Les hôpitaux français sont en mauvaise santé... financière

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Le débat sur le projet de loi de financement de la Sécu commence mardi à l'Assemblée. Il comprend de nouvelles mesures d'économies pour les hôpitaux. Or, leur accès au crédit se durcit et des emprunts toxiques en étranglent certains. Un médiateur pourrait être nommé.

Le sujet devrait animer les débats entourant l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui débute mardi à l'Assemblée nationale. Conséquence du démantèlement de Dexia, qui était le partenaire financier privilégié des collectivités locales et des hôpitaux, un certain nombre d'établissements publics de santé se voient pénalisés. La difficulté d'accès au crédit bancaire touche à la fois les lignes de crédit accordées pour financer les besoins de trésorerie, et les investissements lourds prévus par le plan « Hôpital 2012 ». « Il est délicat de trouver de nouveaux partenaires financiers, car investir dans des hôpitaux offre des rendements peu séduisants. Un tiers des demandes de prêts environ sont actuellement refusées », constate Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF). Reçu la semaine dernière par Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, la FHF a reçu l'assurance que les hôpitaux pourraient puiser dans l'enveloppe de 3 milliards débloquée début octobre par le gouvernement pour aider les collectivités locales en difficultés financières.

Ce durcissement de l'accès au financement tombe mal. Car le PLFSS prévoit de nouvelles mesures d'économies dans le secteur hospitalier, chiffrées à 450 millions d'euros (voir graphique). « Dans ce contexte et malgré tous nos efforts, ramener les hôpitaux publics à l'équilibre budgétaire en 2012 comme le prévoit la loi « Hôpital, patients, santé et territoire », paraît délicat », estime Frédéric Valletoux qui souhaite que l'effort réclamé par le public dans le PLFSS 2012 soit partagé par le secteur privé.

Audit financier en cours

Les directeurs d'hôpitaux ont d'autres préoccupations d'ordre financier. Selon une étude réalisée par Finance Active, une société de services technologiques et financiers, 14,1 % des emprunts contractés par les hôpitaux pour leurs investissements, le plus souvent auprès de Dexia, pourraient être considérés comme risqués. Plus grave, 6,3 % d'entre eux seraient « toxiques », parce qu'ils ont été adossés à des monnaies aux taux de change très volatils ces dernières années. Peu onéreux dans un premier temps, ces prêts ont depuis vu leur taux de remboursement variable s'envoler. « Sur les 23 milliards d'emprunts bancaires contractés par les hôpitaux, le montant des prêts douteux oscille entre deux et trois milliards », estime Frédéric Valletoux. Heureusement, ces emprunts toxiques ne sont plus commercialisés depuis la crise de 2008. « Leur volumes se réduit d'année en année. Ils se diluent dans les nouveaux encours de crédits, ou font l'objet de restructurations », précise Mathieu Collette chez Finance active. Alors que ces emprunts toxiques ont conduit certains hôpitaux à la cessation de paiement, le ministère de la santé prend l'affaire au sérieux. Un audit financier des hôpitaux est en cours. Le cas échéant, il pourrait dépêcher des experts en ingénierie financière pour accompagner les établissements en difficulté. A l'instar du médiateur du crédit à la disposition des entreprises depuis 2008, un médiateur spécialisé dans le financement des hôpitaux pourrait être prochainement nommé.

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Commentaires
a écrit le 29/10/2011 à 8:34 :
Quels sont les hopitaux (300?) qui ont été piégés par DEXIA,
est ce l' AP-HP ou la province, c'est une catastrophe quand on sait que les hopitaux étaient déjà degradés avant ce problème,qu'est ce que cela va donner, c 'est effrayant pour notre avenir au niveau de la santé.
a écrit le 26/10/2011 à 8:32 :
je suis toujours étonnée de l'absence de culture economique quand il s'agit d'argent n'appartenant pas à un particulier. comment est il possible depuis ces 10 dernières années de conclure encore des emprunts avec un taux variable sans sécurité en cas d'evolution des taux. Un particulier en france qui opte pour un pret immobillier à taux variable ne peut voir celui ci augmenter de plus de 2 points et encore, il est bien informé de ce que ça signifie en scénario catastrophe et il peut choisir une augmentation moindre.. quand je vois que des collectivités engagent nos financent dans des prets toxiques, gens qui sont normalement plus intelligent que la moyenne, les bras m'en tombent!
a écrit le 26/10/2011 à 8:18 :
L?hôpital en mauvaise santé financière pourtant SARKOZY vient de déclarer que leur situation s'est amélioré lors d'une visite d'un centre hospitalier à CARCASONNE....
Il faut savoir que l'Etat taxe les salaires des hôpitaux publiques et privés du fait que leur activité n'es pas soumise à la tva (taxe sur les salaires bruts taux de 4.25 à 13.65 % selon 3 paliers !!)
On peut s'interroger sur le fait que des emprunts dit toxique aient été validés par les cadres du trésor public en poste comptable dans ces établissements, ou au moins s'interroger sur la présence de ces agents pour la comptabilité de ces établissements. il y a donc a mon sens des mesures à prendre :
- Suppression de la taxe sur les salaires et imposition de l'activité à la tva au taux de 2.1 % ce qui permettra aux hôpitaux de récupérer la tva sur les achats et d?économiser sur une charge importante pesant sur les salaires des salariés des professions médicales hospitalières
- interdiction aux hôpitaux publics de contracter des prêts dont les taux sont variables
- suppression des postes des agents des finances publiques, qui ne servent visiblement pas à grand chose vu les résultats, le contrôle de ces établissements pouvant être fait par les vérificateurs de la DGFIP et la Cour des comptes
- contrôle des prix des matériels hospitaliers, une centralisation nationale des achats devrait être organisée en effet nombre de produits sont surévalués aux prétextes qu'ils sont destinés au milieu médical (fauteuil, lit, etc.... )
Réponse de le 27/10/2011 à 13:20 :
voilà qui est dit en teme plus technique. encore un conseil de bon sens qui ne sera pas entendu.. je crois que finalement, les français sont plus intelligents que les politiques.. ça doit venir de là le décalage de compréhension entre nos attentes et leurs résultats.
a écrit le 26/10/2011 à 8:03 :
voilà bien des années que tout est fait pour transférer les activités les plus rentables au secteur privé; privant par là-même les hôpitaux de ressources financières...par exemple les actes chirurgicaux les plus communs sont les plus rentables et sont aussi bien remboursés si vous allez dans une clinique preivée...il ne reste donc qu'aux hôpitaux publics que les actes les moins rentables. A ce ryhtme là les gens ne pourront plus se soigner...alors que s de gens en bonne santé permettent bien à un pays d'être performant mais ca les liberaux s'en foutent.
Réponse de le 31/10/2011 à 8:07 :
ralala le privé c'est le méchant mais tu y travailles au moins? alors arrête de dire n'importe quoi, on dirait l'autre anesthésiste médiatique qui se pavane devant les caméras!!!! ha mais oui tu va me dire que les consultations privées a l'hosto n'existent pas..... faut bien qu'il y ai un coupable hein!!! continuez a écouter les médias ça marche.............. ha c'est sur que de passer a la t2A et d'etre payer a ce que l'on fait ca change tout , fini l'enveloppe glogal et l'argent en trop.....
a écrit le 25/10/2011 à 18:11 :
les appels d'offres des CH sont à 95% pipés!!!!
Réponse de le 25/10/2011 à 19:49 :
et souvent les affaires sont données à des connaissances (cf campagne de pub des infirmières)
a écrit le 25/10/2011 à 18:10 :
aller la voire la faillite de l'hopital sud francilien!!!! grand nouvel hopital mené par le PS emmanuel Wals !!! la ville doit payer 20 million euros de loyer à EIFAGE alors que l'hopital est pleins de malfaçons et donc pas ouvert au public!!!!
a écrit le 25/10/2011 à 15:19 :
Voiçi pour aider les usagers à ne pas se laisser faire : on leur parle d'une trop grande dépense de soins, c'est faux, il y a beaucoup d'argent qui est éparpillé par les prestataires, mais surtout par les hôpitaux qui, on ne sait pourquoi n'ont pas des comptes en règle, ce qui veut également dire qu'ils utilisent l'argent qui n'est pas à eux pour autre chose. Il est très facile de mettre de l'argent de côté en gonflant les dépenses, en surpayant le personnel, en prévoyant des travaux qui ne seront jamais faits, en retardant les travaux, et surtout en baffouant le client qui est quoi qu'il arrive toujours très mal servi. Car on se moque du malade, du patient, à partir du moment où il reste assez longtemps pour pouvoir gonfler les coûts de la sécu, et si posisble, on va lui mettre quelques jours, ou quelques examens qu'il n'a pas eu. Idem pour les pharmacies. On facture du 'volatile', et le patient ne vérifie pas toujours ses relevés sécu, et puis, il n'a pas toujours le temps de le dire à la sécu, qui sommes toutes est tout à fait consciente des erreures ... Document à lire, cela dédramatise le pauvre consommateur, et ce qu'il paie pour rien. http://www.ccomptes.fr/fr/CRC24/documents/ROD/RAL98048.pdf
Réponse de le 25/10/2011 à 15:39 :
vous n'avez pas plus ancien encore ?? n'importe quoi !
Réponse de le 25/10/2011 à 19:42 :
Je n'ai pas plus ancient car les travaux ne sont toujours pas finis, et lorsqu'une patiente va dans cet hôpital en taxi en urgence la nuit pour accoucher (fausse alerte) et qu'elle peut repartir à 4 heures du matin, il n'y a pas de cabine dans le hall pour téléphoner, la sortie normale est fermée (celle qui est simple pour arriver sur la route et l'allée dégargée du tram), et que donc il faudrait qu'elle sorte par derrière, chemin pas éclairé, avec des trous partout ( de 1 mètre ou deux), et qu'en fait la sortie par derrière est à, à peu près 1 km de la route extérieure) En somme, la nuit, impossible de rentrer chez soi, de façon sécurisée car les travaux ne sont pas finis, et que c'est pas sécurisé. L'argent du contribuable est juste employé pour des objectifs inconnus. Est ce que 10 ans vous paraît long dans une gestion comptable d'un établissement hospitalier ? La compta ca vous dit quelque chose ? Les amortissements ? les crédits ? tout ça vous connaissez ? Le redressement d'un établissement suite à une mauvaise gestion, vous pensez que cela se fait en 1 mois ?
Réponse de le 25/10/2011 à 20:02 :
Donc j'ai dû emprunter un téléphone portable pour appeler un taxi car il m'était impossible de sortir sans voiture. (une autre dame enceinte) Les alertes chez les femmes enceintes, il peut y en avoir beaucoup, alors le minimum lorsque l'on se dit maternité c'est d'éclairer les allées pour les dames, et si on laisse une porte ouverte, on estime que la personne peut sortir, on éclaire aussi la sortie, car enceinte on a pas envie de se casser la figure, se tordre la cheville, ou ne pas voir s'il y a un trou de 2 mètres de haut. L'usager est très mal reçu en plus.
Réponse de le 26/10/2011 à 5:52 :
la gestion je connais, mais vous auriez pu sortir un rapport plus récent. Je ne mets pas en doute ce que vous dites.
Réponse de le 26/10/2011 à 8:36 :
faut pas généraliser à partir d'un cas particulier, tous les hopitaux ne sont pas comme ça. et je ne pense pas que ce soit les salaires des infirmières et femmes de ménage qui soient trop elevés!
Réponse de le 26/10/2011 à 8:58 :
Il doit y avoir des rapports récents, mais cela montre que les problèmes de gestion sont souvent cachés et divulgués que longtemps après. Il est étrange de voir des chantiers durer des années sans que personne ne dise rien, et d'autres être commencés et terminés en quelques jours. Le problème des hôpitaux c'est qu'ils appartiennent à l'état, et ils semblent protégés en tout bord. Alors qu'ils font plus que quelques erreures, et un jour on s'appercevra que les trous de la sécu ou du budget de l'état tiennent essentiellement à des erreures de gestion, et à de l'argent mis de côté par les 20% les plus riches, et pas toujours de façon honete. Pendant ce temps l'usager n'est pas reconnu en tant que personne humaine, et ne peut pas grand chose contre ces grandes institutions si imparfaites. (il faut leur pardonner leurs erreures, mais eux ils ne pardonnent rien et continuent à être négligeants, hautains, et à envoyer les usagers en justice. cf signalement ou autre) Et puis, ils font semblant de s'interesser à ce que disent les usagers, mais ne changent rien pour autant, c'est une parole de sourd que l'usager a face à eux. (cf les procès contre le corps médical, cela met parfois 10 ans, et l'usager ne gagne qu'en cas extrême) non, rien à dire, l'état veut toujours montrer sa toute puissance et le fait que la population n'est qu'un outil à l'enrichissement de ses dirigents capitalistes ou sociaux
a écrit le 25/10/2011 à 14:49 :
Quelqu'un daignerait-il éventuellement publier le cout du tourisme médical en France ? Par action humanitaire, nous soignons gratuitement n'importe quel touriste dans notre beau pays (qui est la première destination touristique au monde). Ces soins sont effectués sur les budgets des hôpitaux, mais ne sont jamais re-facturés aux pays d'origine. Cela représente quasiment la moitié des couts des hôpitaux Français. On continue comme ca ou on attaque ici aussi une cause essentielle, au lieu de soigner les symtpomes ?
a écrit le 25/10/2011 à 14:45 :
Supprimer CMU AME,pour les arrêts maladie mettre une franchise de 5 jours à la charge des malades et non pas des entreprises car le français prend maintenant 30 jours de congés 30 jours de maladie voir plus.je ne parle pas des VRAIS MALADES.
Réponse de le 25/10/2011 à 15:32 :
et c'est vous bien sur qui ferez la différence entre vrais et faux malades ?
Réponse de le 26/10/2011 à 9:50 :
@Toto j'espère que c'est de l'humour noir sinon cela relève de l'hôpital psychiatrique!

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