La France vue par les managers internationaux : une puissance moyenne
Valérie Segond
Valérie Segond
Lorsque les managers internationaux, ceux qui sont formés dans les meilleurs MBA, donnent leur vision de la France, que ressort-il de ce sondage ? C'est l'exercice auquel s'est prêté l'Insead auprès de 1.300 cadres dirigeants, à 75% originaires d'un pays européen, et dont les trois quarts ont vécu au moins un an en France, pour la sixième édition des Etats de la France.
Pour résumer, si la France a une voix qui continue de porter à l'étranger, sa performance économique est très en-deçà des capacités de ses managers. Faute, conclut l'étude de l'Insead, d'une capacité à gérer l'inéluctable changement de son modèle, et à mobiliser ses talents par une véritable ambition collective.
La performance d'abord. Près d'un manager sur deux trouve sa performance économique mitigée, presque autant la juge insuffisante ou préoccupante. Sur le plan politique aussi, le modèle français ne fait plus rêver les managers. C'est sur le plan social, au regard de son système éducatif, son système de santé et le bien-être, que la France est considérée, par plus de un manager sur deux, comme étant l'un des pays les meilleurs au monde.
Comment expliquer la faiblesse de ses performances économiques, alors que la France ne manque pas de talents de managers, si l'on en croit l'avis de leurs pairs. Près de six sur dix considèrent que les Français ont du talent, et qu'ils sont dotés de nombreuses compétences. En revanche, ils se montrent plus sévères sur les qualités de nos hommes politiques, ce qui est cette fois cohérent avec la faible audience de notre système politique.
Car c'est dans la capacité de gérer le changement que la France recèle un vrai blocage. Et ceci, dans tous les univers, économique, domaine dans lequel les managers n'auraient qu'une compétence moyenne pour mener le changement, et surtout politique. Quant à la capacité de la France à faire évoluer son modèle social, elle est jugée comme très faible.
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C'est aussi dans l'esprit collectif, dans la capacité de partager une vision et une ambition communes que la France pèche. Elle manque à la fois d'esprit d'entreprise, de capacité à s'engager pour l'intérêt national, avec une devise nationale, liberté-égalité-fraternité, qui sonne de plus en plus faux.
Valérie Segond
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