La très relative définition du riche, de 4.000 euros par mois à... beaucoup plus

François Hollande avait évoqué le seuil de 4.000 euros par mois, pour être riche. Le club des 1% de foyers les plus aisés concentre la vraie richesse.

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Habituellement souriant, François Hollande ne rit plus du tout quand on lui rappelle sa sortie de 2007, sur les "riches" : en déclarant, en pleine campagne électorale, qu'il "n'aimait pas les riches", et qu'on l'était à partir de 4.000 euros de revenus mensuels, il avait provoqué un véritable pataquès. Beaucoup avaient compris qu'il préconisait la taxation de tous les foyers percevant plus de 4.000 euros par mois, ce qui n'était pas le cas : il s'agissait de 4.000 euros par salarié. Un seuil au-delà duquel on ne trouve effectivement qu'une minorité de contribuables, en France. Seuls 8% des salariés à temps complet se situaient alors au-dessus de 4.000 euros de revenus nets mensuels. Autant dire qu'aux yeux de beaucoup de Français, il s'agissait bien là d'une minorité de riches. Sauf que... tout est relatif : 4.000 euros, c'est beaucoup quand on vit à Tulle, et pas tant que cela à Paris, où se forge l'opinion des politiques, des médias...

On ne trouvera pas de définition officielle du riche, pas plus qu'il n'en existe concernant les classes moyennes. Dans sa présentation des revenus en France, l'Insee s'est longtemps contenté de diffuser le seuil au-dessus duquel se trouvent 10 % des ménages. Sous-entendu : au-delà de ce neuvième décile, on est riche. A ne considérer que cette barre, on ne voit rien de l'évolution des inégalités en France. Car le rapport entre ce seuil des 10% les plus aisés et celui des 10% les plus pauvres ne varie pas.

Salariés de la finance

Il faut aller voir au-dessus, dans l'échelle des revenus, pour appréhender les inégalités. En considérant notamment la minorité des 1% de ménages aux plus hauts revenus. Celle-ci a vu son sort s'améliorer sensiblement, beaucoup plus que la moyenne, entre la fin des années 1990 et la mi-2000, leurs revenus augmentant de près de 20% en euros constants, entre 2000 et 2007. Selon les dernières statistiques diffusées par l'Insee, pour un couple avec deux enfants, il faut disposer en France de près de 180.000 euros de revenus annuels pour entrer dans le club des 1% de foyers les plus aisés. Pour faire partie des 0,01% de foyers les plus riches, un ménage du même type doit "toucher" 475.000 euros, selon l'Insee.

Aux Etats-Unis, ces seuils sont supérieurs. C'est à partir de 270.000 euros qu'on entre dans le "top 1%" (le 1% de ménages les plus aisés, selon l'expression anglo-saxonne).

Dans ce club des 1% les plus riches on trouve, des deux côtés de l'Atlantique, beaucoup de salariés de la finance. Toute la question est de savoir comment leurs revenus ont évolué à la fin des années 2000, en pleine crise.

 

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Commentaire 1
à écrit le 03/05/2012 à 12:12
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A la suite du débat télévisé Sarko-Hollande d'hier soir, j'ai cherché désesperement la définition de riches sur Internet... ...et je tombe donc sur cet article qui date un peu mais qui a tout son intérêt dans les débats actuels. D'après les comme...

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