Santé : les candidats se dévoilent enfin

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Interrogés par le magazine Viva, les principaux candidats à l'élection présidentielle présentent leurs priorités dans le domaine de la santé. La problématique est la suivante : comment faire pareil, avec moins ?

S?il est réélu, la priorité de Nicolas Sarkozy sera de désengorger les urgences hospitalières. « Cet engorgement s?explique par un double phénomène : une permanence des soins en amont insuffisante et des structures d?aval, notamment pour les personnes âgées, trop faibles. Les urgentistes font un travail remarquable, mais leur temps est précieux, et j?estime qu?ils doivent d?abord se concentrer sur l?urgence vitale », explique le président sortant. Pour résoudre ce problème, il prône la création en amont de chaque établissement un dispositif, avec des médecins libéraux, qui prendrait en charge, systématiquement, une partie des urgences non vitales. « Je souhaite ensuite une coordination efficace entre les établissements de santé et les structures médico-sociales, pour que les personnes âgées puissent rapidement sortir des urgences. Il faut améliorer les parcours de santé des patients, c?est essentiel ».

Trois priorités pour le candidat socialiste

Pour François Hollande, ce n?est pas une mais trois priorités qui sont avancées. Il souhaite régler la question des dépassements d?honoraires. « Notre système de santé est fondé sur un principe de solidarité : chacun doit pouvoir se soigner, quelles que soient ses ressources. Or, accéder aux soins devient de plus en plus difficile, et pas seulement pour les plus défavorisés. Aujourd?hui, près d?un Français sur trois renonce à des soins, faute de moyens », a-t-il expliqué.
Il se fixe donc pour priorité d?améliorer l?accès aux soins, mis à mal par la flambée des dépassements d?honoraires. Comment ? En engageant des négociations avec les médecins afin de trouver rapidement les moyens de limiter ces dépassements, avant de recourir à la loi. Une loi qui a d?ores et déjà été votée par le Parlement avec la création du secteur optionnel.
« La seconde mesure à prendre d?urgence, c?est la mise en place du tiers payant chez les médecins généralistes. Je ne veux pas que les Français renoncent à des soins parce que les fins de mois sont difficiles et qu?ils ne peuvent pas avancer le prix d?une consultation », a poursuivi le candidat socialiste.
L?hôpital public n?est pas oublié. « L?hôpital est un service public, pas une entreprise : cela devra être inscrit dans la loi. Son financement doit également tenir compte des contraintes et des missions de ce service public. La convergence tarifaire avec le secteur privé n?a donc pas de sens et il y sera mis un terme », a-t-il précisé.

Un "bouclier santé" pour François Bayrou

François Bayrou lancera pour sa part un « bouclier santé » destiné aux personnes à faibles revenus, qui ne sont pas couvertes par la Couverture maladie universelle (CMU). Toutefois, le président du Modem n?oublie pas l?impératif redressement des comptes sociaux. « Il y a en Alsace Moselle une institution dont il faut s?inspirer : la mutuelle obligatoire qui permet d?augmenter le taux de remboursement sans déséquilibre. Nous verrons s?il est possible de l?étendre à l?échelon national ».

Sans réelle surprise, Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche veut faire table rase du passé. « Nous considérons qu?il faut radicalement changer de politique. Il faudra donc lancer une vraie démarche de démocratie participative ascendante qui permette aux usagers, aux ayants droit à la santé, aux professionnels du secteur de la santé, leurs organisations syndicales, aux élus, de faire état des besoins et de contrôler démocratiquement la réponse à leurs besoins.

Il propose donc que le Parlement engage un processus d?abrogation des lois qui ont créé la situation actuelle et qu?il travaille dans la foule à l?élaboration à de nouveaux textes.
Le volet financement de la santé n?est pas oublié. « Il faut engager une réforme du financement par la cotisation de la protection sociale et le Code de la mutualité, pour mettre en place le remboursement à 100% par la Sécurité sociale afin de lutter efficacement contre le renoncement aux soins de près d?un tiers de la population », a expliqué Jean-Luc Mélenchon.

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Commentaires
a écrit le 15/04/2012 à 20:02 :
Mettre une structure de soins en amont des urgences est une idée qui a été évoqué initialement par Bayrou ... Les professionnels de l'info (journalistes) ne devraient-ils pas suivre la campagne plus que les simples citoyens (nous) ? Je me demande de plus en plus si la faiblesse de la campagne face aux enjeux ne vient pas d'abord de la faiblesse de nos journalistes (qui sont une composante importante de la démocratie : le quatrième pouvoir !). Qu'en pensez-vous ?
a écrit le 13/04/2012 à 3:18 :
fin de la convergence tarifaire du public avec le prive ?
ca sent la capitulation sur la maitrise des depenses...

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