Philippe Grillot, président de la CCI de Lyon : « La CCI Rhône-Alpes doit disparaître ! »

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Philippe Grillot, président de la CCI de Lyon, a également présidé le Tribunal de commerce de la capitale des Gaules et le syndicat national des transports TLF. @ DR
Philippe Grillot, président de la CCI de Lyon, a également présidé le Tribunal de commerce de la capitale des Gaules et le syndicat national des transports TLF. @ DR (Crédits : DR)
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie lyonnaise se déclare « ulcéré » par la réforme consulaire en cours, « aussi mal préparée que mal appliquée », et dénonce les dissensions cacophoniques entre les services consulaires au niveau de la métropole et de la région.

C'est une « bombe » que le président de la CCI de Lyon, Philippe Grillot, lance dans l'entretien accordé à Acteurs de l'économie (en kiosques le 6 novembre), le magazine rhônalpin associé de La Tribune. Interrogé sur la réforme consulaire, Philippe Grillot fustige en premier lieu la logique de « régionalisation » prévalant sur celle de la « métropolisation ». Cette dernière pourtant connaît un écho tout particulier à Lyon puisque le président du Grand Lyon - également sénateur PS et maire de la ville - Gérard Collomb, et l'ancien président centriste du Conseil général du Rhône - et ministre de la Justice de 2010 à 2012 - Michel Mercier se sont entendus pour donner naissance à une « métropole européenne ». Le département a en effet accepté de confiner son périmètre de compétences aux seuls territoires extérieurs au Grand Lyon.

« Gabegie coupable »

« Le clivage est effectivement profond, rappelle le président de la CCI lyonnaise. Deux clans se font face : le duo Gérard Collomb-Philippe Grillot et le tandem Jean-Jack Queyranne-Jean-Paul Mauduy (présidents respectivement de la région Rhône-Alpes et de la CCI Rhône-Alpes, ndlr) ». Un clivage dont les manifestations apparaissent criantes aux yeux de l'ancien président du Tribunal de commerce de Lyon et ex-président national du syndicat de transports TLF. Il prend pour exemple les dissensions cacophoniques entre les services consulaires, institutionnels et politiques, mobilisés à l'international : « Imaginez : il y a dix-huit mois, Gérard Collomb et moi avons reçu une délégation de Pennsylvanie. Un représentant de la région Rhône-Alpes assista à l'événement. Cet été, cette même région Rhône-Alpes a organisé un déplacement dans l'Etat américain… sans même que le Grand Lyon ou la CCI de Lyon n'y soient associés ! Dans le double contexte de crise que traversent les entreprises et de restriction budgétaire auquel toutes les collectivités sont assujetties, a-t-on les moyens d'une telle gabegie ? Non. Elle est même coupable ».

« Situation invivable »

Philippe Grillot se déclare en outre « ulcéré » par une réforme consulaire « aussi mal préparée que mal appliquée », déplorant qu'elle ait été échafaudée du « haut vers le bas », c'est-à-dire « du national vers les territoires alors que c'est justement dans ces territoires que « vit » l'économie réelle. C'est de manière inverse que nous aurions dû la construire et la mettre en œuvre ». Il fulmine également contre « l'inflation des coûts du système consulaire » alors que, imaginée dans le cadre de la RGPP (révision générale des politiques publiques), cette réforme devait ambitionner « au contraire la rationalisation des services et la mutualisation des actions. Au lieu de quoi, aux niveaux national et régional, les Chambres préfèrent recruter à l'extérieur plutôt que puiser dans les ressources humaines des CCI territoriales, et ni organisent ni harmonisent l'affectation des compétences. Cette situation est invivable. Et elle est schizophrénie, lorsqu'on voit les patrons d'entreprise chaque jour travailler à être moins dispendieux et plus efficaces ».

«Qui compte sur le terrain ? »

Et dans ce cadre, Philippe Grillot de regretter la « coupable négligence » des Chambres lorsque l'Etat leur a concédé un surplus de ressources de 260 millions d'euros sur les exercices 2012 et 2013 : « Cette manne « tombée du ciel », qui bénéficia à la CCI de Lyon à hauteur de 6 millions d'euros, n'aurait pas dû être affectée aux CCI régionales qui en avaient la responsabilité ; elle aurait dû profiter aux entreprises, par exemple sous forme d'allègement fiscal ». Et c'est au nom de ce contexte qu'il appelle à la disparition pure et simple de la CCI Rhône-Alpes : « Qui compte sur le terrain ? Qui fait sens dans les entreprises ? Qui connaît les problématiques locales ? Les CCI territoriales ». Les déclarations du président de la CCI de Lyon devraient ébranler le monde consulaire bien au-delà de Rhône-Alpes.

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Commentaires
a écrit le 23/11/2013 à 18:23 :
Cet acharnement sur Philippe Grillot est une vraie connerie. P. Grillot fut le meilleur président de CCI à Lyon. Je suis chef d'entreprise et j'ai participé au grand rassemblement du 8 octobre. Au lieu de s'acharner sur P. Grillot, on attends toujours des actions fortes de Turcas et Fontanel sur les dérives de l'Etat et la suppression de cette CCI régionale qui ne sert à rien.
a écrit le 06/11/2013 à 7:02 :
Il a raison !
On peut étendre le débat à nos organisations administratives : ville, communautés urbaines, départements, région.. Ce qui a été ajouté devait remplacer : la région devait remplacer les départements, etc..
Alors, avant d'augmenter les impots, si on réduisait ces dépenses inutiles ?
Réponse de le 06/11/2013 à 12:26 :
Vous touchez au cœur du système comment rénumèrer tous ces gens qui en vivent très bien des
deniers publics bien sur il y a la caisse des dépôts pour quelques années , mais après ?

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