Ecole primaire : cette fois "la coupe est pleine"

 |   |  583  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Les syndicats d'enseignants appellent à la grève pour dénoncer la suppression de près de 9.000 postes

Cette année encore, les enseignants seront dans la rue. Dans l'Education nationale, les années se suivent et se ressemblent. Mais à force de marteler les mêmes revendications, à chaque rentrée, le message des enseignants finit par tomber dans l'oreille d'un sourd. Sauf que cette année, les choses pourraient évoluer, doucement.

« Nous avons mené et gagné une partie de la bataille d'opinion », a déclaré Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp, le principal syndicat enseignant. Chiffres à l'appui. L'éducation serait en deuxième position des sujets importants, après l'emploi et avant la santé et le pouvoir d'achat, selon un sondage réalisé par l'institut CSA. Et 50 % des français jugeraient « tout à fait prioritaire » que les pouvoirs publics donnent plus de moyens à l'école maternelle et élémentaire. Un français sur deux toujours, considèrerait que les mesures prises par le gouvernement vont «plutôt dans le mauvais sens ». Un constat sans appel.

Pour celui qui porte la parole des « parents pauvres » de l'éducation, puisque les enseignants du primaire sont recrutés au même niveau d'études que ceux du secondaire pour un salaire bien inférieur, « la coupe est pleine ». Près de 9.000 postes sont supprimés à la rentrée, alors que le nombre d'élèves augmente. Les 1.500 classes qui seront fermées auront notamment pour impact l'abaissement - à nouveau - du taux de scolarisation des enfants de moins de trois ans, selon Sébastien Sihr. Ce taux, qui était de 30% en 2000 aurait aujourd'hui été divisé par deux. La conséquence : les zones prioritaires, pour lesquels la scolarité des enfants de moins de 3 ans est primordiale, sont les premières touchées.

A cela s'ajoute la suppression des 600 postes RASED qui aidaient jusqu'à présent 30.000 élèves en difficulté. Le non renouvellement des EVS (emplois vie scolaire), des aides administratives sous contrat précaire, laissera, quant à lui, près de 6000 écoles sans assistance administrative. Ainsi, les directeurs d'école, pour qui cette aide était précieuse, se retrouvent aujourd'hui dans une « situation critique », dénonce le secrétaire général du syndicat enseignant. Ces professeurs des écoles - il n'existe pas de statut « directeur d'école » - aux responsabilités élargies et dont les tâches varient de l'encadrement des enseignants, à la gestion administrative de l'école, en passant par la gestion et l'organisation d'équipes éducatives pour les élèves en difficulté, sont aujourd'hui appelés par le syndicat à « prioriser leurs tâches ». « Les élèves et les familles sont la priorité », insiste Sébastien Sihr, pas les formulaires, enquêtes et autres formalités administratives.

Une situation qui ne semble pas inédite puisque chaque année le corps enseignant subit suppressions de postes et réforme des programmes, du temps scolaire, ou encore, dernièrement de la formation des professeurs des écoles. Un appel à la grève, a été lancé en juin par le principal syndicat enseignant. Jeudi, le Fep-CFDT, principale fédération des enseignants du secteur privé a appelé ses instituteurs à se joindre à ce mouvement de dénonciation des suppressions de postes. Des établissements privés qui scolarisent plus de 2 millions d'élèves, soient 17% des effectifs. L'appel commun « dira bien que les souhaits (du Fep-CFDT) ne sont pas spécifiques à l'enseignement privé », précise le syndicat. « L'Education nationale est mise à mal depuis quelques années par le gouvernement, poursuit le Fep-CFDT, la conséquence est qu'il n'y a plus de priorité accordée à l'éducation ». 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/08/2011 à 21:12 :
Le système éducatif finlandais est unanimement reconnu comme l'un des meilleurs du monde.

Or, reporté au nombre d'élèves, les enseignants sont, en Finlande, 20% moins nombreux qu'en France ...

Sans entrer dans la polémique et l'invective, ne devrait-on pas s'inspirer de ce modèle ?







Réponse de le 29/08/2011 à 13:14 :
En Finlande, deux cultures, deux système de références sur lesquelles s'appuient les professeurs pour bâtir leurs cours et se faire comprendre des élèves . C'est simple .
En France, des dizaines de cultures différentes et le professeur ne peut s'appuyer que sur les références de deux ou trois cultures pour bâtir son cours qui ne peut être compris que par quelques élèves de la classe.
La réaction normale de tous les exclus de la compréhension, plus les cancres, est le brouhaha, empêchant les quelques privilégiés culturels de profiter du cours .
On ne peut s'appuyer sur le modèle finlandais à moins de fournir un professeur différent pour deux cultures maximum .
a écrit le 28/08/2011 à 20:21 :
Ne nous trompons pas de débat :

Depuis 30 ans, en dépit d?impôts ultra-élevés, l'état réussit à dépenser encore plus qu'il ne gagne..

La dette souveraine de la France s'élève ainsi à 2000 milliards d'euros ...
Ce montant est tellement gigantesque, que même sur une calculatrice à 12 chiffres, on ne peut pas le rentrer (il faut passer par les puissances de 10 !)

L'état, au bord de la faillite, doit faire des économies...

Ceci n'est certes pas très réjouissant, mais c'est une réalité.
a écrit le 26/08/2011 à 19:19 :
Le nombre des enseignants est faux !!!!! Tous les gens qui ont le concours et qui sont titulaires sont comptés pour 1 enseignant
1 enseignant qui travaille dans une classe à plein temps est compter pour 1

Au même titre les temps partiels, les membres du RASED, les coordinateurs, les conseillers péda, les enseignants referant, les directeurs déchargés ou pas les personne en longue maladie, .. et j'en passe.
Tous ces gens comptent pour 1 entier.
C'est bien pour cela que l'on peut endormir les gens avec des faux chiffres bientôt on va nous dire qu'il y a un enseignant pour 10 élèves en primaire...
Mais ils prennent les gens pour des idiots naifs.

Cette année c'est le ponpon !
des étudiants en master 2 ont eu la priorité sur des postes de titulaires lors du mouvement des enseignants et auront une classe à temps partiel en responsabilité.
Des stagiaires sont passés en priorité et auront eux aussi une classe à plein temps en responsabilité sans savoir s'ils seront titularisés en juin.
ON MARCHE SUR LA TETE
a écrit le 26/08/2011 à 15:11 :
les professionnels de la greve sont a peine rentré que deja ils sont dans la rue, c'est tous les ans la meme chose et en plus ce sont eux qui ont les meilleurs avantages sociaux ils partent a la retraite avec 90 % de leur dernier salaire dans le privé c'est 50% ? ils ont les vacances plus de 3 mois et une couverture maladie a 100 % des frais reels plus la complementaire pour la thalasso que veulent ils de plus , personne dans le monde cumule tous ces avantages a salaire egal
Réponse de le 26/08/2011 à 17:46 :
Vos chiffres sont erronés . La retraite à taux plein atteint au maximum 80% à condition d'avoir cotisé plus de 41 ans et de cumuler des bonifications ( nombre d'enfants ..) .La couverture maladie est de 100% à condition que ce soit une MLD sinon elle correspond au taux sécurité sociale auquel s'ajoute le remboursement d'une mutuelle qu'il faut payer . Si cela vous paraît si alléchant , c'est facile : devenez enseignant !
Réponse de le 28/08/2011 à 20:35 :
@lenet et @max

Le problème n'est pas de savoir s'il est facile de devenir ou d'être enseignant... la question est déjà tranchée : Un master, un concours (PE, CAPES ou Agrég), des classes parfois difficiles. Être enseignant n'est pas toujours aisé.

Pour autant, ce que dénonce Max, ce sont ces grèves intempestives, qui, venant de personnels protégés et surnuméraires, choquent de plus en plus.


Réponse de le 30/08/2011 à 9:28 :
90 ou 80% de pas grand chose,ça fait toujours pas grand chose
a écrit le 26/08/2011 à 13:11 :
Pour tous ceux qui trouvent que l'enseignement public ne vaut rien, qu'ils fassent la classe à leurs propres enfants et après ils compareront et surtout qu'ils n'oublient pas de nous dire si c'est si facile.
Réponse de le 26/08/2011 à 14:50 :
peu de parents passent près de 8h par jour avec leurs enfants.. d''ailleurs, si professeur n'était pas un métier à part entière, il n'existerait pas. après, qu'il n'y ait pas les bonnes dispositions permettant aux prof de bien faire leur boulot, ça c'est une autre hisoire.
a écrit le 26/08/2011 à 12:00 :
Pourquoi les professeurs ne pourraient -ils ,elles pas avoir toutes les formations durant leurs vacances ( 1 sem ) ? avec bien entendu une rétribution adaptée pour cette semaine de vacances en moins .Voilà ,un peu moins de profs absents pour formation professionnelle !
Réponse de le 26/08/2011 à 12:24 :
100% d'accord. Merci car je n'y avais pas pensé .... mais vous vous attaquez aux privilèges de cette profession ..... attention la grève menace !!
Réponse de le 26/08/2011 à 12:54 :
Absolument pas ! Sauf que justement moutarde le dit "avec une rétribution adapté" hors ce qui est proposé aux enseignants c'est toujours plus de missions nouvelles mais jamais une revalorisation de leur rétribution. Il n'y a que les enseignants Roumains, Tchèques et Slovaques qui sont moins bien payés en Europe que les Français. Même enseigner en Grèce ou au Portugal rapporte plus ! Un comble... Mais beaucoup d'enseignants font ce métier par vocation car dans cette profession ce mot a encore un sens... Il faut avoir vu comment ce comporte des gamins en groupe pour s'en rendre compte... Et d'ailleurs c'est la crise des vocations car justement les postes ouverts aux concours ont de plus en plus de mal a être couverts...
Réponse de le 26/08/2011 à 14:53 :
justement, faudrait revenir à un peu plus d'autorité!! les profs devraient avoir le réel soutien de leur proviseur et des parents d'eleves pour virer les éléments perturbateurs. on vient en classe pour étudier pas pour faire le singe et redonner le plein sens de heure de colle, pas le genre de truc que le gamin exibe fièrement à ses parents. on ne peut faire supporter plus longtemps à la collectivité les pb isolés de certains en grande difficultés de repères. redonnons à l'ecole la juste mission d'enseigner et non d'eduquer. chacun sa place.
a écrit le 26/08/2011 à 11:37 :
Je me disais aussi, il manque quelque chose dans le paysage de la rentrée, mais ouis c'est bien sur la grève, heureusement que les enseignants sont là pour nous rappeler sont utilité pour récupérer des vacances. C'est la France mon beau messieur, les allemands ont des syndicats responsables, nous ont à les memes mais à une exception prés i leur manque l'intelligence pour comprendre le monde d'aujourd'hui.
a écrit le 26/08/2011 à 10:40 :
Les syndicats d'enseignants peuvent-ils me dire combien d'enseignants, qui n'enseignent pas sont détachés dans les syndicats,associations, partis politiques, etc?
a écrit le 26/08/2011 à 9:41 :
il existe des écoles privées! _ _ _ et si on généralisait ? ( toutes les écoles seraient privées, et gérées par des associations de quartier ou des associations municipales ) _ _ _ _cela donnerait plus de souplesse !
Réponse de le 26/08/2011 à 10:10 :
En somme plus d'éducation nationale mais une éducation de quartier ou j'imagine pour un plus de souplesse les parents d'élèves seraient bénévoles pour assurer la garde des enfants et feraient eux-même les programmes ; ça ferait de grosses économies ; ça me rappelle la "big society" du 1er Ministre Anglais tiens l'actualité vient de nous montrer les résultats d'une telle dérive...
Réponse de le 26/08/2011 à 12:28 :
Où aussi les curés, les frères musulmans, les rabins, et pourquoi pas les témoins de Jéhovah, de quoi faire une vraie nation, avec de vrais citoyens pour une vraie république et une vraie démocratie !...
Réponse de le 28/08/2011 à 20:53 :
Bien que polémique, la question de boic5530 mérite d'être posée.

L'état qui remettrait à chaque famille un chèque éducation, permettant à cette dernière de choisir son école dans un système 100% privé aurait de nombreuses vertus ( Remise en cause des établissements, Concurrence, Développement des filières d'excellences, disparition des mauvais établissements).

Les enfants en sortiraient gagnants avec des cursus adaptés aux besoins des entreprises et donc au marché de l'emploi...

Hélas le simple fait de poser ce débat me vaudra probablement l?opprobre et nombre d'anathèmes ...
a écrit le 26/08/2011 à 9:04 :
IL FAUTreconnaitre qu'à l'E N il faut un peu de ménage ( ex absences record) mais il faut appliquer la meme régle (une suppression sur deux des députés et sénateurs ex (absences record ) et avec une suppression d'un député plus l'attache parlementaire et priviléges nous pouvons payer au moins trois professeurs des écoles pour que les remplacements soient assurés
Réponse de le 26/08/2011 à 10:07 :
Dans l'éducation nationale il faut distinguer absence devant les élèves et absence des enseignants. Car souvent dans les absences des enseignants devant les élèves c'est parce qu'on les a envoyé dans des missions ponctuelles : jury d'examen, correction de copies d'examen, formation continue, réunion d'harmonisation ou de coordination, beaucoup de réunionite ou les enseignants y vont en trainant les pieds car ils savent qu'elles ne servent pas à grand chose mais ils sont obligés de quitter leur classe sous peine de retenue d'une journée de salaire. Donc si on ne garde que les absences réelles on tombe à 3.7 % chiffre du ministère quand dans le privé on est dans une fourchette de 6 à 9 % selon les branches.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :