end. La CFDT table sur 2 à 3 millions de manifestants.

La stratégie du week-end sera-t-elle payante ? Les syndicats espèrent rassembler des millions de personnes dans les manifestations qu'ils organisent ce samedi un peu partout dans le pays contre la réforme des retraites samedi en France. Objectif : convaincre les sénateurs de modifier le texte qui relève de 60 à 62 ans l'âge légal de départ en retraite.

Voté le 15 septembre par les députés, le projet de loi sera examiné au Sénat à partir de mardi. Tous les syndicats appellent à manifester et ils prévoient d'ores et déjà une autre journée d'action le 12 octobre, si la réforme reste en l'état.

François Chérèque, le numéro un de la CFDT, table sur une forte mobilisation. Invité de la matinale de RTL, il s'attend à ce que les manifestations réunissent deux à trois millions de personnes, soit autant que les manifestations du 23 septembre. "Le gouvernement doit être très très attentif à ce qui va se passer demain", a-t-il expliqué. Il fait partie de ceux qui, parmi les syndicalistes ont le plus militer pour organiser un défilé le samedi, jugeant indispensable de permettre à ceux qui ne veulent pas perdre un jour de salaire d'exprimer leur opposition. "On va élargir le spectre des gens qui nous soutiennent", prévoit François Chérèque. "Je pense que les sénateurs sont très attentifs à ce que l'on dit et à ce qu'on va faire."

Les grandes journées d'action des 7 et 23 septembre ont rassemblé jusqu'à trois millions de personnes selon les syndicats et jusqu'à un million selon la police. "Les manifestations sont susceptibles d'être importantes", a déclaré le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, vendredi sur Canal+, mais "Ça ne changera pas en réalité des points précis" comme les 'mesures d'âges' contestées par les syndicats et l'opposition de gauche.

Malgré l'assurance affichée, l'exécutif s'est ménagé des marges de manoeuvre en lien avec la majorité sénatoriale. La commission des affaires sociales a, mercredi, apporté des modifications à la marge au projet de loi. Mais les amendements centraux - notamment ceux destinés à atténuer les effets du recul de l'âge de la retraite à taux plein (sans décote) de 65 à 67 ans - ne seront dévoilés qu'en début de semaine prochaine, une fois l'ampleur des cortèges connue.

Nicolas Sarkozy en première ligne

Le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, accuse Nicolas Sarkozy de vouloir relever l'âge légal pour des raisons politiques. "Il n'y croit pas, il est dans une posture politique et il est prêt, jusqu'à présent, à en assumer le prix social", a-t-il affirmé vendredi sur Europe 1. "Eh bien c'est à nous de créer les conditions, le rapport de force suffisant pour le dissuader."

Au plus bas dans les sondages, le chef de l'Etat a de nouveau défendu jeudi sa réforme des retraites. "Je peux dire aux 15 millions de retraités et aux 700.000 retraités de plus chaque année : 'vos retraites seront payées'", a déclaré le Président de la République. "Ça provoque du mécontentement, ça provoque des manifestations. Ma satisfaction c'est de me dire, quand cette réforme sera passée, les Français se diront : 'on n'a pas de souci à se faire pour nos retraites'."

Selon un sondage TNS Sofres pour Le Figaro Magazine, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy n'a jamais été aussi faible. 72% des Français interrogés ne lui font pas confiance.

 

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