L'avocat d'affaires Daniel Hurstel, s'est intéressé aux CIC (community inte-rest company) lorsque cette forme juridique a été introduite par le gouvernement britannique dans le Companies Act de 2006. Il s'agissait d'offrir un cadre aux structures poursuivant à la fois le profit financier et l'intérêt général, en consacrant leurs bénéfices à des causes sociales et environnementales.
C'est en 2009 qu'il publie La Nouvelle Économie sociale pour réformer le capitalisme (éd. Odile Jacob). Mais, dans la période actuelle où beaucoup voient dans la crise le résultat des excès d'un capitalisme qui serait « le règne de l'égoïsme et du profit à court terme », il juge le problème de « la pertinence d'une séparation entre économie sociale et économie capitaliste plus que jamais d'actualité ». Il pose ensuite la seule question qui vaille à ses yeux : « Cette ségrégation est-elle ou non utile à un développement économique harmonieux ? »
Historiquement, rappelle-t-il, l'économie sociale est un mode d'organisation de l'entreprise qui, à la fin du XIXe siècle, en réaction à la situation extrêmement précaire des ouvriers, supprime l'échelon de l'actionnaire au profit du bénéficiaire du service ou de l'employé.
Pour Daniel Hurstel, toute innovation qui apporte un service nouveau à l'usager est sociale, et le bénéficiaire se soucie peu de savoir si la structure fait officiellement partie de l'ESS.
Plutôt que d'opposer l'économie vertueuse à l'économie capitaliste, la question qui se pose plus largement, à ses yeux, est celle de la place de l'homme par rapport à l'activité économique, le sujet de son prochain ouvrage, Homme, entreprises, société : restaurer la confiance, à paraître le 31 octobre prochain aux éditions Eyrolles.
Évoquant les initiatives de grands groupes (Danone, Essilor, Renault, Crédit agricole…) à l'origine de projets d'inspiration solidaire, il arme que finalité sociétale et valeur actionnariale peuvent cohabiter au sein de toute entreprise. Dans les approches entrepreneuriales associant entreprises classiques et associations, chacun joue son rôle, l'association veillant à ce que l'activité ne serve pas exclusivement à enrichir l'actionnaire de la partie privée.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Et, s'il reconnaît que l'économie capitaliste a besoin de se renouveler, il se réjouit de voir que beaucoup réfléchissent à la réforme de leur entreprise, notamment aux États-Unis, le pays le plus capitaliste au monde.
Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026
🔴 Sommet européen au Monténégro, réacteurs nucléaires japonais, Bourses… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 5 juin
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir