En 2010-2011, la médiation de la sous traitance a aidé 13.000 PME

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Jean-Claude Volot, le médiateur national dénonce le système qui régit les relations interindustrielles qu'il juge toujours « archaïque ».

C'est un premier bilan plutôt élogieux que la médiation des relations inter-entreprises industrielles et de la sous-traitance a dressé lundi. Née en avril 2010 à l'issue des États généraux de l'industrie, après que des bataillons de sous-traitants aient été lâchés par les grands donneurs d'ordre publics et privés au plus fort de la crise, cette médiation a reçu plus de 200 dossiers en une année d'activité.

Ce qui signifie concrètement que 12.944 entreprises employant près de 442.000 salariés ont réclamé son soutien pour apaiser des relations contractuelles ou relationnelles déséquilibrées comme les désengagements brutaux, le non-respect des contrats tacites, les contrats léonins...

Le recours collectif - l'union fait la force - à la médiation est le plus courant. Au total, 12.801 entreprises ont fait collectivement appel au médiateur. Seules 143 entreprises ont procédé individuellement. Le taux de succès de la médiation s'élève à 85 %.

Toutefois, malgré ces chiffres encourageants, de nombreuses améliorations pourraient être apportées. «Il existe une volonté politique de changer les choses, c'est certain, mais les mentalités ont dû mal à évoluer », explique à « La Tribune », Jean-Claude Volot, le médiateur national de la sous-traitance. « Le système qui régit les relations inter-industrielles est totalement archaïque. Internationalisés, voire apatrides, les grands groupes privés n'ont pas encore compris que leur compétitivité dépendait aussi de la bonne santé de leurs sous-traitants restés en France », poursuit-il.

Actifs immatériels

Pour faire évoluer les mentalités, le médiateur compte sur le temps et aussi sur certaines initiatives comme celle mise au point en collaboration avec l'ordre des experts comptables. Celle-ci consiste à prendre en compte certains actifs immatériels, comme le réseau de fournisseurs, dans le bilan comptable des entreprises. Selon leurs calculs, une multinationale française qui affiche un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros pourrait valoriser son réseau de sous-traitants à hauteur de 350 à 400 millions d'euros ! « Trop de directeurs d'achats, de directeurs financiers de grands groupes ne mesurent que trop rarement la valeur des relations établis avec les sous-traitants, les efforts de recherche communs. Ils préfèrent tailler dans les budgets achats pour économiser quelques euros et afficher des bilans plus honorables », regrette Jean-Claude Volot. 

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