Ce qui chiffonne (beaucoup) le Medef dans le projet de loi sur l'emploi

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Laurence Parisot a demandé au gouvernement de modifier le projet de loi sur l'emploi qui arrivera devant l'Assemblée nationale le 2 avril. Pour la présidente du Medef, ce texte ne respecte pas sur de nombreux points l'accord du 11 janvier dernier conclu entre les partenaires sociaux. Notamment sur l'extension de la complémentaire santé à tous les salariés, les procédures de licenciement ou sur l'obligation de mobilité éventuellement imposable aux salariés.

Laurence Parisot n'est pas contente. Non seulement elle n'aime pas que soit raillée son initiative de faire modifier les statuts du Medef pour tenter de briguer un troisième mandat à la tête de l'organisation patronale. Mais, de surcroît, elle demande aussi au gouvernement de modifier le projet de loi de sécurisation de l'emploi, estimant que certains points n'étaient pas conformes à l'esprit de l'accord finalisé par les partenaires sociaux (patronat et CFDT, CFTC et CFE-CGC) le 11 janvier dernier. La présidente demande que des modifications soient apportées avant l'examen du texte par l'Assemblée nationale en avril, sinon, se voulant menaçante, elle prévient que « cela serait susceptible de nous faire regarder l'accord d'une autre façon »...
De fait, le texte de l'accord du 11 janvier a été transcrit dans un projet de loi en un temps record par les services du ministère du Travail, puis il a été ausculté par le Conseil d'Etat avant d'être examiné le 6 mars en Conseil des ministres. Lors de ces différentes étapes, des modifications et précisions ont été apportées à son contenu. Ce qui ne plaît pas toujours, donc, au Medef. Et ce n'est sans doute pas fini puisque les députés pourront faire jouer leur droit à amendements. Revue de détail des principaux points qui fâchent l'organisation patronale.

Généralisation de la complémentaire santé.

Concernant la complémentaire santé qui devra être proposée à tous les salariés d'ici 2016, le projet de loi n'interdit pas « les clauses de désignation », c'est-à-dire que telle ou telle branche peut imposer aux entreprises de son secteur l'opérateur qui devra proposer cette complémentaire santé, c'est d'ailleurs ce que souhaitait l'UPA (artisans employeurs). Le Medef, lui, plaide pour « une liberté de choix pour les entreprises »... ce que la puissante Fédération française de l'assurance (FFSA) réclame également. Mais, à ce stade, le projet de loi laisse une totale liberté d'organisation aux branches professionnelles : concurrence, désignation, recommandation... Bref, à chaque profession de s'organiser.

Procédure d'homologation des plans sociaux

En cas de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), l'accord du 11 janvier mentionne deux possibilités. La première prévoit la signature d'un accord majoritaire (c'est-à-dire conclu avec des syndicats représentant plus de 50% des salariés) organisant toute la procédure de licenciement. Cet accord sera ensuite validé par l'administration. La seconde consiste pour l'employeur seul à élaborer le plan social qui sera soumis à consultation du comité d'entreprise pour avis. Cette consultation devra durer a minima 21 jours, étant entendu que ce délai ne débutera que lorsque le CE sera consulté sur le projet économique de l'entreprise ET sur le PSE lui-même.

Ce que conteste le Medef, qui aurait souhaité que ce délai de 21 jours démarre dès les premières consultations du CE. En tout état de cause, une fois cette phase de consultation achevée, l'administration enclenchera la procédure d'homologation, plus fouillée que dans l'hypothèse où il y aurait eu un accord majoritaire. Notamment, l'administration (en l'occurrence la Directe) devra vérifier que le contenu du plan social est proportionnel aux moyens de l'entreprise. Mais, rappelons qu'une fois cette homologation obtenue, elle aura le mérite pour les entreprises de fortement limiter les contestations a postériori du plan social. Ce qui limitera les incertitudes juridiques.

Accords de mobilité et de maintien dans l'emploi

C'est un des point très chauds de l'accord qui a notamment provoqué la non signature de FO et de la CGT. Le texte prévoit (après la conclusion d'un accord d'entreprise pas forcément majoritaire) que des salariés pourront être contraints à une mobilité (géographique) interne... même en dehors de tout projet de licenciements. Mais quid des salariés qui refuseraient une telle mobilité ? Le projet d'accord du 11 janvier évoquait un licenciement pour motif personnel.

Après le passage en Conseil d'Etat, c'est devenu un licenciement économique, à l'instar des salariés qui refuseraient un accord majoritaire sur le maintien dans l'emploi (qui permet, en contrepartie du maintien de l'emploi, de baisser les salaires et de modifier le temps de travail en cas de difficultés conjoncturelles de l'entreprise et pour une durée maximale de deux ans). Dans les deux cas, donc, (refus de mobilité et refus d'un accord de maintien de l'emploi), le salarié devra être licencié économique et bénéficier des mesures d'accompagnement prévues dans l'accord. Le Medef est très inquiet sur ce point, car, s'il y a plus de 9 refus, faudra-t- il alors prévoir un plan social pour ces salariés licenciés pour un motif économique ? Avec consultation du CE ? Tout ce que l'organisation patronale voulait éviter. Ce n'est pas encore très clair. Mais il est certains que des amendements vont pousser dans le sens d'une obligation d'un plan social spécifique.

 


 

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a écrit le 20/03/2013 à 10:09 :
la puissance de l'etat c'est le véritable fléau de la france, les partenaires sociaux manquent de légitimité et c'est toujour le législateur qui à le dernier mot donc avec de la surenchère en perspective.
Le problème en france c'est la politique de l'emploi qui est très politique mais pas economique, c'est à dire on privilégie les salariés au lieu de l'emploi
a écrit le 20/03/2013 à 9:33 :
Il faut permettre aux entreprises d'être concurrente du point de vue social... mais il est vrai que cela n'est pas d'actualité dans la situation actuelle!
Réponse de le 22/10/2015 à 11:30 :
Encore un rapport politicien qui dit tout et son contraire en créant plus de problèmes qu'il n'en résout. ..D'une certaine manière ce rapport propose d'organiser le retour au moyen-âge au service de quelques géants du numérique alors même que ce modèle est en question dans les pays comme les USA qui l'ont déjà adopté
a écrit le 20/03/2013 à 8:32 :
La France est malade pas depuis hier mais depuis des decennies la principale raison n'est pas le citoyen qui lui est soit un pion soit un mouton mais de nos 3 institutions qui ont décidé pas à la majorité mais à la minorité des inscrits pour le politique et les syndicats, ou à une majorité imposée comme au Medef de faire leur tabouille dans une guerre permanente, le bilan une France qui décline un peu plus chaque jour, une France morcellée même dans le patronat, une France qui est devenu un cocotier que chacun secoue en fonction de sa propagande pour son unique bien et non celui des Citoyens. La France se meurt dans la colère mais ses colères sont sans effet car les 3 institutions ont tout verrouillées on peut m^me dire que ces 3 institutions se coptent nous les voyons dans les "paradis inutiles" mais couteux de la République non pas de la démocratie mais du contribuable comme le Conseil Economique Social et Environnemental le summun du coptage à la française, m^me celui dont on pouvait se dire il ne va copier sur les autres le Medef mais si puisque Mme Parisot qui montre une nouvelle fois qu'elle n'a pas su ficeler un accord souhaite un poste à vie comme semble le proposer les nouveaux satuts de cet inutile Medef dans sa structure actuelle, comme cette explosion du nombre de syndicats qui permet à certains de bien vivre pour un travail inefficace et souvent baclé ou tellement politisé qu'il est devenu un symbole de création de chômage, ne parlons pas du politique qui en dehors d'une très faible minorité est certainement celui qui est le plus archaique mais celui qui dans le rapport efficacité/ coût est au dessus de l'imaginable. La sécurisation de l'emploi va devenir encore et encore un machin qui va prendre des pages dans le code du travail ou chacun aura une interpétration et qui apportera encore et encore que de la misère pour les Salariès, de la méfiance, du blocage pour l'Entreprise. Nos 3 institutions sont notre malheur alors qu'elles devraient être notre bonheur ainsi va ce Pays gouvernez pour le pire et non pour le meilleur. Fataliste en sorte car il y en a encore qui trouve des excuses ou des valeurs du meilleur, à l'une ou l'autre institutions.
a écrit le 19/03/2013 à 19:53 :
La loi devrait être amenagée de sorte que l'accord des partenaires sociaux sur l'organisation du travail s'applique en l'état. Cela éviterait toute dérives et surenchères de l'administration et des députés qui n'y connaissent rien et qui cèdent déjà au lobby des grasses caisses de retraite. L'accord des parties devrait devenir la loi des parties sans qu'il soit fait appel à je je sais qu'elle loi tordue.
a écrit le 19/03/2013 à 19:52 :
Fléxibilité des salaires qui peuvent baisser jusqu'à 2 ans max, clause de mobilité...etc. Du blabla, les salariés=chair à canon. Nous voilà revenu chez Emile Zola. N'importe quoi.
Réponse de le 20/03/2013 à 15:06 :
hélas...ouvriers = kleenex, mais bon, il y en a qui sont bien d'accord avec cela...alors, ils verront bien...regréssion quelque part...+ 100
a écrit le 19/03/2013 à 19:10 :
"Mais, à ce stade, le projet de loi laisse une totale liberté d'organisation aux branches professionnelles : concurrence, désignation, recommandation... Bref, à chaque profession de s'organiser"... belle conclusion de collectiviste. Donc la liberté de choix dans une profession c'est celle imposée par des clowns corrompus et dont la représentativité n'est que celle imposée par la loi...
Réponse de le 19/03/2013 à 19:47 :
C'est l'organisation du cartel des complémentaires santé comme dépendance du cartel des caisses de retraites, puisque ces dernières ont toutes une diversification complémentaire santé.

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