Entreprises : la parité progresse lentement mais sûrement

L'Insee fait le point sur la situation des femmes et des hommes dans la société française : la mixité au travail n'est pas encore une réalité.

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Les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail avec un taux d'activité (15?64 ans) qui passe de 59 % en 1990 à 66% en 2010, note l'Insee dans son édition 2012 « Regards sur la parité ». Pour les hommes, ce taux passe de 76 à 75 %. Les femmes restent par ailleurs plus exposées au chômage, mais l'écart avec les hommes diminue nettement. Et bien évidemment ce sont encore elles qui interrompent plus fréquemment que les hommes leurs carrières, notamment pour s'occuper de leurs enfants.

Activité, emploi et salaires, les femmes encore à la traîne

En 2010, 18 % des femmes de 30 à 35 ans sont inactives (au sens de l'activité professionnelle), contre 4 % des hommes. L'emploi féminin est par ailleurs très marqué par le temps partiel. En 2010, 31 % des femmes salariées travaillent à temps partiel, contre 7 % de leurs collègues masculins. Avec un temps partiel souvent subi, les femmes restent trois fois plus souvent en sous?emploi que les hommes. Leur taux d'activité reste donc inférieur à celui des hommes, notamment parce qu'elles interrompent plus souvent leur activité pour élever leurs enfants. La persistance des écarts sur le marché du travail est également liée à la dissymétrie des rôles
conjugaux et parentaux. Le temps qu'une femme consacre au total à son activité professionnelle entre 15 et 60 ans ne représente en moyenne que 67 % de celui d'un homme.

Moins de promotions pour les femmes

Avec 42% de titulaires du baccalauréat, les femmes sont plus diplômées que les hommes (39%). Si elles sont moins nombreuses à se trouver en grande difficulté face à l'écrit (11% contre 14 % en 2004), la situation est inverse en calcul (16 % contre 11 %). Les femmes sont aussi de plus en plus qualifiées : elles représentent aujourd'hui 39 % des cadres contre 30 % il y a vingt ans. L'emploi non qualifié est cependant également plus féminin : 62 % de femmes aujourd'hui contre 56 % en 1990. Le marché du travail reste ainsi très clivé selon le sexe et depuis vingt ans, la mixité a progressé lentement, surtout dans les métiers les moins qualifiés. Si l'emploi dans les services s'est féminisé (1990 : 51 % de femmes, 2010 : 55 %), l'emploi industriel est devenu quant à lui de plus en plus masculin (1990 : 31 % de femmes, 2010 : 28 %). En revanche, l'Insee note qu'en matière de revenu salarial, l'écart entre femmes et hommes s'est quelque peu réduit, passant de 29 % en 1991 à 25 % en 2009. Mais les salaires en équivalent temps plein des femmes demeurent inférieurs à ceux des hommes (20 % dans le secteur privé et environ 15% dans le secteur public). Enfin, alors que la moitié des hommes comme des femmes s'accordent à dire que leur travail n'est pas reconnu à sa juste valeur par leur employeur, ces dernières déclarent bénéficier de moins de promotions au sein de leur entreprise. Côté politique, bien qu'ayant fortement progressé ces dernières années, la part des femmes élues reste encore aujourd'hui nettement minoritaire à l'Assemblée Nationale (19 %), comme au Sénat (22 %).

 Qualité de vie : les femmes globalement plus désavantagées que les hommes

Mais c'est dans le domaine des conditions de vie que les inégalités sont aujourd'hui les plus criantes. En 2010, 13% des femmes de 18 ans et plus ont des conditions de vie matérielles difficiles contre 11% des hommes. Ceci est lié en partie à leur situation familiale. Elles sont notamment plus souvent à la tête de familles monoparentales, ou seules après 60 ans. Les femmes sont par ailleurs légèrement plus exposées que les hommes à l'insécurité physique en général. A noter qu'elles sont deux fois plus sujettes aux violences conjugales (2, 5 % contre 1,3 % en 2009 ou 2010). Les femmes disposent également de 30 minutes de moins de temps de loisir que les hommes en moyenne et consacrent davantage de temps aux activités domestiques, relève l'Insee. Mais l'écart de temps consacré aux tâches domestiques entre les femmes et les hommes s'est tout de même réduit de 40 % en 25 ans. Une réduction essentiellement liée à la diminution du temps passé par les femmes aux tâches domestiques, et non à l'augmentation du temps masculin consacré à ces activités, selon l'Insee.

Les taches ménagères ne sont appréciées ni par les hommes ni... par les femmes
La répartition entre activité domestique et activité professionnelle demeure en effet très inégale entre les sexes. Le temps que les hommes consacrent aux tâches domestiques n'a pas évolué en 25 ans (2h par jour environ). Les femmes effectuent quant à elle en moyenne 4h de tâches domestiques quotidienne. La durée consacrée par les femmes à ces activités a diminué de 20 % (soit 1 heure) en 25 ans. Parmi ces différentes tâches (ménage, soins aux enfants, jardinage, bricolage, etc.), la baisse porte principalement sur le ménage et la cuisine. Quant aux enfants, les hommes passent un peu moins d'une demi?heure par jour à s'occuper d'eux, les femmes une heure.

En 2010, les pères consacrent 9 minutes de plus par jour en moyenne à s'occuper de leurs enfants qu'en 1999. Toutefois, l'écart entre les pères et les mères reste stable car les mères y consacrent aussi plus de temps. Les tâches ménagères sont aussi peu appréciées par les hommes que par les femmes. Ils les classent selon le même degré de pénibilité et ce classement n'a pas changé depuis 1999. Plus les activités sont jugées comme des corvées, plus les écarts de participation entre les hommes et les femmes sont importants, note l'Insee. Ainsi, 66 % des femmes et seulement 14 % des hommes participent à l'activité « repassage » jugée comme la plus déplaisante pour les deux sexes. Malgré tout, avec une moyenne de 7 sur une échelle de 0 à 10, l'Insee note que le niveau de satisfaction dans la vie exprimé par les femmes est comparable à celui des hommes.

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Commentaires 4
à écrit le 08/03/2012 à 16:24
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Mesdames, Messieurs, Depuis début novembre les enquêteurs, dont plus de 80% sont des femmes, de l?INSEE sont en grève, dernière communication à l'AFP le 23/02/2012. Peu de réactions dans les médias et pourtant tous les jours, sont cités dans les mé...

le 09/03/2012 à 8:24
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Merci ETNA pour votre témoignage rouge de colère et si courageux, ne laissons pas les sexistes dire que nous faisons de la victimisation. Pour des raisons socioculturelles se sont les femmes qui acceptent les taches sous ?payées et à temps partiel e...

à écrit le 08/03/2012 à 9:14
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Une association féminine ,qui travaille pour l' "entrée des femmes en politique" (chez les trotskistes,on parle d'"entrisme"),organise des "formations à la prise de parole". Jusqu'ici , j'avais cru que,chez les femmes, la prise de parole était innée....

le 08/03/2012 à 15:21
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Oui c?est vrai nous sommes pour beaucoup intuitives et volubiles, il faut donc que les vieux messieurs nous contrôlent .Cette association agit prudemment, car si on bouleverse la tradition politique séculaire. Imaginez une odeur de parfum à l?assembl...

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