La menace inflationniste se précise

Après Michel-Edouard Leclerc, c'est au tour de l'association Consommation Logement Cadre de vie (CLCV) de dénoncer le risque de hausse brutale des prix alimentaires. La loi de modernisation de l'économie n'a pas permis d'apaiser les relations entre fournisseurs, distributeurs et grandes marques. Les consommateurs sont lésés.
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Raccourcir les délais de paiement, protéger le patrimoine des entrepreneurs, étendre la distribution du livret A? En de nombreux points, la loi de modernisation de l?économie votée en 2008 a atteint les objectifs fixés par le gouvernement. En revanche, ceux fixés par la partie "commerce" de la LME semblent loin d?être atteints. Pour mémoire, la suppression de la pratiques des marges arrières devait notamment permettre de rétablir les conditions d?une véritable concurrence par les prix dans la distribution et au sein de la structure verticale producteur-distributeur. "Ce renforcement de la concurrence devait provoquer une baisse de l?inflation sous-jacente de l?ordre de 1,5 point en trois ans, soit 0,5 point par an", expliquait une étude réalisée par la banque Natixis.

Trois ans après, les relations entre les distributeurs, les fournisseurs et les grandes marques ne sont toujours pas apaisées alors que viennent de débuter les négociations annuelles entre les deux parties. Après Michel-Edouard Leclerc ce lundi dans un entretien accordé au Monde, c?est au tour de l?association Consommation Logement Cadre de vie (CLCV) de dénoncer le caractère toujours peu amène des relations entre toutes les parties.

Le diktat des grandes marques ?

En clair, consommateurs et distributeurs continueraient de subir le"diktat" des grande marques qui, pour compenser la flambée des prix agricoles, réclament des hausses de tarifs jugés illégitimes. Des hausses qui se traduiraient, in fine, par une baisse du pouvoir d?achat des ménages. De son côté, l?Insee anticipe une décélération de ce pouvoir d?achat. Celui-ci ne progresserait plus que de 1,3% en 2010 après avoir augmenté de 1,6% en 2009.

"En étudiant les indices de prix de l?Insee sur la décennie écoulée, la CLCV constate en effet que les prix alimentaires, qui ont eu tendance à progresser plus vite que l?inflation globale, sont pour l?essentiel déconnectés des prix agricoles. Alors qu?au niveau de la production, les augmentations succèdent aux baisses, les prix en rayon sont presque toujours orientés à la hausse. Si l?année 2008 a été marquée par une augmentation des prix alimentaires [+5,7%] et des prix agricoles [+30%], la forte baisse de ces derniers entre 2008 et 2009 est passée inaperçue dans les rayons", explique l?association qui réclame un état des lieux "exhaustif" de la concurrence. Les négociations annuelles qui dureront jusqu?en février s?annoncent tendues.
 

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