Un rapport ministériel pointe les difficultés des professeurs débutants

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Les syndicats d'enseignants craignent une désaffection pou le métier.
Les syndicats d'enseignants craignent une désaffection pou le métier. (Crédits : reuters)
Selon un rapport de la direction des ressources humaines de l'Education nationale, les professeurs de collège et de lycée qui ont débuté à la rentrée 2010 rencontrent des "difficultés".

Un mauvais coup pour le ministère de l'Education nationale mais attendu par la communauté éducative ! Ce vendredi, le site Internet du Café pédagogique a publié le rapport de la direction des ressources humaines (DGRH) du ministère de l'Education nationale sur le "dispositif d'accueil, d'accompagnement et de formation des enseignants stagiaires des premier et second degrés". Autrement dit un premier bilan des conditions d'entrée dans le métier des premiers professeurs entrant dans le métier depuis que leur formation a été réformée.

Tutorat

Largement critiquée, cette réforme, qui prévoit un recrutement à bac + 5 à l'issue d'un master, supprime l'année de stage en IUFM qui suivait jusqu'alors l'obtention du concours de professeur. Non seulement les stages avant le concours ne sont plus obligatoires (mais rémunérés), mais en plus, les professeurs débutants prennent désormais tout de suite une classe en responsabilité les deux tiers de leur temps (dix-huit heures par semaine) contre un tiers auparavant. Tous doivent se contenter d'une formation d'un tiers de leur temps via notamment un tutorat assuré par des enseignants ou des conseillers pédagogiques.

Autre difficulté, chaque académie organise selon ses possibilités ces formations d'où des disparité d'une région à l'autre.

Le rapport de la DGRH, établi à partir de réponses reçues en novembre, vient donc apporter de l'eau à leur moulin, même si dresse un bilan "globalement positif" de la prise en charge des 7.159 jeunes professeurs dans le primaire. Le tableau est en revanche plus sombre pour les 8.604 professeurs du secondaire (collège et lycée) qui n'ont pas, eux, bénéficié de l'appui d'un professeur expérimenté en "doublette" au premier trimestre (et encore, certains tuteurs n'ont que quelques années d'expérience et 11% d'entre eux doivent gérer entre trois et cinq stagiaires).

De plus, le recrutement des stagiaires dans le secondaire "ne s'est pas réalisée sans difficulté". Conséquence : "plusieurs académies font remonter certaines difficultés rencontrées par les stagiaires", reconnaît le rapport ajoutant que ceux-ci "commencent à connaître, en octobre, un état de fatigue. Il leur semble difficile de concilier, dans l'urgence, l'organisation de leurs classes (préparation des cours, gestion de la classe) et leur formation. Les stagiaires estiment manquer de méthodes et du recul nécessaire pour effectuer leur travail et l'apprentissage de leur futur métier."

Démissions

Alors que quelques semaines après la rentrée, le ministère de l'Education démentaient les rumeurs d'une hausse démissions précoces, citant des chiffres similaires à l'année précédente, l'étude de la DGRH vient quelque peu le contredire. Début novembre, il dénombre chez les professeurs débutant du secondaire 65 démissions (dont quinze dues à d'autres "opportunités professionnelles"), contre 48 l'année précédente. De quoi conforter les syndicats d'enseignants dans leurs craintes. Depuis la rentrée, ils pointent le risque d'une désaffection générale pour le métier d'enseignant. A plus long terme, ces difficultés devraient se tasser, Luc Chatel réfléchissant depuis cet été à la mise en place dans les universités de véritables masters en alternance  (La Tribune du 2 aout 2010) laissant une plus grande part à la pratique.

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