Le plan PME accouchera-t-il d'une souris ?

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Il sera présenté à la fin du mois aux chefs d'entreprises. Ses ambitions devraient être limitées compte tenu de la situation budgétaire de la France.

Patience, patience. A la fin du mois, Bercy dévoilera son plan PME pour favoriser le redressement productif de l?économie française. Dans un monde idéal, ce plan qui concernera essentiellement les 190.000 PME comptant entre 10 et 249 salariés et les 4.500 ETI (250-5.000) recensées en France aurait trois conséquences : enrayer les défaillances d?entreprises, favoriser la reprise économique, maintenir, voire redresser l?emploi et rééquilibrer la balance commerciale déficitaire depuis 2003. Les ambitions de ce plan concocté par la plupart des sept ministres logés à Bercy peuvent-elles se réaliser ?

Ce n?est pas certain. Même si le contenu de ce plan qui sera dévoilé à la fin du mois n?est pas encore connu, il ne devrait pas bouleverser positivement le quotidien et les perspectives des entreprises. Etat des finances publiques oblige, les mesures contenues dans ce plan devront donc avoir un effet maximal et un coût minimal. Autres temps, autres méthodes, l?exécutif ne pourra répéter l?intervention de l?automne 2008. Le gouvernement Fillon avait alors débloqué 22 milliards d?euros, par réaffectation des enveloppes et des dotations, pour lutter contre le tarissement du crédit bancaire. Désormais, la France est dans le collimateur des agences de notation. Ce n?était pas le cas il y a quatre ans.

Or, même en tenant compte de cette contrainte budgétaire, un plan ambitieux pourrait être envisagé si l?ensemble des sujets était abordé. Problème, l?emploi et la protection sociale, entre autres sujets sociaux, seront débattus à partir du 10 septembre dans le cadre de la grande conférence sociale. Quant aux sujets fiscaux, ils seront le point d?orgue du projet de loi de finances 2013 qui sera présenté en Conseil des ministres à la fin du mois. La modulation de l'impôt sur le sociétés, le recentrage du crédit impôt recherche vers les PME ne seront précisés qu'à ce moment là. 

Les dossiers liés au développement durable ne seront guère plus abordés dans le cadre de ce plan. En revanche, ils seront au centre des débats lors de la conférence environnementale prévue mi-septembre.

La dématérialisation des procédures se poursuit

A moins d?une heureuse surprise, il est donc fort probable que ce plan se concentre en priorité sur la simplification administrative, avec une accélération de la dématérialisation des procédures. Parallèlement à l'entrée en vigueur prochaine de la déclaration sociale nominative  (DSN), qui pourrait en pratique être générée automatiquement au moment de la paie, le bulletin de paie pourrait notamment voir son nombre de lignes se réduire. Pour mémoire, la DSN contiendra pour chaque salarié le montant des rémunérations versées au cours du mois précédent, les dates d?arrivée et de départ, les dates de suspension et de reprise du contrat de travail, ainsi que la durée du travail. Sa mise en place se fera progressivement à partir du 1er janvier 2013. Ainsi, de 2013 à 2015, la DSN sera facultative, puis elle deviendra obligatoire à compter du 1er janvier 2016. Le coffre fort électronique, qui contiendrait les données fiscales et sociales essentielles de l?entreprise et dans lequel l?administration pourrait piocher, devrait enfin voir le jour dans les prochains mois.

Porté par la CGPME, qui présenta 60 mesures de simplification en 2011, le principe de « think small first », aurait également les faveurs de Bercy. Concrètement, il s?agit de mettre en place des études d?impact sur les TPE-PME avant qu?une loi soit examinée et votée par le Parlement. C?était une promesse de campagne de François Hollande. Mettre fin à l?inflation législative en était une autre. Ainsi, un nouveau texte devrait impérativement remplacer une ancienne loi ou décret.

Une simplification des nombreux statuts de l?entreprise (micro-entreprise, SARL, EIRL, EURL?), calquée sur le régime de l?auto-entrepreneur est également étudiée. Enfin, le gouvernement souhaiterait également favoriser l?accès des PME aux marchés publics, ce qui, conformément aux propositions du rapport Stoléru, permettrait d?accélérer le développement rapide des PME, notamment à l?international. Après le médiateur du crédit, des relations interindustrielles, c?est un médiateur des marchés publics qui pourrait accompagner les chefs d?entreprises dans leurs démarches administratives, conformément à une autre promesse tenue par François Hollande pendant la campagne présidentielle.

Stimuler les exportations

L?export devrait aussi être abordé, via notamment la banque publique d?investissement (BPI) qui sera officiellement créée dans les prochains jours. Celle-ci devra jouer en facilitant le développement de projets à l?export. Avec Ubifrance, qui pourrait rejoindre à terme le giron de la BPI, des financements exports compétitifs devraient être proposés aux entreprises. L?idée est bien sûr d?augmenter le nombre d?entreprises exportatrices mais aussi de pérenniser les courants d?affaires existants. Sur les 100.000 entreprises qui exportent chaque année, une sur deux n?entretient pas de courants d?affaires réguliers hors des frontières de l?Hexagone.

Finalement, ce n?est peut-être pas ce plan PME qui pourrait réellement stimuler les entreprises françaises. Prévue à la mi-octobre, la publication du rapport sur le coût du travail de Louis Gallois, le successeur de René Ricol à la tête du Commissariat général à l?investissement (CGI), est très attendue. « Le diagnostic sera connu, s?il ne l?était déjà. Le gouvernement devra alors prendre ses responsabilités et décider enfin de la meilleure façon d?abaisser le coût du travail pour que les entreprises puissent voir leur compétitivité prix un peu restaurée », avance Olivier Duha, le président de Croissance Plus.

 

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a écrit le 05/09/2012 à 8:18 :
Il va certainement falloir créer des commissions pour étudier cela et, accessoirement, dévorer 75%des crédits pour leur propre fonctionnement!
a écrit le 05/09/2012 à 7:53 :
Le plan PME accouchera-t-il d'un caffard ?
a écrit le 04/09/2012 à 23:14 :
On va mettre en place une commission (j'ai un copain qui n'a rien à faire en ce moment et qui souhaiterait se payer un appart au bord de la plage) pour réfléchir ... à quoi au fait ... à l'industrie ? c'est un gros mot ?
Réponse de le 04/09/2012 à 23:35 :
et Ségo, elle fait quoi en ce moment ???
a écrit le 04/09/2012 à 21:52 :
Pourrait-on commencer par :
1/ diviser le nombre de page du code du travail par 2 ( 3371 pages et il s'en rajoute 1/jour!)
2/ que chaque convention collective annule et remplace le code du travail au lieu de se rajouter !!
3/ simplifier la fiche de paie par une seule ligne de charges sociales , qui se placerait entre salaire coût pour l'entreprise et salaire net versé à l'employé (pas besoin de différencier retraite, chômage, cotisation diverses et variées, part de l'employeur, part de l'employé, etc ...!)
ça sera déjà un bon début..;et ça ne coute rien !
a écrit le 04/09/2012 à 20:48 :
exporter, c'est pas juste avoir acces a des financements, loin de la !
a écrit le 04/09/2012 à 20:13 :
oui
a écrit le 04/09/2012 à 17:37 :
La haine du riche, de l'heritier et de l'employeur est le socle idéologique des nouveaux maîtres
Les postures et les propos imbéciles ont enlevé toute illusion aux rares personnes capables de produire de la vraie valeur ajoutée
De nombreux marchés sont en berne: les autos, les logements, les charentaises, les trombones, les centrales nucléaires....
Certes , les vins fins et les sacs à main pour dame se portent bien!
Réponse de le 04/09/2012 à 20:49 :
ft dire que les chinois se les arrachent !!!
a écrit le 04/09/2012 à 17:22 :
Trop de "bonnes fées" se penchent sur les TPE/I PME/I pour n'avoir en fait d'autres raisons d'être que d'exister sur fonds publics financés par le secteur privé. Au terme de ces parcours du combattant, ce secteur ne reçoit qu'une partie de ces mises, comme au casino.
a écrit le 04/09/2012 à 16:40 :
"les ambitions devraient être limitées" : un plan à l'image de Mr Montebourg donc. Les besoins sont énormes, les moyens sont nuls (paraît-il), alors on fait du vacarme médiatique. Dans un autre temps, on appelait cela du bling-bling ou du m'as-tu-vuvuzela. Maintenant c'est devenu "normal". Mais pas plus efficace.
a écrit le 04/09/2012 à 15:50 :
Je m'adresse à mes collègues patrons de PME/PMI. Qui d'entre-vous y croit encore?
Réponse de le 04/09/2012 à 16:40 :
Depuis 10 nous vivons la chianlie totale, et celà est bien parti pour perdurer. Faut aller interpeller les Parlementaires Députés et Sénateurs, dans leur permanences, toutes les semaines, par cars et bus entiers, ils doivent rendre des comptes chaque semaines, pas 1 fois tous les 5 ans aux élections, NON TOUTES LES SEMAINES, 52 fois par an ... et les CUMULARDS, il faut y aller qu'il srendent compte chaque semaine pour chaque mandat cumulé, 1 jour différent par mandat cumulé. ALLEZ LES Français, passez aux actions légitimes, les permanences des Parlementaires sont payé&es par les électeurs citoyens, elles vous sont entièrement à votre disposition.
Réponse de le 04/09/2012 à 17:52 :
Difficile de cumuler mes 60+ heures de travail avec une vie de famille et visite à nos parlementaires.... Ils le savent bien.
Réponse de le 04/09/2012 à 20:52 :
c'est pr ca que bcp de chefs d'entreprises francais ' reduisent la voilure', en commencant par refuser des contrats clients; au moins, ca permet de gerer moins de personnel ( en ne renouvelant pas cdd et interim), moins de pbs financiers et logistiques, et ca permet au chef d'entreprise d'avoir une vie presque normal ( hormis cautionnement).......... le ' merci de la france', tt le monde a compris ce que ca veut dire...
Réponse de le 04/09/2012 à 21:07 :
Je n'y crois pas du tout. Ce sera profondemment inutile. Pourtant il suffirait que l'on nous foute juste la paix. En particulier ces c.... Des urssaf profond ramassi d'incompetents
a écrit le 04/09/2012 à 15:47 :
Pour créer de nouvelles indsutries, il faut financer les fonds prorpes des entreprises innovantes et CESSER les aides en ECHEC TOTAL. La désindustrialaisation massive depuis 10 ans est la conséquence des ENTRAVES et des IMPOTENCES relevées dans les 1 100 structures qui prétendent s'occuper d'innovation. QUE NI NI, ces structures sont obsolètes, inutiles, Oseo ex Anvar est un machin infernal, (le machin par De gaulle) qui s'éparpille dans de moultes associaitions boiteuses de type CRITT, agences blas blas et banquets, centres de prétentions injustifiées, etc ... BREF il faut FERMER ces 1 100 machins, les salariés de ces 1 100 machins iront faire leur preuve ailleurs après avoir fait une formation à leurs frais, et bien révisé leurs classiques... ainsi ces salariés de ces 1 100 machins pouront lacher leurs ranqueures et satisfaire leurs frustrations en réalisant leurs entreprises fantastiques...
a écrit le 04/09/2012 à 15:44 :
personne ne sait rien, alors attendons de voir avant de critiquer a priori.
Réponse de le 05/09/2012 à 11:40 :
on ne critique pas mais on s'inquiète car l'expérience nous a montré que les annonces n'étaient qu'un moyen de tater le terrain pour faire passer le pire.

Un ancien président du Medef (Gattaz à l'époque du CNPF) avait proposé de supprimer les subventions et les taxes sur les entreprises, cela ne coûtera rien car l'un égale l'autre. Le gain, c'est qu'on pourra travailler utilement avec moins de paperasse inutile...

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