Fiscalité : "Il est encore temps de lancer une grande réforme"

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L'avis de Philippe Aghion Enseignant à Harvard, et à l'École d'économie de Paris

« Le dernier projet de loi de finances du quinquennat peut encore donner l'occasion à un ministre de l'Économie d'agir. Notamment via une réforme d'envergure de la fiscalité. Comme le préconise le récent rapport du Conseil d'analyse économique (CAE) intitulé « Crise et croissance, une stratégie pour la France », on peut supprimer une grande partie des 500 niches qui composent la fiscalité française. Je pense essentiellement aux niches qui ont un faible rendement en termes de croissance contrairement aux dépenses que leur suppression permettrait de financer. On peut citer deux exemples : l'exonération sur les plus-values sur titres de participation pour celles acquises à compter du 1er janvier 2007. Celle-ci profiterait aujourd'hui à environ 6.200 entreprises, mais les dix premières bénéficiaires concentreraient la moitié du coût du dispositif qui est au total d'environ 10 milliards d'euros par an. On pourrait aussi s'intéresser à la réduction d'impôt sur le revenu pour des investissements productifs réalisés dans les DOM-TOM avant 2017 qui bénéficie à 8.600 ménages, pour un coût de 700 millions d'euros. En nettoyant toutes les niches peu productives, Bercy dégagerait une vingtaine de milliards d'euros. Avec cette manne, le ministre de l'Économie pourrait à la fois s'assurer de tenir ses engagements de réduction de déficit budgétaire. Parallèlement à cet objectif de court terme, il pourrait financer en partie des investissements innovants dont les effets ne se produiront qu'à long terme. En partie seulement. Parce que les montants annuels de ces investissements s'élèvent à plusieurs dizaines de milliards d'euros, il faut que le ministre de l'Économie trouve les moyens, toujours par la réforme, de favoriser fiscalement les investissements de long terme. »

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Commentaires
a écrit le 22/07/2011 à 16:53 :
il y a beaucoup trop de niches et astuces pour les plus aisés ! les salariés étant les plus taxés d'Europe , les très riches échappent à une tranche supérieure à l'impôt sur le revenu contrairement même à l'allemagne ! plus on gagne moins on paie via les niches !
a écrit le 21/07/2011 à 10:05 :
Ça, une grande réforme ? Dans un pays qui prélève déjà plus de 50% du pib en impôts et taxes de toutes sortes on nous propose d'en prélever encore plus! C'est pas une réforme, c'est de l'acharnement. Si c'est ça l'enseignement dispensé on peut très bien s'en... dispenser. Il vaudrait infiniment mieux regarder du côté des dépenses pour voir si par hasard on ne ferait pas trop de cadeaux aux riches en leur versant des grosses retraites sous prétexte qu'ils ont eu de belles carrières! Oui je sais, ce n'est pas dans nos mentalités. Et alors, ce n'est pas une raison pour ne pas le faire parce que on pourrait obtenir une vraie réforme attendue depuis des décennies par tous ceux pour qui la vie n'est pas tendre!
a écrit le 21/07/2011 à 9:11 :
Dans toute la presse, on parle que de hausses de la fiscalité pour faire face à l'endettement, un débat sur la réduction des dépenses publiques serait bien plus intéressant et surtout pédagogique à l'approche de notre présidentielle. Toute organisation se réforme, se restructure et l'état français n'y échappera pas. Les USA parlent d'un plan de 3400 milliards de réduction des dépenses et la France, alors ???? Nous devons voir nos politiques s'atteller à réduire les dépenses, en cherchant systématiquement à ce que nos administrations fassent mieux avec moins.
a écrit le 21/07/2011 à 5:27 :
Avoir le courage de supprimer les niches, remettre à plat!!!!!!!!
Réponse de le 21/07/2011 à 9:47 :
Les niches non productives d'emplois, certaines étant très utiles au contraire et favorisant le travail (emploi de salariés à domicile)
Réponse de le 22/07/2011 à 16:55 :
et la niche Copé ? qui aura le courage d'en parler ! Marine et Boorlo ont contesté cette niche aux entreprises qui nous coûte si cher en période de déficit !

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