Les pistes à l'étude pour améliorer la compétitivité de la France

Saisi par François Fillon en mars dernier, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu mercredi un avis sur la compétitivité de la France et de ses principaux partenaires, l'Allemagne en tête.

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Malgré ses importants avantages concurrentiels, le retard de la France en terme de compétitivité s'accentue. C'est en substance le constat dressé par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans un avis rendu mercredi 12 octobre.

Partant du principe que la compétitivité s'apprécie par « l'aptitude d'un territoire à maintenir et à attirer les activités et par celle des entreprises à faire face à leurs concurrents », le CESE estime que l'économie française montre des signes de faiblesse depuis le début des années 2000. Ce qui se traduit concrètement par des pertes de parts de marché, particulièrement dans la zone euro, et se mesure notamment avec les chiffres du déficit, qui passerait de 51 milliards d'euros en 2010 à 70 milliards d'euros en 2011.

Trop peu d'entreprises de taille intermédiaire

L'explication de cette situation tiendrait notamment au fait que la France compte trop peu d'entreprises intermédiaires. « En 2007, l'Insee en dénombrait 4.510 en France, contre 10.000 en Allemagne. Or elles ont un fort potentiel de développement à l'étranger et sont porteuses d'innovation : alors que efforts de recherche dans le secteur privé sont insuffisants, c'est un point que devons prendre en compte », estime Isabelle de Kerviler, expert-comptable et rapporteur de l'avis du CESE.

Celle qui est aussi vice-présidente de la section activités économiques du CESE rappelle également qu'« entre 2010 et 2011, les chercheurs allemands ont déposé trois fois plus de brevets que les chercheurs français ».

Autre explication avancée par le CES : le mode de fonctionnement du système bancaire français qui rend difficile l'accès au crédit. Une difficulté d'ailleurs renforcée par la crise.

Les atouts de la France

Pour autant, la France ne manque pas d'atout. Isabelle de Kerviler met ainsi en avant « sa situation géographique, son potentiel maritime, son maillage territorial et la qualité de services publics et des infrastructures (..) sa puissance dans le secteur des services ou encore son niveau de protection sociale ». Reste toutefois à améliorer « le niveau de formation qui se dégrade et l'image dévalorisée de l'industrie ».

Pour inverser cette tendance, le CESE formule un certain nombre de propositions. Il suggère notamment de clarifier la coordination des différents instruments créés pour doper la politique industrielle française, à savoir la conférence nationale de l'industrie, le Fonds stratégique d'investissement (FSI, le commissariat général à l'investissement ou le Médiateur du Crédit. Et de l'accompagner d'une véritable politique d'industrialisation de la France - en soutenant les investissements qui en découlent - mais également à l'échelon européen.

Favoriser le développement durable

Le CESE préconise également d'améliorer l'environnement des entreprises. Ce qui passe par un « cadre renouvelé pour le financement des entreprises » et « une modernisation des infrastructures en liaison avec les territoires ». Il rappelle également que le soutien à la recherche est un « facteur essentiel de la compétitivité ». Quant au développement de l'innovation, il passe « par une meilleure synergie entre recherche fondamentale et recherche appliquée et entre recherche publique et privée ».

Enfin, le CESE rappelle que l'accent doit être mis sur la mutation écologique de notre économie. Une démarche de développement durable qui doit être aussi être entendue dans les relations entre les entreprises et les banques : le financement des entreprises doit être davantage tournée vers le développement économique, notamment des PME », insiste le palais d'Iéna.
 

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Commentaires 18
à écrit le 12/03/2012 à 19:33
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C'est sûr que quand on gueule à longueur de meeting que l'on est contre les dividendes, contre les gros salaires et qu'en plus on peut t'obliger à vendre ton entreprise si ta stratégie nous plait pas !!!! il faut le trouver le pinpin qui investit en ...

à écrit le 14/10/2011 à 4:37
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LE DEVELOPPEMENT DURABLE : c'est la meme chose avec un nouveau costume!

à écrit le 13/10/2011 à 19:46
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le problème n'est pas finance une industrie car dans l'industrie il y a beaucoup de moyen pour finance de grosse industrie, le problème en France et le coût de l'heure, les syndicats, les prud'hommes pour un oui ou un non, les grèves a répétition qu'...

à écrit le 13/10/2011 à 14:46
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y en a marre de votre système d'actualisation qui fait perdre tout ce que l'on est en train d'écrire, j'abandonne et change de forum !

à écrit le 13/10/2011 à 14:25
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et le transfert d'une partie des charges sociales ui supportentl'ensemble des dépenses des français même non salariés: retraites professions libérales commerçants etc, sur lerevenu du capital aucune reflexion? faut dire que lorqu'on voit comment sont...

à écrit le 13/10/2011 à 12:33
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les 35 heures sont un faux problème. j'ai vu travailler des chinois et je peux vous assurer qu'ils produisent moins en 50 heure que des travailleurs français en 35 heures! il faut savoir reconnaitre la différence entre présence et rendement! mais ...

le 14/10/2011 à 8:07
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+1

à écrit le 13/10/2011 à 10:39
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c est pas avec les 35h et la generation actuelle et qui vient que l on va etre competitif.il faut ouvrir les yeux +++ fainiants que les francais il n y apas .assistez ça c est au top en france et qui a crée cela mitterand et la gauche alors rassurez...

le 13/10/2011 à 12:03
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je ne suis pas totalement d'accord avec votre analyse de la situation .. certes il y a eu miteran mais cela fait maintenant 3 mandats (sois 17 ans -car le 1er etait de 7ans) de droite, et la situation n'est que pire .... les 35heures non plus non p...

le 13/10/2011 à 13:37
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@ Cobra10: Nicolas on t'a reconnu. avec ton venin que tu craches. Tu n'avais qu'à les supprimer les 35h depuis les 10 ans que la droite est au pouvoir. Et en plus tu l'as fait avec la TEPA...Bref cobra10, encore un picsou lobotomisé.

à écrit le 13/10/2011 à 10:37
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Comment des gens qui ont fait Ena pourront comprendre ce qu'est la vie de tous les jours et les difficultés des TPE/PME. Idem pour les syndicats issus de la fonction publique , qui pensent encore que le client de la Sncf est un usager ! Parlez avec ...

à écrit le 13/10/2011 à 6:47
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Je rejoint Stormy pour ce qui est de l'usine à gaz de l'impot en France, de nouvelles taxes naissent tous les mois, si ce n'est leur modalité ou leur taux qui change. Le travail est trop taxé, il en est même puni!! alors que l'inactivité y est "presq...

à écrit le 13/10/2011 à 5:38
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La compétitivité ça ne se décrète pas et c'est le résultat final de la longue convergence de plusieurs "dispositifs" : stabilité fiscale et règlementaire, soutien sans faille à l'éducation, la formation et la recherche et maintient des infrastructure...

le 13/10/2011 à 13:44
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Comme tu as raison Stormy. Mais avec la droite, ce sera pour les siècles à venir encore et toujours la faute à la retraite à 60 ans et aux 35 heures.

à écrit le 12/10/2011 à 20:22
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En quoi le niveau de niveau de protection sociale est il un facteur de compétitivité, surtout compte-tenu du fait qu'il est en grande partie financé par des taxes sur le travail ("cotisations sociales") et contribue donc au fait que le coût du travai...

le 12/10/2011 à 20:38
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je suis en phase. on a un régime de protection sociale exceptionnel et il faut le reconnaitre mais force est de constater que son financement est souvent remis en cause : exemple de l'exonération des charges sur bas salaires ou bien très récemment le...

le 13/10/2011 à 5:45
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le salarie regarde ce qui arrive sur son compte en banque, le patron regarde ce que lui coute son salarie ' en tt', charges salariales et charges patronales ( et le reste!!) comprises !!!! a force d'avoir des syndicalistes qui hurlent qu'on peut jet...

à écrit le 12/10/2011 à 19:54
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aubry a la solution: augmenter les minimas sociaux... ( oui cherchez pas, chez ces gens la, il n'y a pas forcement de cause a effet; quand on n'a pas fait ena, on ne comprend pas...)

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