Nette baisse de régime dans les "cleantechs" au troisième trimestre

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En quantité comme en valeur, les opérations dans les « technologies propres » ont ralenti par rapport au début d'année, en France comme à l'international. Le secteur solaire est largement responsable de ce recul.

Le baromètre Green Univers - La Tribune du troisième trimestre 2011 recense 58 levées de fonds et fusions-acquisitions d'importance, pour un montant de 2,1 milliards d'euros, en recul de 41 % par rapport aux 68 opérations d'un total de 3,6 milliards d'euros du troisième trimestre 2010. Pour mémoire, le montant des fusions-acquisitions au deuxième trimestre 2011 s'est élevé à 8,2 milliards d'euros.

Hors les opérations impliquant des entreprises françaises, 31 opérations se sont réalisées à l'international pour un total de 1,28 milliard d'euros, contre 41 opérations pour 3,5 milliards d'euros un an plus tôt et 4,1 milliards au deuxième trimestre 2010. Ce repli traduit notamment la panne de financements dans le solaire, marqué par des faillites en cascade.

En France, le trimestre enregistre une hausse des opérations en valeur par rapport au troisième trimestre 2010 avec 344,23 millions d'euros pour 27 opérations contre 140,6 millions d'euros pour 27 transactions il y a un an ; mais les chiffres sont en baisse par rapport au deuxième trimestre 2011 (34 deals et 4,1 milliards d'euros).

À l'international, c'est dans l'efficacité énergétique que se sont réalisées le plus grand nombre de levées de fonds. Investisseurs et grands groupes se sont disputé les jeunes sociétés du secteur, particulièrement dans les solutions d'éclairage économe comme les LED. Autre secteur phare, le stockage d'énergie a attiré les plus grosses levées de fonds du trimestre. Bloom Energy, qui propose des piles à combustible fonctionnant au gaz naturel pour alimenter une maison ou un quartier, a ainsi levé 150 millions de dollars.

Dans les énergies nouvelles, l'heure est à la concentration, par fusions-acquisitions ou rachats de sites : les développeurs revendent leurs parcs éoliens et solaires pour des centaines de millions de dollars le plus souvent à de grands fonds. Le groupe allemand ZF est sur le point d'avaler le belge Hansen, un des leaders des boîtes de vitesses pour éoliennes. Le fonds londonien Bridgepoint a racheté le portefeuille de parcs éoliens du groupe espagnol de travaux publics ACS pour près de 600 millions d'euros, tandis que l'énergéticien allemand E.ON a cédé au fonds Riverstone un portefeuille de projets éoliens terrestres en développement en France. Seule transaction notable dans les voitures électriques : une nouvelle levée de fonds du petit constructeur Coda, pour sortir enfin ses modèles grand public.

La Chine reste hyperactive : les investisseurs occidentaux misent sur ses champions et des fonds chinois viennent renflouer des sociétés américaines en panne de fonds, qui, comme le fabricant de batteries Boston-Power, vont parfois jusqu'à se délocaliser en Chine. L'ex-empire du Milieu a aussi vu le plus grand nombre d'IPO dans le secteur des cleantechs. L'Inde, qui affiche de grandes ambitions dans les énergies renouvelables, vient juste derrière. La banque d'affaires américaine Goldman Sachs a ainsi parié 200 millions d'euros sur le jeune groupe éolien indien ReNew Wind Power, suivant les traces de Black stone qui avait misé 300 millions d'euros dans le solaire indien.

Rachats d'actifs

En France, les levées de fonds (183,8 millions d'euros) pèsent un peu plus lourd que les fusions-acquisitions (160,4 millions d'euros) ce trimestre. Contrairement au trimestre précédent marqué par une série de rachats majeurs de la part de grands groupes tricolores (Schneider Electric, Total, EDF...), aucune grosse acquisition à signaler.Le solaire arrive en tête du classement avec la levée de fonds de Soitec (qui vient de faire un profit warning ce mardi) pour 150 millions d'euros (dont 80 apportés par le Fonds stratégique d'investissement) pour financer son développement sur le marché du photovoltaïque à concentration. Globalement, le solaire français est en crise avec un nombre d'opérations très réduit. Les modestes ambitions de l'État français (avec un objectif moyen annuel de 500 MW) et la guerre des prix au niveau mondial refroidissent sérieusement les investisseurs.

Les rachats d'actifs sont plus vivaces que les levées de fonds, Le jeune producteur d'énergie verte Neoen et le fonds Axa Private Equity se sont partagé la branche énergies renouvelables de Poweo, revendue par l'autrichien Verbund, qui avait initialement racheté la totalité de l'entreprise.

Comme à l'international, l'efficacité énergétique (éclairage, stockage d'énergie pour véhicules ou d'autres applications) attire les fonds. Homelights, spécialisée dans les LED (diodes électroluminescentes), lève 3 millions. Saft a revendu à l'industriel américain Johnson Controls pour 102 millions d'euros les parts qu'il possédait dans leur coentreprise. En France non plus, aucune transaction n'a eu lieu dans les véhicules électriques.

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