Ecole : la France, mauvais élève en matière de redoublements

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Copyright Reuters. L'étude Pisa 2009 sur les systèmes éducatifs menée tous les trois ans au plan international donne une note générale moyenne à la France, qui consacre pourtant plus d'un cinquième de son budget à l'enseignement et multiplie les réformes. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau
Copyright Reuters. L'étude "Pisa" 2009 sur les systèmes éducatifs menée tous les trois ans au plan international donne une note générale moyenne à la France, qui consacre pourtant plus d'un cinquième de son budget à l'enseignement et multiplie les réformes. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Selon une étude de l'OCDE, un taux de redoublement élevé peut être coûteux et faire baisser la performance globale du système éducatif. La France est parmi les pays où les redoublements sont les plus fréquents. Le coût par élève du redoublement peut atteindre près de 8.000 euros.

 L'OCDE vient d'apporter une réponse quasi définitive au vieux débat sur l'utilité du redoublement. Si la France a depuis plusieurs années cherché à en limiter la fréquence en primaire (réduisant ainsi le nombre d'élève pendant une certaine période), une étude que vient de publier l'organisation internationale devrait convaincre le gouvernement qui prendra place en mai 2012 d'aller encore plus loin.
Basée sur les tests récemment effectués auprès d'élèves de 15 ans dans le cadre de l'enquête PISA 2009 (publiée en décembre 2010), cette analyse conduit à plusieurs constats sans concession. Tout d'abord, l'OCDE établit un lien entre résultats scolaires et taux de redoublement. Dans les pays de l'OCDE, 13% des élèves de 15 ans ont redoublé au moins une fois (7% en primaire ; 6% au collège et 2% au lycée). Dans certains pays bien classés dans l'étude PISA, telle la Finlande ou la Corée, le redoublement est quasi inexistant. A l'inverse, en France, où la proportion d'élèves en grande difficulté a progressé ces dernières années, le redoublement concerne 25% des élèves. Pire, parmi les pays de l'OCDE recourant le plus à cette pratique, la France pointe même en 5e position derrière Macao (Chine), la Tunisie, le Brésil et l'Uruguay, avec 37% de ses élèves de 15 ans ayant déjà redoublé au moins une fois. Selon l'organisation mondiale, "les pays où le taux de redoublement est élevé affichent généralement une performance inférieure et une relation plus marquée entre le milieu social et les résultats d'apprentissage que les pays où ce taux est plus faible". Cela vaut aussi pour les pays qui transfèrent fréquemment dans d'autres écoles les élèves en difficulté au lieu de trouver d'autres solutions. Outre de moindres résultats, l'OCDE notre aussi des problèmes de discipline, les élèves transférés étant ainsi coupés de leur réseau et souvent regroupés dans des établissements accueillant déjà une forte proportion d'élèves de cette catégorie.

Surcoûts


Surtout, cette tendance à traiter la difficulté scolaire par le redoublement "engendre des coûts", notent les experts de l'OCDE, du fait des années supplémentaires de formation et d'une entrée sur le marché du travail retardée. Dans certains pays comme la Belgique, l'Espagne ou les Pays-Bas, ce coût peut peser « 10 % au moins des dépenses annuelles nationales au titre de l'enseignement primaire et secondaire », le coût par élève pouvant atteindre 11.000 dollars soit 7.750 euros. Il coûterait près de 2 milliards d'euros par an à la France.
Conclusion, "les systèmes d'éducation qui cherchent à répondre à la diversité des besoins des élèves en faisant redoubler ou en transférant vers d'autres établissements les élèves en difficulté ne parviennent pas à améliorer leur performance globale et, dans certains cas, accentuent même les inégalités socio-économiques".
Depuis plusieurs années déjà, le redoublement n'est plus jugé en France comme la panacée pour aider les élèves en difficulté à pallier leurs lacunes. Mais il reste un recours assez facile pour nombre d'établissements. Dans son projet pour 2012, le parti socialiste a d'ailleurs, entre autres propositions, prévu de limiter les redoublements, voire de les supprimer totalement au collège.

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Commentaires
a écrit le 24/07/2011 à 12:00 :
faisons comme pense le PS ;c-a-d plus de redoublement !Plus de controles , plus d'examens ....Plus de travail que des aides ....Mais qui pourra financer ces aides à ce train là ?belle époque , n'est ce pas la fin d'une civilisation tout simplement ?
a écrit le 22/07/2011 à 8:58 :
La cause première de réussite ou de spirale de l'échec d'un enfant s'est son entourage familial. L'école ne fait (faisait) que ralentir la chute ou au contraire accélérer l'ascension. Combien de parents ne demandent même pas à leurs enfants comment c'est passée la journée ? Quand aux structures d'aménagement des cours et de soutien aux élèves en difficultés, le paradoxe c'est que la la suppression des postes et des heures d'enseignements ont pour première conséquence de supprimer ces aides aux élèves en difficultés (ou ces apports aux élèves excellents) On supprime les RASED au primaire, on supprime les SEGPA , les classes horticoles et les classes d'insertion professionnelle au collège. On supprime des options et des filières au lycée. On va vers une uniformisation de l'offre éducative. Plus on clame personnalisation et différenciation tout en supprimant heures et postes et plus c'est l'inverse qu'on obtient. Ne reste que des mesures "vitrines politiques" pour quelques milliers des 26 millions de scolarisés dont M. Chatel est fort aise...
a écrit le 21/07/2011 à 7:02 :
piètre performance.
L?Éducation nationale emploie un million de personnes pour arriver à ce résultat. Quels gâchis et gaspillage des deniers publics. Que les enseignants arrêtent de chanter le vieux refrain "Plus de moyens financiers pour l?Éducation nationale. Cela n'aura aucun résultat tant que Sarkozy est au pouvoir. Le problème se trouve à l'intérieur du système de l'enseignement français. Il faut réformer le système complètement.
a écrit le 20/07/2011 à 20:04 :
Moi j'ai cuvette - 3, et je vis bien avec mon petit balai! le BAC pour être technicien de surface! enfin balayeur!
a écrit le 20/07/2011 à 18:25 :
Faire des études pourquoi faire? BAC+8, pas de travail, arrêtons de mentir aux FRANCAIS, les jeunes ne sont pas des imbéciles, après les études: le chômage,comme papa et maman!
Réponse de le 23/07/2011 à 18:23 :
Assez :oui ,c'est difficile de trouver un job et cela va encore durer à cause des dettes des états maintenant mais , si vous avez bac +8 recherchez ailleurs qu'en France .La Suisse , L'Allemagne cherchent du personnel qualifié alors , tentez ,osez .
a écrit le 20/07/2011 à 18:02 :
Oui, mais les jeunes Français ont pratiquement tous le bac ...et le patron n'a plus qu'à fournir le balai et la serpillère pour leur donner un boulot à la hauteur du diplôme :-)
a écrit le 20/07/2011 à 13:21 :
En effet, perdre de l'argent pour l'éducation est une hérésie. De toute façon, les jeunes ne nous payent même plus nos retraites. Autant les supprimer.
Réponse de le 20/07/2011 à 13:47 :
Personne ne parle de "perdre de l'argent" mais de dire qu'il y en a suffisamment et qu'augmenter le budget ne règlera pas le problème. L'argent n'est pas la solution à tous les problèmes; preuve en est que depuis 1983, ce budget ne fait qu'augmenter démesurément et que les problèmes n'ont fait qu'augmenter... de là à penser que plus il y a d'argent, plus il y a de problèmes...
Ce qu'il faut c'est du bon sens et de la responsabilisation!
Enfin, l'ironie ne mène nul part et nier un problème ne le fait pas disparaître!
Réponse de le 20/07/2011 à 18:06 :
@ yvan: ne donne pas de l'eau au moulin des jeuens qui n'attendent que l'occasion: NOS retraites sont le fruit de NOS cotisations de toute une vie, et comme aurait dit la mère Thatcher en son temps: I want my money back !!!
Réponse de le 21/07/2011 à 10:33 :
De toute façon, il est évident que les jeunes ne veulent plus bosser. La preuve : ils ne s'intéressent plus à l'école. Patrickb, lorsque vous aurez compris que seule la répartition est sûre car non captable par les plus fortunés, revenez me voir.
a écrit le 20/07/2011 à 12:10 :
@jo: le déficit budgetaire ,'a rien à voir la dedans. L'éducation nationale est le premier budget de l'Etat. Ce n'est plus un problème de moyens: c'est un problème d'éducation, de respect et d'implication des parents.
Il suffit d'écouter les témoignages des enseignants quelque soit le type de classe. Les parents au mieux laisse tout faire à leur enfant, au pire ne s'en occupent pas. L'école est un complément à l'éducation et non un remplacement... sauf dans le cas du pensionnat.
De plus, concernant la violence, il est déjà établie qu'elle est majoritairement le reflet d'une difficulté à verbaliser ses émotions. Or,il suffit de voir avec quoi nous allimentons la construction des élèves ne serait-ce qu'à la télévision. Entre les "grande" émissions de TV réalité où le but dans la vie c'est de passer dans un tabloïd ou les journalistes qui ne savent même plus parler français (compter simplement les "au jour d'aujourd'hui"...) et encore moins respecter les basiques du journalisme (je ne parle même pas d'investigation!) ou les dire et comportements de nos politiques, quel modèle la société donne-t-elle?
Donc NON, ce n'est pas un problème de budget c'est un problème de comportement politique et sociétale dont la solution passe par la responsabilisation de chacun.
Réponse de le 20/07/2011 à 12:28 :
+1
Réponse de le 20/07/2011 à 20:41 :
Je ne suis pas d'accord. En Finlande les parents élèves leurs enfants dans les mêmes conditions qu'en France et ils sont même encore moins sévères. Et pourtant ils obtiennent de meilleurs résultats (et ils ont moins d'heures de cours et moins de devoirs).
La clef est dans la façon dont les enseignants apprennent aux enfants.
Réponse de le 21/07/2011 à 7:49 :
J'ai vécu 3 ans en Finlande à Huittinen et ce qui m'a le plus impressionné c'est l'implication des parents dans l'éducation et l'instruction de leurs enfants. Certes les programmes scolaires y sont plus "humains" avec moins de contraintes mais le travail continue le soir en famille. La responsabilité des parents est beaucoup plus marquée et visible qu'en france ou on a l'impression que certains parents se reposent sur l'éducation antionale. Autres exemple, en finlande, 90% des enfants de 3 ans savent nager et font du vélo sans roulettes, peut-on en dire autant en France ?
a écrit le 20/07/2011 à 10:53 :
Je suis désolée de voir que les enfants en difficultés doivent payer les pots cassés d'une
des parties du déficit budgétaire. Bien au contraire, Il doivent être soutenus pendant l'année scolaire, ils manquent des profs?... un certain nombre de candidats ne demandent que cela, travailler, avoir un poste. Allez donc voir ceux qui reçoivent beaucoup d'aide et s'il y ont droit!!!! Cela sera beaucoup plus juste, certains enfants ont besoin d'être accompagnés pour réussir.
Réponse de le 20/07/2011 à 11:54 :
Trop facile de dédouaner le rôle primordial des parents !! Il ne suffit pas de faire des enfants, il faut s'en occuper aussi. La télé n'a jamais été un mode d'éducation ... cela se saurait.
Réponse de le 20/07/2011 à 12:06 :
30.000 enseignants qui n enseignent pas.....cherchez l erreur
Réponse de le 20/07/2011 à 12:41 :
@DROLE: OUFFFF!!
enfin je ne suis pas le seul à faire savoir cela! Et payés à attendre!
Ajoutons le nombre GIGANTESQUE (Merci Mr l'ex-ministre...) de personnes dans les rectorat à faire.... on ne sait pas quoi!
Réponse de le 20/07/2011 à 16:45 :
pour Drole et icitoyen combien d'enseignant qui sont malade car il ne supporte plus leur travail combien de déprèssion, et tout ça coûte chère à notre sécurité soçiale.
Réponse de le 20/07/2011 à 17:29 :
à DROLE
d'où sortez vous ces 30 000 enseignants et de quelle année ?
Réponse de le 20/07/2011 à 20:24 :
LE MAMOUTH est trop gras ...doubler les moyens n y changera rien

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