La communauté éducative veut peser dans la campagne présidentielle

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Près de 80 associations, syndicats et élus locaux lancent un « projet national pour l'enfance et la jeunesse » défini autour de cinq axes prioritaires et 18 propositions. Le PS peaufine également son projet. L'éducation sera l'un des sujets de la campagne présidentielle.

Hasard de calendrier. Alors que lycéens et étudiants, inquiets pour leur avenir, font de plus en plus entendre leur voix dans la mobilisation contre la réforme des retraites, une quarantaine d?organisations du monde éducatif (syndicats d?enseignants, fédérations d?enseignement et de parents d?élèves, associations), rejointes par plus de trente maires (dont ceux de Paris, Lille, Lyon, Rennes, Montpellier, Dijon, Reims, Toulouse, Grenoble?), ont lancé ce mardi l?« Appel de Bobigny » pour faire de l?éducation « la priorité des politiques publiques ».

« Le pays souffre d?une trop faible capacité de propositions en matière éducative. Il faut construire un grand projet national pour l?éducation et la jeunesse, facteur de cohésion sociale », estime Colombe Brossel, adjointe au maire de Paris en charge de la réussite éducative, lors de la présentation du projet. « C?est la première fois que la quasi-totalité du monde éducatif est ainsi représenté », précise Yves Fournel, adjoint au maire de Lyon et président du réseau français des villes éducatrices. Pour ce faire, les signataires de l?Appel de Bobigny ont « voulu dépasser leurs divergences ».

Ils font ainsi 18 propositions destinées à atteindre cinq objectifs prioritaires : garantir le droit à l?éducation pour tous, définir un projet éducatif global dans un processus de formation tout au long de la vie, promouvoir la coopération éducative de tous les acteurs, articuler les objectifs nationaux et ceux des territoires, et enfin atteindre l?objectif de 0 sortie du système sans qualification reconnue. « Pour cela, nous demandons une loi d?orientation et de programmation pluriannuelle sur l?éducation au sens large », annonce Yves Fournel qui voit dans les jeunes et les territoires défavorisés ainsi que l?école et le collège, les grandes priorités. Le projet explore de nombreuses pistes, de la scolarité obligatoire de 3 à 16 ans, à un plan national de 5 ans pour le service public de la petite enfance en passant par le renforcement du service public de l?orientation, l?amélioration des rythmes scolaires, la démocratisation du lycée ou encore la reconnaissance par la loi des projets éducatifs de territoire.  Le projet fera l?objet d?un débat national et sera soumis aux parlementaires. « Nous appelons tous les responsables politiques et parlementaires à se prononcer », lance Yves Fournel.

Le sujet sera sans conteste au c?ur de la campagne pour l?élection présidentielle. Outre les réformes en cours qui ne satisfont pas (lycée, formation des enseignants?.) et les suppressions de postes, nombre de dossiers sensibles, régulièrement évoqués, ont été remis à l?après 2012 par l?actuel gouvernement (rythmes scolaires, collège). La prochaine étude PISA (sur le suivi des acquis des élèves des pays de l?OCDE), qui doit être rendue publique en décembre, ne manquera pas d?alimenter le débat. Dans ce contexte, les propositions commencent à se formaliser. Après les rapports de l?institut Montaigne et de la Cour des Comptes en mai dernier, Jacques Attali, président de la Commission pour la libération de la croissance française, vient d?y consacrer une partie de son rapport final, estimant entre autres que « l?école primaire doit être largement réformée ». Quant au Parti socialiste, il peaufine son projet. La version révélée par Le Monde mardi, qui doit encore être débattue par les instances nationales du PS, aurait déjà évolué. Selon certaines sources, certaines propositions de la dernière mouture (service public de la petite enfance, loi d?orientation et de programmation) seraient proches de celles de l?Appel de Bobigny.

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